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Kati et ses amies décident de fêter l’anniversaire de l’une d’elles en faisant du camping au fond des bois. En chemin, Kati se perd et la chance semblant décidément contre elle, se fait voler sa voiture. Marchant au hasard de la forêt, elle tombe sur une usine à l’abandon où plusieurs cannibales ont élu domicile.
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Petit film allemand fauché sorti en 2012, Cannibal Diner avait de quoi attiser la curiosité de tout amateur de “peloche” un tant soit peu underground avec son affiche un brin aguicheuse et son titre laissant espérer un spectacle gore et fun. Hélas, comme le dit l’adage “la curiosité est un vilain défaut”, et cela n’a jamais été aussi vrai qu’avec ce film.

L’intégralité du scénario tient dans cette simple phrase : une bande de copines font une virée dans les bois où elle seront les victimes de cannibales locaux. L’intrigue n’ira jamais plus loin. 

Le film s’ouvre sur les 3 premières filles arrivées sur le lieu de rendez vous. Un plantage de tente, une prise de coke, une paire de seins et un baiser lesbien plus tard, les filles se font “dégommer” hors champ, et ce en moins de 3 minutes de métrage.
Nous découvrons ensuite les 3 autres copines du groupe dont Kati qui va rapidement se perdre dans la foret et découvrir l’usine désaffectée. En parallèle nous suivrons Celine et Kanja dans leur pérégrination en buggy, leur découverte du camp abandonné, et qui finalement se feront également zigouiller alors que le film en est à peine à sa moitié.
Avec encore plus de 35 minutes à “meubler” et un groupe se résumant à 5 mortes et la “final girl”, le reste du film se résumera donc aux errements de Kati dans l’usine : la voir monter des escaliers, se balader sur des toits, faire de la descente à la corde, ramper dans des conduits, jouer à cache-cache avec les cannibales et finalement se faire capturer par eux.

La première moitié du film ne présentait que peu d’intérêt, la deuxième sera du néant mis en images.

Et les cannibales dans tout ça?
Ils brillent par leurs faibles temps de présence à l’écran, ne sont jamais montrés entrain de manger qui que ce soit et se résument à des figurants dont le visage est peinturluré de noir.
Niveau crédibilité nous sommes en dessous de 0, mais c’est à l’avenant de ce que le film a à offrir.

En effet rien dans ce Cannibal Diner ne parviendra à rehausser le niveau.

Outre son aspect lacunaire et bâclé, il faut ajouter qu’en plus le scénario se permet d’aller piquer à droite et à gauche pour combler, bien mal, son vide. L’idée de départ fait évidement penser au film Détour Mortel de Rob Schmidt. La fameuse scène du diner qui donne en partie son nom au film, et qui ne dure au final que quelques minutes, elle, est reprise sur celle de Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper. Même l’un des cannibales a un look trop semblable au méchant Axeman du jeu Resident Evil 5 pour que cela soit le fruit du hasard.
Les 10 dernières minutes du film seront même filmées à travers un caméscope en mode vision nocturne en forme de clin d’oeil à… 80% des found footage tout simplement (en plus d’être l’une des scènes la plus insupportable du métrage).

Ensuite, les actrices qui ont toutes été clairement choisies plus pour leur physique que pour le talent. Il est d’ailleurs inutile de les blâmer : entre leurs personnages sans une once de personnalité agissant comme si elles avaient le QI d’une huître et un réalisateur qui semble plus intéressé par cadrer leurs corps plutôt que leurs visages, elles font du mieux qu’elles peuvent. Kati est quand même introduite dans le film par une scène de douche avec le générique qui défile. Cela pose des bases que le réalisateur se fera un plaisir de suivre tout du long, sa caméra étant le plus souvent focalisée sur leurs formes (comprendre leurs culs et leurs décolletés).

D’ailleurs la réalisation parlons-en : cadrages le plus souvent fonctionnels ou graveleux, caméra tremblotante rendant l’action parfois illisible…
Le métrage cumule des défauts qui deviennent très vite irritants et ne met jamais en valeur ses décors.
Comme souvent sur ce genre de film indépendant le réalisateur porte plusieurs casquettes : ici il est donc aussi directeur de la photographie avec un résultat tout aussi décevant. Entre les scènes en extérieur au contraste trop boosté, et les scènes en intérieur sous éclairées, il n’y a pas matière à se réjouir.

Pour le reste ?
Le film n’est jamais gore, jamais effrayant, jamais subversif, et surtout jamais fun. Juste de l’ennui étalé sur 75 minutes, et même si Cannibal Diner est court il ne s’y passe tellement rien que le spectateur aura l’impression qu’il dure le double.
Réussir à rater son film sur tous ses aspects et avec une aussi constante régularité relève presque de l’exploit.

– Anthony Rct –

Cannibal Diner
2012 – Allemagne – 75mn
Réalisation: Frank W. Montag
Genre(s): Horreur
Acteur(s): Alexandra Lesch, Kristiana Rohder, Lara Baum

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