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Un groupe d’amis décide de passer un week-end dans un hôtel perdu en pleine montagne. Arrivés sur place, ils découvrent un endroit désert. En fouillant les lieux, ils trouvent des bagages toujours dans les chambres, des restes de nourriture dans les assiettes, comme si le personnel et les clients de l’hôtel s’étaient enfuis en laissant tout sur place y compris leurs véhicules. Encore plus inquiétant, tous les animaux et insectes alentour semblent aussi avoir disparus, et les conditions météorologiques deviennent capricieuses. Entre ceux qui veulent rester et ceux qui veulent partir, les tensions dans le groupe commencent à se faire sentir quand tout à coup l’un d’eux disparaît…
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Don’t Blink est le premier, et à ce jour le seul, long métrage de Travis Oates, qui, avant de passer derrière la caméra, était essentiellement “connu” pour être la voix américaine de Porcinet dans différents dessins animés Winnie l’ourson

Également scénariste de son film, Oates signe une histoire dont la forme et le ton ne sont pas sans rappeler des séries comme La Quatrième Dimension, ou certaines œuvres de Stephen King (on pense évidement aux Langoliers tiré de son recueil Minuit 2). Huis clos fantastique à petit budget, Don’t Blink mise tout sur son ambiance, ses personnages et les mystères auxquels ils vont être confrontés.

Le principal étant, bien sûr, la disparition de tous les êtres humains et les animaux des alentours qui fera aller chaque protagoniste de sa petite hypothèse : catastrophe naturelle ? Serial killer ? Expérience du gouvernement ? Etc…
Tout est passé en revue mais le film prend le parti pris de ne pas donner de réponse et de laisser le spectateur dans le flou le plus total.
Quand intervient la première disparition dans le groupe on comprend qu’il suffit qu’un personnage quitte le champ de la camera pour le faire disparaitre…en un clin d’œil.
Une fois cet état de fait intégré, le film va se faire un malin plaisir de jouer avec son public en enchainant les disparitions parfois de manière prévisible, parfois sans indice annonciateur.

Au casting nous retrouvons Mena Suvari (la saga American Pie, Le Jour des morts), le très sympathique Zack Ward (Freddy contre Jason, PostalResident Evil: Apocalypse) qui hérite du rôle le plus borderline, et pas mal d’acteurs et actrices habitués des seconds rôles au cinéma ou à la télévision (Fiona Gubelmann, Joanne Kelly, Leif Gantvoort). Le premier rôle revient à Brian Austin Green que beaucoup connaissent grâce à son rôle de David Silver dans la série Beverly Hills, 90210 mais qui a depuis oeuvré dans nombre de séries et films : jouant par exemple son propre rôle dans le film Domino de Tony Scott, incarnant l’oncle de John Connor dans la série Terminator : Les Chroniques de Sarah Connor, ou en vedette dans la suite du slasher Laid to Rest : ChromeSkull – Laid to Rest 2.

Définitivement plus intéressé par le microcosme formé par son groupe d’individus que par la résolution des mystères qui les entourent, Oates centre son film sur leur survie et leurs interactions.
Des protagonistes qui n’échappent, hélas, pas à un certain coté cliché, mais  qui sont malgré tout suffisamment caractérisés pour les rendre intéressants, voir attachants.
Au fur et à mesure du film, alors que le groupe n’a de cesse de se réduire, chacun aura sa façon bien à lui de réagir aux événements. Malheureusement c’est dans ce développement que Oates va commettre une première erreur pour son métrage : il est évident que face à des épreuves le comportement de tout être humain change, mais ici pour certains de ses protagonistes, ce changement est trop radical. Leurs décisions deviennent parfois totalement illogiques, leurs comportements irrationnels, et aboutissent sur des scènes ou des dialogues qui n’ont parfois que peu de sens.

Le film n’apportera donc pas de réponse évidente, laissant le spectateur se forger sa propre opinion. C’est là la deuxième erreur commise sur ce Don’t Blink : développer plusieurs mystères et ne pas les résoudre, comme autant de portes ouvertes qui ne seront jamais refermées. Cette absence de conclusion pourrait ressembler à une solution de facilité, et risque de provoquer la frustration chez bon nombre de spectateurs.
Personnellement, je mets cela en perspective avec le fait qu’apporter une solution aurait pu, la aussi, provoquer de la frustration : dans ce genre de film la résolution du mystère est souvent moins intéressante que l’intrigue qu’elle génère.

Travis Oates adopte une réalisation sans fioriture, avec une approche très minimaliste de ses effets : préférant utiliser des angles morts, des mouvements de caméras, et la configuration géométrique des pièces pour réaliser les différentes disparitions plutôt qu’avoir recours à des effets spéciaux complexes ou des CGI. Ces techniques peuvent sembler basiques mais apportent une vraie tension pour le spectateur qui voit les protagonistes être comme effacés du film sans le moindre signe avant coureur.

Ce Don’t Blink est un huis clos plutôt malin et, même si son idée centrale n’est pas nouvelle, il est très agréable à suivre. Son introduction est, d’ailleurs, très efficace : la découverte de l’hôtel, la fouille des chambres, les différentes hypothèses qui en découlent. Tout ce passage m’a fait fortement penser au film Phantoms (1998) de Joe Chappelle.
Hélas une fois l’installation de son histoire faite, le film n’évite pas l’écueil de quelques longueurs.
Un film imparfait, certes, mais à l’ambiance vraiment réussie, avec un casting sérieux et investi. En définitive ce Don’t Blink est une excellente surprise.

– Anthony Rct –

Don’t Blink
2014 – USA – 92mn
Réalisation:
Travis Oates

Genre(s): Fantastique
Acteur(s): Brian Austin Green, Zack Ward, Mena Suvari

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