Dead Butterfly est une anthologie scénarisée et réalisée par Davide Pesca, qui fait suite à son précédent métrage The Suffering Bible. Une oeuvre, comme souvent avec ce cinéaste, gore et underground qui plonge son public dans un univers sombre et violent. Avec ses 5 segments (Heaven’s doors – The Saint friday – The Secrets – Do Not steal – The Judgment), liés par un fil rouge (The Angel), Dead Butterfly nous offre des histoires où la rédemption pour nos erreurs et nos fautes ne peut s’obtenir que par le sang, la douleur et la mort.

Un ange tourmenté, enfermé dans une sorte de purgatoire, s’inflige tortures et mutilations ; une femme, allongée sur son lit utilise un casque de réalité virtuelle pour atteindre un état de béatitude suprême qu’elle paiera par la destruction de sa chair ; une prêtresse torture et tue un jeune homme puis prélève son sperme pour engendrer une créature monstrueuse ; un homme, parti enterrer un objet au fin fond d’une foret, va être kidnappé et mutilé ; une voleuse dérobe les bijoux d’une femme, mais cette dernière pratique le vaudou et va lui faire payer son acte ; une pécheresse va être jugée par une étrange silhouette encapuchonnée et subir les pires souffrances pour expier ses fautes.
Voilà le menu composé par Pesca qui, en abordant peu ou prou les mêmes thématiques que celles de The Suffering Bible à travers ces différentes histoire, nous dépeint une humanité victime de sa propre folie destructrice.

Dead Butterfly est aussi une nouvelle preuve du savoir-faire de Pesca qui mêle un sens de la débrouille et une bonne maîtrise technique. Malgré l’indigence évidente de son budget, le bonhomme nous offre une anthologie maitrisée visuellement. Un talent que l’on retrouve également dans les effets spéciaux dont il est également l’auteur et qui se montrent souvent percutants.

Les images chocs s’enchaînent, la violence se fait plus présente que dans ses précédentes oeuvres. Entre une scène d’énucléation et une d’arrachage de langue, Pesca fait même revenir Enrico Calloni -un performeur que nous avions déjà croisé dans Tales from Deep Hell– qui nous livre lors du segment The Angel un nouveau show, non truqué, à base d’aiguilles et de crochets avec un final en forme de clin d’oeil à la saga Hellraiser.

Dead Butterfly s’apparente donc à un (bad) trip déployant un symbolisme mystique et religieux qui nous plonge dans une ambiance cauchemardesque draguant son lot d’atrocités.

Malheureusement, malgré cette générosité en barbaque et tripailles on ne peut plus revigorante, le spectacle laisse tout de même comme un sentiment de déjà-vu. Pesca, en voulant faire une suite à The Suffering Bible, accouche d’une oeuvre qui se montre finalement trop similaire : si ce nouveau métrage ne trahit donc pas son aïeul, il ne s’en démarque pas non plus. Ce Dead Butterfly a trop souvent l’air d’un simple complément qui ne fait que revisiter un univers déjà exploré, mais sans parvenir à y insuffler suffisamment de sang neuf. Ce manque de surprise laissera des spectateurs s’étant frottés au précédent opus un peu sur leur faim.

Cette scorie mise de côté, cette anthologie s’avère on ne peut plus plaisante sur sa courte durée. Pesca est un gars passionné et sincère qui ne bâcle pas son travail, et son Dead Butterfly se montre efficace et esthétiquement soigné. Les aficionados du réalisateur y trouveront leur compte, tout comme les amateurs d’oeuvres un peu barrées, contemplatives et gorasses. 

– Anthony Rct –

Dead Butterfly
Aka: Dead Butterfly: the prophecy of suffering bible
2019 – Italie – 57mn
Réalisation: Davide Pesca

Genre(s): Horreur, Gore/Extrême, Sketches/Anthologie, Court/Moyen Métrage
Acteur(s): Enrico Calloni, Barbara Sirotti, Gianluca Moiser

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