• L’équipe
  • Liens
  • Contact

Lors de fouilles à proximité d’un temple maya, des archéologues découvrent dans une grotte une créature dangereuse vieille de plusieurs millions d’années. Le groupe parvient à la détruire, mais le monstre va se régénérer via un morceau resté accroché au bras de l’un d’eux.
__
En 1956 le réalisateur Riccardo Freda tenta sa chance dans le cinéma horrifique/fantastique avec le film Les Vampires, des genres qui, alors, n’étaient pas vraiment à la mode en Italie. Malgré un succès modeste, il remettra le couvert 3 années plus tard avec Caltiki.
Pour donner à ce nouveau projet une envergure internationale, ce petit malin de Freda décidera d’utiliser des pseudonymes à consonances anglaises et américaines pour son staff : lui-même signera le film sous le nom de Robert Hampton, le scénariste Filippo Sanjust deviendra Philip Just, quant au directeur de la photo et responsable des effets spéciaux Mario Bava, il apparaitra au générique sous le pseudo de John Foam.

Si aujourd’hui encore le nom de Bava résonne aux oreilles des cinéphiles comme celui d’un grand réalisateur et maitre du giallo et du cinéma fantastique italien, ce n’était pas le cas en 1959. Il était alors “seulement” connu et reconnu comme un directeur de la photo extrêmement compétent qui, accessoirement, était capable de terminer un film à la place de son réalisateur. Ce fut, d’ailleurs, le cas pour Les Vampires, où il était aussi directeur de la photo, qu’il avait finalisé à la place de Riccardo Freda qui avait abandonné le tournage.
Ce Caltiki, 2ème collaboration entre Freda et Bava, allait voir l’histoire se répéter. Il se dit qu’une fois de plus Bava aurait repris le flambeau après que Riccardo Freda ait à nouveau claqué les portes du studio. Cette anecdote est tout de même sujette à caution, puisque si l’on en croit Riccardo Freda, ce dernier aurait tourné presque totalement le film, déléguant à Bava la réalisation des scènes nécessitant des effets spéciaux. Cependant il existe une autre version des faits qui voudrait que 
Freda ait quitté le plateau de Caltiki très rapidement, laissant le soin à Bava de mettre en boîte quasiment tout le film.

Il est donc difficile de démêler le vrai du faux mais à la vision de Catilki on ne peut s’empêcher de remarquer que le film porte énormément la patte de Mario Bava, ce qui tendrait à confirmer le degré d’implication de ce dernier. Tout le métrage est d’ailleurs très soigné sur un plan technique avec son très beau noir et blanc, et les éclairages le sublimant. Certains plans ayant recours à du matte painting font toujours illusion, les décors sont pour la plupart réussis et judicieusement exploités, et l’ensemble se donne des allures de grosses productions -des allures uniquement, puisque bien que ce projet fut co-produit entre l’Italie et les USA, le budget était plutôt chiche-.

Pour autant, Filippo Sanjust se fend d’un scénario pour le moins ambitieux, nécessitant une multitude d’effets spéciaux avec sa créature ancestrale dont l’aspect n’est pas sans rappeler celle du film Danger Planétaire.

Et pour cause, Caltiki pourrait être vu comme la version italienne du film de Irvin S. Yeaworth Jr. sorti 1 an plus tôt, en se montrant beaucoup plus sombre, violent et frontal : là où le film de Yeaworth était un spectacle tous publics, nous présentant de gentils loubards et une ville combattant le monstre à coups d’extincteurs, Catilki lui, nous exposera frontalement cadavres et blessures, et l’affrontement contre la créature s’y fera à coups de tanks et de soldats armés de lance-flammes. Un spectacle on ne peut plus divertissant qui, avec ses 76 minutes, se montre court mais efficace.

Malheureusement, malgré ses belles qualités, l’oeuvre n’est pas exempte de défauts, peut-être imputables à son possible changement de tête pensante pendant le tournage, et qui pêche surtout à cause du talon d’Achille de cette production : son budget. L’histoire concoctée par Sanjust, mélangeant aventure, SF, et horreur, nécessitait sans doute plus de capitaux pour être parfaitement retranscrite.

Rien que le casting respire le manque d’argent. Pas que ses membres soient mauvais, mais le film ne comporte aucune star, mais uniquement des habitués des seconds rôles. Nous retrouvons le canadien John Merivale en tête d’affiche, ainsi que Didi Perrigo, l’allemand Gérard Herter (parfait dans le rôle de Max), Daniele Vargas… Des têtes connues du grand public qui avaient, surtout, le mérite de ne pas être trop chères.

Pour les nombreux effets spéciaux, Mario Bava dû, lui aussi, faire de son mieux avec les finances disponibles. Si certains sont remarquables (la scène du cadavre, ou du bras) et ont du faire leur effet à l’époque, à coté de cela il faut composer avec d’autres qui ne sont que peu crédibles. Le monstre, par exemple, donne souvent l’impression d’une serpillière animée. Les séquences de tank ou celles avec la créature en mouvement dans la maison ne font guère plus illusion, utilisant des maquettes, voir des jouets, de manière nettement trop visible.

Replacé dans le contexte de l’époque et avec ces impératifs financiers, cela reste tout à fait excusable, et cela rajoute même une légère touche de kitsch assez attendrissante.

Catilki, s’il ne deviendra jamais un classique, reste un excellent film. Oui on peut sentir parfois un certain manque d’alchimie entres les acteurs et actrices. Oui le métrage déplaira sans doute à certains à cause de son rythme parfois en dents de scie. Oui le scénario part un peu dans tous les sens… Mais l’ensemble se montre extrêmement fun.

Soyons honnêtes, avec son mélange des genres et ses idées fort bien trouvées, ce Catilki arrive à se départir de ses influences pour nous offrir un très agréable moment. Si on ajoute à cela le soin et le sérieux apportés à la technique, la beauté du rendu de certaines séquences, il n’y a vraiment pas matière à bouder cet agréable petit film.

– Anthony Rct –

Caltiki, le monstre immortel
Titre original: Caltiki, il mostro immortale
1959 – Italie, USA – 76mn
Réalisation: Riccardo Freda, Mario Bava
Genre(s): Horreur, Science-fiction, Aventure
Acteur(s): John Merivale, Didi Sullivan, Gérard Herter

mattis id, sed pulvinar tristique venenatis dapibus ultricies ut