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Une météorite se crashe dans la baie de Tokyo, provoquant un immense nuage toxique qui a pour effet inattendu de transformer les habitants en de dangereux zombies assoiffés de chair humaine. Les militaires placent la ville en quarantaine, empêchant quiconque de sortir. Leur chef, le général Hugioka, compte bien profiter de la situation pour assoir son pouvoir et massacrer tous les survivants. C’était sans compter sur Keiko, la fille du colonel Kirihara, envoyée sur place pour contrecarrer son plan démoniaque.
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Les zombies et le cinéma, une longue histoire d’amour …
Voilà presque 90 ans que nos chers morts-vivants ont envahi nos écrans, et après tout ce temps, ils sont toujours et encore présents. En effet, chaque année voit arriver nombre de productions les mettant en scène et il est clair qu’ils ne sont pas prêts à rejoindre le doux repos de la terre.
USA, Angleterre, Italie, France, Canada : le zombie est partout. Le zombie est mondial. Les pays d’Asie ne sont pas en reste, nous ayant offert quelques sympathiques métrages : Bio Zombie, Junk, Versus, Ne Coupez pas !Wild Zero, Tokyo Zombie, Sars WarDernier Train pour Busan

Battle Girl : The Living Dead in Tokyo Bay, film Japonais réalisé en 1991, n’est pas le plus illustre représentant du genre. Pourtant, malgré son relatif anonymat, ce titre s’est forgé une petite aura culte auprès des aficionados du genre zombie. En revanche, cet engouement n’est pas dû à sa qualité mais plutôt à son coté “nawak” et son ambiance bis décomplexée. D’ailleurs en le visionnant, on a presque du mal à croire que l’on est en face d’un film post-90 : tout dans son esthétique, dans ses idées, dans ses décors, nous ramène à du pur nanar italien des années 70/80.

En fait Battle Girl : The Living Dead in Tokyo Bay pourrait s’apparenter à un pur trip régressif avec ses décors qui sentent bon la vieille usine abandonnée, ses loubards au look punk post-nuke, ses effets spéciaux datés, ses mannequins que la caméra n’essaye même pas de cacher, ses méchants (très méchants) caricaturaux au possible, son scénario qui part dans tous les sens, et son casting en roue libre. Mais si ce film ne peut se classer pour autant dans le nanar, malgré tous ses efforts involontaires pour, c’est grâce à l’atmosphère étrange qui s’en dégage, et son ton résolument premier degré. Son réalisateur n’est d’ailleurs pas vraiment connu pour l’humour de ses réalisations.

Kazuo Komizu, surnommé Gaira en référence au nom d’un monstre dans le film La Guerre des Monstres de Ishirō Honda, a beaucoup oeuvré dans le cinéma japonais érotique et extreme. Le bonhomme s’est distingué grâce à 2 oeuvres, Entrails of a Virgin et Entrails of a Beautiful Woman, mélangeant allègrement sexe malsain et violence crade.
Battle Girl: The Living Dead in Tokyo Bay, qui ne présente pas la moindre trace de nudité ou de gore, fait presque figure d’intrus dans sa filmographie. Film de commande, produit par la société Moby Dick qui souhaitait diversifier ses activités, Battle Girl est un projet que Komizu a certainement accepté seulement par intérêt financier. Pour autant il n’a pas pas bâclé son travail, soignant ses cadres, sa mise en scène et son ambiance.

Les problèmes de ce film ne sont pas à chercher du coté technique mais plutôt du coté des décors, du casting, et dans l’exploitation du scénario : bref, un peu tout le reste.

Il est évident que Komizu a hérité pour ce projet d’un budget rachitique, mais parallèlement à cela le scénario, lui, fait montre d’une certaine ambition. Donc pour réussir à le mettre en images il a fallu forcement faire des concessions.
Des concessions notamment au niveau des décors : le film se permet quelques plans dans des rues (certes un peu vides mais du plus bel effet), mais le gros de l’action se passera dans des usines, des entrepôts, ou des champs.

Des concessions également sur les effets spéciaux : Battle Girl se montre généreusement prudent en nous offrant quelques fusillades et explosions, mais il a trop souvent recours à des subterfuges pour le moins simplistes, voir ridicules (mannequin de chien se faisant cramer, mannequins de zombies de prenant des coup de tatanes, maquillages parfois sommaires).

Le scénario, quant à lui, semble mal maitrisé, comme si son auteur Hitoshi Matsuyama n’arrivait pas à se fixer sur une réelle direction à donner à Battle Girl. Film d’horreur, film d’action, film de zombie : l’ensemble part à droite et à gauche sans vraiment parvenir à se fixer sur un genre. La réalisation de Komizu en rajoute une couche en donnant à l’ensemble une touche de film de super héros, icônisant parfois son actrice Yumi Suzuki à outrance.
À trop brasser les genres, le projet rate un peu le coche : trop soft pour un film d’horreur, des zombies ne servant que de décor de fond, quant à l’action… hormis quelques séquences agréables il faut souvent composer avec des scènes de combats pachydermiques à la chorégraphie ratée, donnant l’impression d’être filmées au ralenti. C’est d’autant plus étrange qu’une bonne partie du casting est pourtant habituée à la “castagne”.

L’actrice principale par exemple, Yumi Suzuki, était auparavant connue comme catcheuse sous le nom de Cutie Suzuki. Elle n’est pas la seule à être issue du milieu du catch japonais puisque nous retrouvons également dans la distribution Masami Yoshida (Devil Masami), Shinobu Kandori, Chieko Suzuki (Dynamite Kansai), et Eagle Sawai.
Dommage qu’ils n’aient pas su tirer partie de leur passif pour insuffler un peu de puissance à leurs confrontations. Dommage surtout qu’ils n’aient pas pris quelques cours de comédie avant de passer devant la caméra.

Pour autant, malgré ses scories et maladresses, Battle Girl: The Living Dead in Tokyo Bay reste un film assez fun. Ses défauts jouent même plutôt en sa faveur, lui donnant une “couleur” bricolée/système D sympathique.
Il est indéniable que nous ne sommes pas face à un indispensable du genre, mais le coté délicieusement rétro de Battle Girl, allié à sa courte durée (73m, générique compris) font que les amateurs de bis “zombiesque”, dont je fais partie, y trouveront tout de même leur compte.

– Anthony Rct –

Battle Girl: The Living Dead in Tokyo Bay
Titre original: Batoru gâru – Tokyo crisis wars
1991 – Japon – 73mn
Réalisation: Kazuo Komizu
Genre(s): Horreur, Zombie/Contaminé, Action
Acteur(s): Cutie Suzuki, Heiko Hayase, Kenji Otsuki

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