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Après Bloodrunner Zero et Bloodrunner Zero 2, Sade Satô nous revient avec un nouveau court métrage présentant une fois de plus des scènes d’automutilations. Pour ce nouveau projet, Zero Syoujyo, performeuse et actrice des 2 Bloodrunner, laisse sa place à Chiyo Shinomiya.

Pour Bloodrome Satô délaisse l’ambiance Kaidan-ega (films de fantômes japonais) du deuxième Bloodrunner pour adopter une démarche un peu plus expérimentale qui rappelle énormément celle du premier. Avec une atmosphère oscillant entre l’horreur et l’onirique, sans réel scénario et sans le moindre dialogue, ce Bloodrome se voudrait essentiellement symbolique.

Le court nous fait suivre les pérégrinations dans un hôpital apparemment abandonné du personnage de Chiyo qui alterne entre 2 personnalités diamétralement opposées : une Chiyo angélique baignant dans une pièce emplie de lumière, et une Chiyo dans une blouse de malade portant un bandeau sur son oeil bléssé, s’infligeant des actes d’automutilations et errant dans les couloirs de cet hôpital désertique.
Comme pour Bloodrunner Zero, Satô ne nous livre pas vraiment de clef de lecture et c’est à chaque spectateur de se faire sa propre interprétation : un purgatoire pour une âme ne parvenant pas à trouver le repos et se punissant par la douleur ? Un fantôme hantant le lieu qui la vu disparaître ?

Forcément face à une œuvre aussi peu balisée, beaucoup trouveront ce Bloodrome hermétique, voir vain, mais sa durée suffisamment courte permettra même aux plus dubitatifs de se laisser bercer par les images sans ressentir d’ennui.
Ce court n’a de toute façon pas vocation à être vu par le plus grand nombre. Comme abordé dans les reviews des 2 bloodrunner, nous sommes face à des œuvres underground, à la visibilité très limité et s’adressant à un public de niche.

Un public à même de pouvoir supporter les blessures que s’inflige l’actrice dont la jaquette du DVD n’oublie, évidement, pas de nous rappeler qu’elles sont toutes réelles et sans trucage.
Des performances d’ailleurs beaucoup plus violentes que celles de Zero Syoujyo dans les Bloodrunner Zero.  Si cette dernière donnait le sentiment de toujours garder le contrôle en se scarifiant, effectuant ces scènes avec “professionnalisme”, il n’en va pas de même pour Chiyo Shinomiya : beaucoup plus frontale, l’actrice se taillade le bras avec violence et véhémence.
Evidement Chiyo est une performeuse qui sait parfaitement ce qu’elle fait, et qui était entourée d’une équipe pour la soigner. Ceci étant dit il faut tout de même noter que le bonus du DVD nous montre qu’elle a fait un malaise au cours du tournage. A chacun, donc, de se faire son opinion sur le coté curiosité morbide/voyeurisme malsain de cette nouvelle œuvre de Satô. 

De ce que nous pouvons désormais appeler la trilogie “real wrist cutting movie” ce Bloodrome est l’épisode le plus faible. Son approche le faisant plus ressembler à un Bloodrunner Zero version 2.0, pourtant Sade Satô avait réussi à se renouveler avec son Bloodrunner 2 en adoptant une approche horreur/folklore japonais bienvenue.
En l’état ce Bloodrome est un court métrage à l’esthétique travaillée et à la réalisation réussie, mais qui perd l’effet de surprise et rate le coche d’arriver à se démarquer de ses prédécesseurs. Satô n’a pas perdu de son savoir faire, indéniablement, mais il s’est peut être un peu trop reposé sur ses lauriers.  Il nous livre néanmoins quelques jolies scènes mais l’ensemble respire le déjà-vu
.

– Anthony Rct –

Bloodrome
2019 – Japon – 14mn
Réalisation: Sade Satô
Genre(s): Expérimental, Court & Moyen Métrage, Déviant/Trash
Acteur(s): Chiyo Shinomiya

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