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Pour célébrer l’obtention de leur diplôme, des étudiants privatisent le parc aquatique Wet Valley afin d’y organiser une fête. Malheureusement les réjouissances vont prendre un tour sanglant quand un dangereux maniaque insèrera des lames extrêmement tranchantes dans un des toboggans du parc, et ce juste avant une compétition de glissades.
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Le slasher est décidément immortel et prolifique : même si le faste des années 70-80 et son revival post Scream sont loin derrière nous, il est toujours présent, nous offrant de manière régulière de nouveaux représentants. Il faut dire que, à l’instar du found footage, le slasher ne coûte pas cher à produire et peut, surtout, rapporter gros. Malheureusement le quantitatif se fait, comme souvent, au détriment du qualitatif. Une bonne partie de ses productions n’apportant rien de neuf au genre, finissant même, au contraire, par l’avilir et le galvauder.

Réalisé et écrit par Renaud Gauthier en 2019, le canadien AquaSlash est donc une nouvelle tentative du genre, mélangeant slasher et comédie potache. C’est là le 2ème long-métrage de ce réalisateur après son réjouissant Discopathe en 2013. Ce premier essai très référentiel, où un jeune homme se transformait en dangereux meurtrier à cause de la musique disco, s’était alors taillé une petite réputation bien méritée. Forcement après cette mise en bouche on ne peut plus réussie, nombreux étaient ceux à attendre le nouveau projet de ce réalisateur.

D’ailleurs sur le papier tout semblait débuter sous les meilleures auspices avec ce AquaSlash, réunissant tous les ingrédients du genre -des étudiants fêtards + un psychopathe + des meurtres- et nous offrant un cadre idéal pour un slasher : un parc aquatique dont nous apprendrons qu’il fût le théâtre d’un “accident” sanglant plusieurs années auparavant…

Malheureusement, malgré ses promesses bien alléchantes, le film aura tôt fait de nous ramener à une triste réalité : passée une première scène typiquement slasherienne -un couple s’isolant pour baiser et qui se verra tué à coup de machette- AquaSlash va ensuite définitivement s’enliser dans la comédie estudiantine. Certes drogue, alcool et sexe ont toujours fait partie du slasher, mais ici c’est à peu près tout ce que le film aura à nous proposer, et ce de manière extrêmement soft. De l’humour bas de gamme dans une ambiance plus proche d’American Pie ou de Project X que d’un Vendredi 13, qui aura de plus toutes les peines du monde à divertir son public.

Entre fiesta et amourette entre ados, le réalisateur, semblant se rappeler que son métrage est aussi un slasher, nous offrira un seul meurtre (sans compter la scène finale)… avec un pistolet. Ici, pas de psychopathe masqué épiant ses victimes, pas de mises à morts esthétisantes, et surtout pas la moindre sensation de tension ou de peur.

AquaSlash nous inflige donc une double peine, loupé sur sa partie comédie, loupé sur sa partie slasher.

Comment pouvait-il en être autrement quand on construit tout son film autour d’une seule idée : un psychopathe a piégé avec des lames tranchantes le toboggan d’un parc aquatique.

AquaSlash fait donc du remplissage, reculant encore et encore l’arrivée de la scène clef sur laquelle repose tout le film : celle où les protagoniste iront, enfin, se faire trancher dans le piège. Malheureusement, après 54 longues minutes expectatives, il y a de quoi être déçu quand enfin l’eau se teintera de rouge et que les corps seront démembrés… Car la scène est plaisante certes, un peu gore avec des effets spéciaux plutôt réussis, mais elle n’arrive pas à nous faire oublier tous les babillages et la vacuité que le film nous a fait subir pour en arriver là.
Renaud Gauthier a tant bien que mal brodé un scénario pour meubler les 71 minutes de son film, mais cela ne fait malheureusement à aucun moment illusion

Entre des personnages sans saveur et une histoire sans intérêt, l’ennui prime devant AquaSlash. C’est d’autant plus dommage que techniquement le film n’est pas un ratage : quelques scènes du film sont d’ailleurs du plus bel effet. Certains membres du casting nous livrent également de bonnes prestations (Nicolas Fontaine et Chip Chuipka en tête).
Bien sûr il y a ce final… Mais voilà, une séquence de 9 minutes, aussi fun soit-elle, ne justifie pas de nous en imposer 61 vaines autres.

Peut-être que le réalisateur aurait du se contenter de nous offrir un court-métrage plutôt que de tirer à la ligne pour nous pondre absolument un long. En l’état, et malgré toute la sympathie que votre serviteur a pour Renaud Gauthier et son premier film, cet AquaSlash s’avère décevant. Il ne reste plus qu’à espérer qu’il corrigera le tir pour son prochain projet.

– Anthony Rct –

AquaSlash
2019 – Canada – 71mn
Réalisation: Renaud Gauthier
Genre(s): Horreur, Slasher, Comédie
Acteur(s): Nicolas Fontaine, Brittany Drisdelle, Madeline Harvey

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