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Jimmy Green, petit escroc sans envergure, revient dans la station balnéaire de sa jeunesse. Ayant laissé un mauvais souvenir aux habitants du coin, il a l’idée d’organiser une immense fête sur la plage. Son père, maire de la ville, décide de le soutenir sentant l’opportunité de faire venir encore plus de touristes. Malheureusement la situation va vite dégénérer à l’arrivée de requins préhistoriques capables de se déplacer dans le sable.
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Depuis le succès du film Les Dents de la Mer en 1975, les films mettant en scène d’abominables requins mangeurs d’hommes se sont succédés au point de devenir un sous genre de l’horreur.
Habitués à copier les succès américain, les italiens prirent le relai dans les années 80 avec des films oscillant entre le bis et le nanar (La Mort au large de Enzo G. Castellari par exemple), puis les américains revinrent à la charge avec des films à plus gros budget (Peur bleue de Renny Harlin) ou complètement fauchés (la série des Shark Attack). Et plus de 40 ans après le film de Spielberg, de nouveaux films de requins continuent à voir le jour. Vers la fin des années 2000 le renouvellement du genre passa par le z, et une miriade de films fauchés ou nanars volontaires virent le jour avec des idées toujours plus stupides : des requins rendus fous par des extraterrestres (Raging Sharks), un requin combatant une pieuvre géante (Mega Shark vs. Giant Octopus), des requins à deux têtes (L’Attaque du requin à deux têtes), des requins des neiges (Avalanche Sharks), des requins dans l’espace (Sharknado 3)…

Et au menu aujourd’hui? Des requins qui se déplacent dans le sable.

N’y allons pas par quatre chemins, Beach Shark est un film terriblement navrant : scénario débile, casting en roue libre, effets spéciaux effrayants, réalisation purement fonctionnelle. Il est évident que ce film ne marquera pas le 7ème art de son empreinte, mais il est également évident que ce n’était pas le but recherché par le réalisateur, et encore moins par les producteurs. Beach Shark, comme la plupart des « oeuvres » que j’ai citées un peu plus haut, sont des purs produits video ne cherchant que la rentabilité.

Le schéma est toujours plus ou moins le même : une idée suffisamment bête pour être aguichante, un budget le plus microscopique possible, un réalisateur capable de mettre le tout en boite en un minimum de temps, et mettre à la tête du casting une ancienne gloire de la télévision ou du cinema (histoire que son cachet ne soit pas trop élevé) pour attirer le spectateur : Shark Attack avait Casper Van Dien, Sharknado Ian Ziering, L’Attaque du requin à deux têtes Carmen Electra, et Beach Shark récupère Corin Nemec (qui rempile donc dans le film de requins après Raging Sharks).

Corin Nemec, les gens de mon âge (que je ne vous donnerais pas) le connaisse certainement grâce à la série Parker Lewis, stoppée après 3 saisons elle est devenue culte pour toutes personnes ayant été adolescent dans les années 90. Le rôle de Parker Lewis colla à la peau de Nemec, et malgré quelques rôles importants (dans la série Stargate SG-1 par exemple) il ne parvint jamais à renouer avec le succès. Corin, comme tant d’autres avant lui, poursuivit sa carrière en alternant entre épisodes de séries tv et films fauchés tournés à la va vite…vertige d’une carrière.

La “star” embauchée, il fallait aussi trouver un réalisateur capable de boucler le projet le plus rapidement possible, et qui de mieux que Mark Atkins véritable travailleur à la chaine du film sans budget (53 films en 14 ans de carrière). Le reste du casting se composant d’acteurs/actrices rompus à ce genre de production, exception faite de Gina Holden (Saw 3D : Chapitre Final, Aliens vs. Predator 2 : Requiem, Destination finale 3) habituée à des petits rôles dans des films nettement plus friqués.

Passée “l’idée” de départ, Cameron Larson le scénariste (et aussi l’un des producteurs du film) devait bien fournir suffisamment de matière pour remplir les presque 90mn du métrage. A la vision de Beach Shark on comprend qu’il n’avait pas vraiment d’histoire en tête, mais en bon petit malin fainéant il est allé chercher l’inspiration ailleurs : un peu de Tremors, une scène en forme de clin d’oeil à Peur Bleue, un pillage en règle des Dents de la Mer (premier…et deuxième épisode, tant qu’à faire).
Pourquoi se fatiguer quand d’autres avant vous ont deja eu de bonnes idées?

Nous voila donc avec une joyeuse équipe partie en bord de mer dans une quelconque bourgade ricaine où un spring break du pauvre va tourner au carnage (modéré le carnage, budget oblige). Heureusement des stéréotypes de personnages vont s’agiter dans tous les sens pour combattre un requin préhistorique venu tout droit de l’enfer des effets spéciaux ratés.
Nous avons le shérif froid et sérieux dans son job (le Martin Brody du pauvre), un vieux loup de mer qui pense avoir la solution au problème (le Quint du pauvre), une experte en requin (le Matt Hooper du pauvre, devenant féminin pour le coup et joué par Brooke Hogan, la fille du catcheur Hulk Hogan), un maire à moitié corrompu ne pensant qu’à l’argent (…un homme politique lambda ?). Tout ce beau monde n’étant la que pour servir de faire valoir à la véritable star du film, Corin Nemec, qui a vraiment l’air de s’en foutre royalement dans un rôle de pur connard manipulateur et égoïste. 

Le film n’est donc qu’une alternance de scènes déjà vu ailleurs, d’explications scientifiques abracadabrantes, de scènes de dialogues ridicules et d’attaques de requins. Ladite fête sur la plage se résumera à 30 figurants récupérés à la terrasse de la baraque à frites du coin, et le carnage espéré n’aura finalement pas vraiment lieu.

Bref…
Beach Shark est il un bon film? Evidement que non.
Est il au moins divertissant? Oui et non..
A condition de totalement déconnecter son cerveau il peut être vu comme un z rigolo, et  en le regardant avec quelques potes et une profusion de bières et de pizzas il y’a matière à passer un agréable moment.
Mon plus gros problème avec Beach Shark, et nombre de productions Syfy ou The Asylum du même registre, est l’aspect terriblement cynique qui en émane : faire du nanar assumé pour surfer sur la mode du mauvais film sympathique.
Soyons clair un nanar est un nanar (entre autre) car il n’a pas cherché à en être un.
Quand un film a été pensé, calibré, marketé pour en être un, où est le charme?

– Anthony Rct –

Beach Shark
Titre original: Sand Sharks
Aka: Les Dents de la plage
2012 – USA – 87mn
Réalisation: Mark Atkins
Genre(s): Horreur, Animaux & Insectes, Nanar
Acteur(s): Corin Nemec, Brooke Hogan, Eric Scott Woods

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