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Un an après la disparition étrange d’une femme le long d’une route du New Jersey réputée pour ses activités paranormales, Michael et Isabella, le mari et la soeur de la disparue présumée morte, décident de se rendre avec des amis et un médium sur cette route pour tenter d’obtenir enfin des réponses. Une fois sur place, ils vont vite être confrontés à des esprits malveillants.
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Dans le comté de Passaic (New Jersey) se situe une route d’environ 16 kilomètres de long, la Clinton road, considérée parmi les hauts lieux du paranormal et de l’occulte des États-Unis. Disparitions inexpliquées, observations de fantômes, de créatures hybrides, lieu de rassemblement pour les sorcières, la fameuse route a une sinistre réputation, faisant d’elle indubitablement un bon sujet pour le cinéma.
Malheureusement un bon sujet ne fait pas toujours un bon film.

Clinton Road, réalisé en 2019 par Steve Stanulis et Richard Grieco, va donc utiliser ce lieu de légendes comme point de départ pour un film d’horreur.
Le générique de début nous rappelle rapidement l’historique de cette route maudite, avant de nous asséner l’inévitable “Inspiré de faits réels” : le sésame utilisé ad nauseam par n’importe quelle production cinématographique souhaitant ancrer son sujet dans un minimum de réalité.

Avec un tel “background”, tout amateur de cinéma horrifique était en droit d’espérer un bon petit film flippant et fun, et entre de bonnes mains cela aurait sans doute été possible.

Hélas …

Clinton Road est l’archétype du projet engendré pour une rentabilité rapide, sans une once de passion et surtout sans une once de talent. Bref, de l’horreur de consommation courante comme on en voit tant dans les solderies et les catalogues VOD et dont le spectateur n’a le plus souvent jamais entendu parler avant d’enclencher la lecture.
La recette est toujours plus ou moins la même : des réalisateurs tenant plus du tourne-péloche que de l’artiste, un budget minimum, et un casting composé d’acteurs pour la plupart inconnus exception faite de quelques anciennes gloires pas trop chères dont le nom sera fièrement mis en avant.

Dans le casting de Clinton Road nous retrouvons donc 3 stars dont les noms sont, évidement, notés sur l’affiche du film : Vincent Pastore (la série Les Soprano) avec moins de 3 minutes de présence à l’écran et 5 lignes de dialogues ; Eric Roberts (Runaway Train de Andrei Konchalovski, et beaucoup d’autres, le bonhomme étant crédité pour plus de 560 films, téléfilms, etc) jouant son propre rôle pour un temps de présence, chronomètre en main, de 34 secondes ; Ice-T (la série New York, Unité spéciale, les films Johnny Mnemonic de Robert Longo, ou Tank Girl de Rachel Talalay) avec peut-être 7 minutes.
Passée la 19ème minute du film les stars n’apparaitront plus, laissant la partie la moins coûteuse du casting se débattre dans ce simulacre de film d’horreur jusqu’au générique de fin libérateur.

Le reste du film se résumera à l’arrivée du groupe sur la Clinton road, à une séance de spiritisme ridicule, et à des lignes et des lignes et des lignes de dialogues sans intérêt… Ah oui… et à 2 fantômes qui auront l’excellente idée de nous débarrasser du casting.

D’ailleurs, parlons de la menace qui pèse sur le groupe. Elle se résume au fantôme d’une petite fille serrant un ours en peluche dans ses bras, et à celui d’un grand chauve armé d’un marteau (ressemblant étrangement à Rob Halford, le chanteur de Judas Priest…), crédité au générique sous le nom du “forgeron”.
Autant dire que la terreur sera à son paroxysme devant ces 2 entités démoniaques apparaissant avec des filtres After Effects dégueulasses autour d’eux, jouant à cache-cache dans les bois la plupart du temps, et faisant des grimaces pour bien montrer qu’ils sont très très méchants…
Non. Vraiment, Clinton Road ne fait strictement jamais peur.

Pour le reste : protagonistes écrits à la truelle pour qui le spectateur n’aura aucune empathie, scénario qui tient sur un timbre-poste, la Clinton road et ses légendes jamais exploitées, une bande originale qui tient plus de l’habillage musical d’où aucun thème ne ressort, et réalisation purement fonctionnelle. Tout est dit.
Clinton Road se résume à 77 minutes de vide, sans la moindre tension, sans le moindre intérêt et surtout sans le moindre fun.
Steve Stanulis et Richard Grieco voulaient faire un film d’horreur, ils ont réussi à pondre un film horrible.

– Anthony Rct –

Clinton Road
2019 – USA – 77mn
Réalisation: Steve Stanulis & Richard Grieco
Genre(s): Horreur

Acteur(s): Ace Young, Erin O’Brien, Cody Calafiore

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