Le docteur Carter tente de ramener à la vie sa défunte femme grâce à un serum de son invention. Pour être sûr de son efficacité il fait des tentatives sur des cadavres volés au cimetière du coin, mais il ne parvient qu’a créer des zombies affamés n’ayant plus une once d’humanité. Ces échecs successifs le font sombrer peu à peu dans la folie et au court d’une de ses expériences sa fille Cara finit contaminée. Consciente que son temps est compté, elle va, avec l’aide de sa soeur Denise, tenter de trouver un moyen pour empêcher sa transformation en zombie.

Nous avions déjà abordé le cas des zombies sur le site via la review du film hongkongais Bio Zombie. Son réalisateur, Wilson Yip, en attaquant le genre sous l’angle de la comédie avait réalisé un bel hommage aux films classiques de morts vivants. Depuis la sortie de ce film en 98, l’offre en matière de zombie au cinéma est réellement devenue pléthorique, mais très peu respectent véritablement le mythe. Nous sommes tombés dans une surenchère où l’action prend souvent le pas sur la peur et la violence. Hollywood nous a même gratifiés de films de zombies/contaminés presque tout public (par exemple World War Z de Marc Forster en 2013). 

L’espoir viendrait-il du cinéma underground en la personne du réalisateur Brett Mullen ?La première chose qui frappe à la vision de Dead Inferno est son extreme générosité en matière de violence. Le but semble être de nous servir un vrai film bis, qui ne joue pas la carte de la pudeur. Dead Inferno est aussi une véritable déclaration d’amour à tout un pan du cinéma d’horreur et surtout aux films de Fulci ou de Romero. La tonalité du film nous ramène d’ailleurs souvent dans les eighties, par son style, ses thèmes, mais aussi sa bande originale.

Brett Mullen se plait à faire couler le sang sur l’écran pendant presque 80 minutes, le tout dans une ambiance soignée. Conscient de la formidable qualité des effets et maquillages concoctés par Joh Harp et Amber Michael, le réalisateur en profite pour les mettre en pleine lumière, les filmant de près, sans jamais avoir recours à des caches-misère pour masquer quelques défauts. 

Le rendu du film est extrêmement professionnel malgré un budget ridicule (un demi million de dollars). Tourné à l’économie donc, et avec une équipe réduite, Dead Inferno repose sur l’implication sans faille de son géniteur : en plus de la réalisation, Brett Mullen est aussi co-scénariste (avec Sky Tilley), directeur de la photo, monteur, producteur et fait même de la figuration.

Une telle démarche force le respect mais le résultat n’est pas exempt de défauts.

Mullen fait montre d’une réalisation efficace mais sans réel prise de risque. Sa photographie est trop numérique, trop artificielle, et certaines scènes semblent terne, voir sans vie. Les éclairages du métrage sont travaillés mais ils sont trop variables d’une scène à l’autre. Il est aussi étrange que le réalisateur ait choisi de tourner son film au format 2.35 mais sans parvenir à en tirer parti.La trame scénaristique de Dead Inferno est aussi mal maitrisé et ne parvient pas à parfaitement gérer son trop grand nombre de personnages. On passe du savant à ses assistants, puis à sa fille, puis à ses assistants, puis au shérif et ses adjoints. Le métrage multiplie les allers-retours et les différents arcs narratifs n’arrivent pas à pleinement se lier. Le traitement réservé a certains protagoniste se montre décevant et l’ensemble devient assez vite déroutant.
Certains membres du casting arrivent tout de même à tirer leurs épingles du jeu comme Larry Parks dans son rôle de shérif, ou Rob Springer qui incarne le docteur Carter.

Tous ces défauts ne sont heureusement pas rédhibitoires et peuvent en partie être mis sur le compte du manque de budget, ou sur les décisions d’un réalisateur débutant. Nul doute que Mullen saura apprendre de ses erreurs. En l’état même si Dead Inferno manque un peu d’originalité, nous tenons là une peloche respectueuse de ses modèles qui se montre sympathiquement gore et énergique.

– Anthony Rct –

Dead Inferno
Aka: Bombshell Bloodbath

Année: 2014 ¦ Pays: USA ¦ Durée: 79mn
Réalisateur: Brett Mullen
Genres: Horreur, Zombie/Contaminé, Gore/Extrême
Acteurs: Alex Elliott, Rob Springer, Jess Barbour
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