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C’est sur une scène de dépeçage d’éléphant accompagné d’une musique de Franco Godi que le film s’ouvre, une tribu sauvage d’une vingtaine de personnes prend ce qui reste de l’animal pour nourrir les leurs.
Le ton est donné : nous sommes bel et bien devant un mondo, cru et frontal.

Réalisé par Angelo & Alfredo Castiglioni, Addio Ultimo Uomo fait partie des mondos les plus choquants qui existent. Pris sur le vif, sans artifice, il nous montre la vie de ces tribus.
On pourrait faire un parallèle entre ce documentaire et les films de cannibales qui fleuriront en Italie dans les années 80, tant ces derniers lui reprennent bon nombre d’idées : la photographie, l’habillage musical, la façon de représenter les tribus primitives et leurs modes de vie.

Si Ruggero Deodato s’est inspiré d’un film pour son Cannibal Holocaust, c’est sans aucun doute de celui-ci…

Les frères Castiglioni ont réalisé 5 films dans leur carrière, 5 mondos, ayant tous pour décor l’Afrique : Africa Segreta, Africa Ama, Addio Ultimo Uomo, Shocking Africa, Magia Nuda. Celui qui nous intéresse aujourd’hui est souvent considéré comme le plus abject, à réserver aux spectateurs les plus endurcis.

Les 2 réalisateurs suivent ces tribus reculées, quasi inconnues et en voie de disparition. Filmé en caméra à l’épaule, en totale immersion parmi eux, nous voyons leur mode de vie, leurs us et coutumes. Les Castiglioni ne se mettent pas de limites, nous montrant des moments, des actes qui peuvent sembler choquants, voir barbares, qu’ils se feront un plaisir de contrebalancer par des images de notre société soit-disant civilisée. Ainsi quand il nous montre la violence faite aux animaux mis a mort devant la caméra (chien, éléphant, poule, cochon… ) dans le but de se nourrir, ils mettent en parallèle des scènes d’animaux euthanasiés dans des chenils chez nous, tués pour le seul motif qu’ils fussent trop nombreux.

Il en va de même pour les rites sexuels des tribus (en dépucelant de jeunes filles à l’aide de serpent ou encore de godemichet en bois), qui sont mis en parallèle avec nos lieux de débauche, le cinéma porno, les sex shops, et les femmes se vendant pour de l’argent. Alors que chez eux le sexe peut être perçu comme violent, les réalisateurs nous montrent que chez nous il peut être sale et pervers!
Très intéressant et instructif, Addio Ultimo Uomo est un film unique bercé par la musique de Franco Godi, et il est clair qu’une telle oeuvre ne pourrait plus être faite aujourd’hui.

À noter une scène choc qui révèle toujours du mystère aujourd’hui : un sauvage met le feu dans un village, pourchassé par les villageois il se retrouvera transpercé par des lances et castré à l’aide d’un couteau …Cette scène est-elle vraie, est-elle fausse? Elle véhicule un tel réalisme qu’on en arrive à se poser la question. Une chose est sûre: les frères Castiglioni ont bien réussi leur coup…

J’ai trouvé ce film passionnant de bout en bout, à plusieurs moments j’en suis arrivé à me demander comment les réalisateurs avaient pu capter de telles scènes sans prendre de risques, ou du moins en arrivant à se faire accepter par ces tribus.
40 ans après, ce documentaire n’a pas perdu de sa puissance. D’autres mondos furent tournés après ce Addio Ultimo Uomo, mais force est de reconnaitre que personne n’a pris la relève des fières Castiglioni. Ce film reste unique, un documentaire pointilleux, profond, doté d’une mise en abîme très intéressante.
Pour ma part je considère ce mondo comme la pièce maîtresse du genre.

– Muzan-0 –

Addio ultimo uomo
Aka: The last savage/ Cannibal brutal/ The world of the last man
1978 – Italie – 87mn
Réalisation: Alfredo Castiglioni & Angelo Castiglioni
Genre(s): Mondo
Acteur(s): Riccardo Cucciola

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