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Un ancien soldat mentalement instable mène une vie solitaire faite d’automutilations et de fantasmes qu’il assouvit avec sa poupée gonflable. Un jour, dans la rue, il croise une femme et commence à la suivre. Elle deviendra dès lors une obsession, obnubilé par le désir mais aussi par la frustration qu’elle fait naître en lui. La découverte du petit ami de la belle va le faire plonger un peu plus dans la folie.
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Après la review de eROTik, il y a quelques semaines, nouvelle plongée pour Movies From The Crypt dans l’univers de Domiziano Cristopharo avec ce Doll Syndrome datant de 2014. Point de nécrophilie au menu ce coup-ci mais toujours autant de folie et de jusqu’au-boutisme de la part de ce réalisateur italien qui nous offre, une fois encore, une oeuvre extrême et déviante.

Cristopharo est un artiste qui a ses thématiques, ses obsessions, tels des leitmotivs que l’on retrouve de films en films, parfois en filigrane, parfois de manière beaucoup plus manifeste. Parmi elles, la solitude et l’enfermement sont des thèmes qui reviennent fréquemment dans son cinéma. Nombre de ses protagonistes sont des êtres isolés ou en marge de notre société.
Une solitude, choisie ou subie, dont découle une forme de claustration. L’oeuvre de ce réalisateur nous a tour à tour offert en représentation des personnages qui, quand ils n’étaient pas tout simplement captifs physiquement, l’étaient dans leurs esprits ou leurs corps : des âmes victimes d’eux-mêmes, séquestrées dans leur folie, leur frustration, leur amour, leur douleur ou leur déviance. Des êtres, que la vox populi taxe d’anormaux ou de monstres, capables des pires atrocités mais que Cristopharo semble accepter comme l’horreur et la part noire de l’humanité.

Doll Syndrome ne fait donc pas exception avec son protagoniste complètement “out of this world”. Cet homme, sommairement nommé “lui” au générique, est totalement isolé des autres, perdu dans les méandres de sa propre folie et de ses délires. Traumatisé par les exactions d’une guerre dont il fut le témoin, mais peut-être aussi la victime, et où son humanité s’est peu à peu effilochée. Une enveloppe de chair, dont l’esprit semble comme évaporé, capable d’infliger les pires douleurs à son prochain sans une once d’émotion ou de culpabilité.
Un homme au visage inexpressif, prisonnier d’un corps qu’il mutile et dégrade afin de se sentir un tant soit peu exister. Ses pulsions sexuelles, qu’il étanche en solitaire souvent avec l’aide de sa poupée gonflable, ne sont que l’incarnation d’un autre qu’il fantasme comme un objet dont il pourrait disposer a son gré.

Doll Syndrome c’est aussi l’amour de “lui” pour “elle”, cette jeune femme qu’il croisera. Un amour dévoyé, perverti, malsain, loin de toute beauté, qui se traduira chez lui par un irrépressible besoin de possession. Elle deviendra une monomanie qu’il ne pourra jamais satisfaire et qu’il se plaira alors à tenter de détruire.

Trash, désespéré, et frontal, Doll Syndrome est une nouvelle réussite à mettre sur le compte de Domiziano Cristopharo. Un métrage, évidement, à ne pas mettre devant tous les yeux tant son réalisateur se plait à composer des scènes brutales et déviantes. En témoigne ce long passage, vers la fin du film, où séquestration et torture atteignent un sacré niveau de violence et d’horreur où aucun détail ne nous sera épargné.

Cristopharo enchaine les séquences de mutilations génitales en gros plan, sexuellement explicite, voir même scatologique, le tout dans une ambiance froide et malaisante. La musique du groupe Il Cristo Fluorescente renforce le sentiment de pessimisme mélancolique lors de certaines scènes de Doll Syndrome, notamment lors du final avec leur magnifique chanson The Sinking.
Une oeuvre forte et sans concession dont la rudesse se trouve encore renforcée par la quasi absence de dialogue et par la prestation de son acteur principal. 
C’est une des forces de ce réalisateur : outre sa maitrise technique, Cristopharo sait s’entourer, et surtout choisir ses acteurs. Tiziano Cella, dans le rôle de cet ancien soldat, est glaçant, à la fois grotesque et flippant, pitoyable et monstrueux. Un rôle ni évident, ni confortable, à l’instar de celui d’Adam Western dans eROTik, impliquant là aussi une nudité crue, et des séances masturbatoires face caméra.

Pour le reste ?
Comme souvent avec Cristopharo : réalisation maitrisée, cadres précis, photo soignée, direction d’acteur de qualité. Difficile d’attaquer les films de ce réalisateur sur un plan technique, surtout quand on sait les budgets ridicules avec lesquels il obtient un tel résultat.

Doll Syndrome suinte la perversion, la décadence, le sadisme, et la folie. Une visite dans la tête d’un esprit dérangé qui ne laissera aucun amateur d’oeuvres extremes indifférent.
Cristopharo est l’un des réalisateurs du cinéma underground à suivre de très près. Film après film, il nous montre qu’il sait être prolifique et qualitatif tout en développant un univers on ne peut plus cohérent. 

– Anthony Rct –

Doll Syndrome
2014 – Italie – 95mn
Réalisation: Domiziano Cristopharo
Genre(s): Drame, Horreur, Gore/Extrême, Déviant/Trash
Acteur(s): Tiziano Cella, Aurora Kostova, Yuri Antonosante

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