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After Midnight est une compilation de 8 courts-métrages dont les différents réalisateurs sont tous issus de la scène indépendante ou underground italienne.

[VLOG] L’ultimo video di Sara
Ouverture du bal avec ce premier court qui nous fait suivre une youtubeuse en plein tournage d’une vidéo “mise au point” où elle souhaite parler du comportement de certains de ses followers. Elle va recevoir en direct la visite d’un individu qui en veut à sa vie.
Ce court de Daniele Misischa constitue une bonne entrée en matière. Abordant des thèmes actuels (les réseaux sociaux), [VLOG] est assez efficace, porté par Chiara Nicolanti très naturelle dans son rôle. Malheureusement le manque de tension se fait un peu sentir, et le message au début du court annihile tout suspense quant à sa fin, qui n’en demeure pas moins réjouissante.

The taste of Survival 
Changement d’ambiance avec ce second court qui nous plonge dans un monde post-apocalyptique où un virus a transformé certains des survivants en des êtres agressifs et violents.
Réalisé par Davide Pesca (Suffuring Bible, Dead Butterfly), The taste of survival arrive, malgré son budget rachitique, à rendre son univers crédible. L’ambiance a parfois quelques touches de Ken, le survivant. Si les maquillages ne font pas illusion, les effets gores sont, eux, très sympathiques. Rien d’innovant à l’horizon mais l’ensemble se montre divertissant, la réalisation de Pesca est appliquée et la musique de Francesco Tresca est en adéquation avec l’image.

Nyctophobia
L’un des gros morceaux de cette compilation, avec cet homme qui en pleine nuit va se retrouver tourmenté par des fantômes et autres démons.
Ce court de Francesco Longo distille une ambiance horrifique efficace. Certes le réalisateur a parfois recours à des effets de peur un peu simples ou réchauffés, comme le jump scare par exemple, mais l’ensemble se montre vraiment plaisant. Mention spéciale au maquillage du démon, très réussi et à certaines scènes du plus bel effet.

Nel Buio
Un frère doit s’occuper de sa soeur qui est apathique suite à un traumatisme du passé.
Dans la même veine que Nyctophobia, ce court-métrage de Davide Cancila se montre moins démonstratif que le morceau de Francesco Longo. Plus atmosphérique, jouant sur son ambiance, Cancila nous livre un court d’horreur plus classique, peut être même trop classique. Nel Buio ne réserve que peu de moments de flippe malgré des qualités techniques évidentes.
Reste la prestation de Federico Mariotti & Elena Fiorini, qui sont tous 2 très convaincants.

Io non le credo
Un homme poursuivi par le fantôme d’une bonne soeur fait appel à un prêtre pour en être libéré.
Ce court de Luca Bertossi est plutôt décevant, c’est d’autant plus rageant qu’il est réussi techniquement. L’ambiance est travaillée, les cadres bien pensés, on sent que Bertossi est quelqu’un de consciencieux mais hélas rien n’émane de son Io non le credo. A trop soigner la forme le réalisateur en a peut être oublié le fond, en résulte un court où la peur et la tension sont aux abonnés absents. Io non le credo est finalement un très joli gâteau qui une fois en bouche s’avère un peu fade.

Escape from Madness
Une jeune femme se fait kidnapper par un psychopathe masqué qui l’emmène dans son antre.
Si certains spectateurs commençaient à somnoler devant le court-métrage précédent, Escape from Madness devrait rapidement les réveiller. Ce court de Nicola Pegg se montre beaucoup plus frontal et expansif que ses prédécesseurs. Faisant inévitablement penser à Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper, Pegg soigne son rythme et nous livre un méchant au look très réussi. L’actrice Anna Fraccaro se montre très convaincante dans un rôle qui la fait rapidement passer de la peur à l’hystérie. Un court qui redonne la pêche pour attaquer les 2 dernières pièces de cette compilation.

Che Serata di merda ! 
Un couple va se faire attaquer par un mort-vivant venu réclamer vengeance.
Hommage aux films de zombies des années 70/80 et aux nostalgiques de la VHS, Che Serata di merda ! baigne dans un second degré déconcertant. Parfois grotesque, avec ses effets spéciaux grossiers et ses acteurs cabotins, ce court de Roberto Albanesi fait presque figure d’intrus tant il contraste avec les autres segments qui composent After Midnight. Difficile de comprendre où le réalisateur a voulu en venir, surtout avec ce final sous forme de conversation philosophique, voire métaphysique.
Reste les très belles compositions musicales d’Oscar Perticoni qui nous renvoient aux classiques du genre.

Haselwurm
L’ultime morceau qui vient clore cet After Midnight, ce court de Eugenio Villani est le plus contemplatif de tous, délaissant l’horreur pure pour faire baigner son spectateur dans une ambiance plus fantastique. Lovecraftien, étrange, Haselwurm ne dévoile pas facilement son histoire, préférant bercer les spectateurs par ses étranges images, la beauté des paysages et la musique de Maresca Gambino. Un court atmosphérique, et une belle conclusion à cette anthologie.

After Midnight s’avère être une très sympathique compilation de courts-métrages. Certes l’absence de fil conducteur se fait parfois sentir, et la multitude de réalisateurs impliqués dans le projet crée des disparités de tons mais l’ensemble se montre extrêmement pro. Entre hommage et clin d’oeil chaque segment arrive a trouver sa raison d’être dans cette anthologie, si l’on excepte Che Serata di merda !.

– Anthony Rct –

After Midnight
2018 – Italie – 84mn
Réalisation: Daniele Misischia, Davide Pesca, Francesco Longo, Davide Cancila, Luca Bertossi, Nicola Pegg, Roberto Albanesi & Eugenio Villani
Genre(s): Horreur, Sketches/Anthologie
Acteur(s): Chiara Nicolanti, Alex de Simoni, Roberto Ramón

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