• L’équipe
  • Liens
  • Contact

Le docteur Carter tente de ramener à la vie sa défunte femme grâce à un serum de son invention. Pour être sûr de son efficacité il fait des tentatives sur des cadavres volés au cimetière du coin, mais il ne parvient qu’a créer des zombies affamés n’ayant plus une once d’humanité. Ces échecs successifs le font sombrer peu à peu dans la folie et au court d’une d’une expérience qui tourne mal, sa fille Cara finit contaminée. Consciente que son temps est compté, elle va, avec l’aide de sa soeur Denise, tenter de trouver un moyen pour empêcher sa transformation en zombie.
__
J’avais déjà abordé le cas des zombies sur le site via la review du film hongkongais Bio Zombie. Son réalisateur, Wilson Yip, en attaquant le genre sous l’angle de la comédie avait réalisé un bel hommage aux films classiques de morts vivants.
Depuis la sortie de ce film en 98, l’offre en matière de zombie au cinéma est réellement devenue pléthorique, mais très peu respectent véritablement le mythe. Nous sommes tombés dans une surenchère avec toujours plus d’actions, mais souvent moins d’effets-chocs. Hollywood nous a même gratifiés de films de zombies/contaminés presque tout public où le sang à l’écran est devenu rarissime (par exemple World War Z de Marc Forster en 2013). Je ne dis pas que la qualité d’un film de zombie est indexée sur la quantité de tripailles affichée devant la caméra, mais quand je pense aux classiques de Romero, de Fulci, de Grau, force est de reconnaître que ces réalisateurs n’hésitaient pas à se montrer généreux en matière de gore…et cela participait aussi à l’ambiance de mon point de vue.

L’espoir viendrait-il du cinéma underground en la personne du réalisateur Brett Mullen ?

La première chose qui frappe à la vision du métrage de Mullen est son extreme générosité, justement, en matière de gore. Il ne lésine pas sur les effets, le sang coule, la bidoche est on ne peut plus présente à l’écran, et le tout avec une ambiance soignée. Le but semble être de nous servir un vrai film bien bis, qui ne joue pas la carte de la pudeur.

Les effets et les maquillages sont là pour servir au mieux le propos du réalisateur et il faut reconnaitre leurs qualités évidentes, compte tenu du budget du film (on parle d’un demi million de dollars) ils sont même exceptionnels.
Fruit du travail de Joh Harp et Amber Michael, ils sont un véritable plaisir pour les yeux. Bien mis en valeur par la caméra de Mullen, n’hésitant pas à les cadrer de près et sans avoir recours à des caches-misère tel qu’un faible éclairage pour masquer quelques défauts. Mention spéciale pour certains maquillages des zombies qui filmés en gros plan révèlent la richesse des détails (la texture de la peau est parfois sublime), et pour certains trucages qui sont d’une réelle efficacité.

Dead Inferno est une déclaration d’amour de son réalisateur à tout un pan du cinéma d’horreur et un vibrant hommage aux films de Fulci ou de Romero entre autres.
La tonalité du film nous ramène d’ailleurs souvent dans les eighties, par son style, ses thèmes, mais aussi sa bande originale : créée par Matt Hill (utilisant le pseudonyme d’Umberto), elle est clairement influencée par le travail d’artistes comme les Goblin, ou John Carpenter. Entièrement composée aux synthétiseurs, elle accompagne pertinemment le métrage en apportant beaucoup à son ambiance.

Tourné avec une équipe réduite, comme souvent dans le cinéma indépendant et/ou production à petit budget, Dead Inferno a à sa tête un véritable homme-orchestre : en plus de la réalisation Mullen est aussi co-scénariste (avec Sky Tilley), directeur de la photo, monteur, producteur et fait même de la figuration dans son propre film. 

Si l’implication de Mullen dans son film est admirable, il ne s’est pas acquitté de toutes ses tâches avec le même niveau de qualité.

La réalisation du métrage est efficace, mais sans prise de risque. On peut regretter que le réalisateur n’y ait pas ajouté un peu d’audace, techniquement le film est satisfaisant mais reste très scolaire.
La photographie est, elle, nettement moins réussie : trop numérique, trop artificielle, elle semble parfois sans vie et si certains éclairages sont travaillés ils sont trop variables d’une scène à l’autre.

Le plus gênant est surtout certains des choix artistiques du réalisateur, comme par exemple le choix du format : Mullen a choisi de tourner son film en 2.35 mais sans que son film n’en tire parti. Au contraire les personnages semblent presque écrasés, ses cadres manquent “d’air”. Adopter un format 1.85 m’aurait semblé plus évident. Pour donner un look vintage à son métrage, il a fait le choix désagréable de consteller la vidéo de points blancs. Vouloir volontairement dégrader l’image n’est pas une nouveauté (Planète Terreur de Robert Rodriguez par exemple), le problème est qu’ici c’est extrêmement mal fait : tournée en numérique, l’image est d’une extrême précision et ces points blancs ressemblent à un parasitage sans intérêt.

La trame scénaristique de Dead Inferno est extrêmement simpliste, peut être dû au fait que ce projet était à la base un court-métrage. Ce n’est absolument pas rédhibitoire, rares sont ceux qui demandent à un film de zombie d’avoir la complexité et la profondeur d’une oeuvre de David Lynch.
Le seul véritable problème est le nombre bien trop important de personnages et leur traitement. On passe du savant à ses assistants, puis à sa fille, puis à ses assistants, puis au shérif et ses adjoints. Les différents arcs narratifs n’arrivent pas forcément à se lier et l’ensemble devient assez vite déroutant.
Peut-être pour faire du remplissage, Mullen focalise trop fréquemment sur des personnages finalement secondaires ou qui ne serviront que de chair à canon.
Ajoutons à cela que la direction d’acteurs est elle aussi plutôt ratée, que certains acteurs sont vraiment limites et que souvent les scènes de dialogues donnent l’étrange impression d’être récitées sans dégager la moindre émotion.

Malgré tout certains acteurs arrivent à tirer leurs épingles du jeu comme Larry Parks dans son rôle de shérif, ou Rob Springer qui incarne le docteur Carter.

Tous ces défauts peuvent facilement être mis sur le compte du manque de budget, ou sur les décisions d’un réalisateur finalement débutant. Je suis persuadé que ce réalisateur va apprendre de ses erreurs et qu’il nous réserve quelques belles surprises pour l’avenir.
Dead Inferno est un film respectueux de ses modèles, c’est une de ses qualités mais aussi sa faiblesse : l’hommage est beau et sincère, mais comme tout hommage il en ressort un léger manque d’originalité.
Le genre zombie est-il arrivé en bout de course ? N’a-t’il plus rien de neuf à nous proposer ?
Croisons les doigts que non, en attendant ne boudons pas notre plaisir devant cette petite peloche sympathiquement gore et énergique.

– Anthony Rct –

Dead Inferno
Aka: Bombshell Bloodbath

2014 – USA – 79mn
Réalisation: Brett Mullen
Genre(s): Horreur, Zombie/Contaminé, Gore/Extrême
Acteur(s): Alex Elliott, Rob Springer, Jess Barbour

ultricies elementum tempus Praesent id risus. facilisis sem,