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Un homme obsédé par la mort de sa mère partage sa vie avec un cadavre. Il lui arrive parfois de séduire des hommes qu’il ramène chez lui. Après avoir couché avec eux, il les tue et les démembre afin de parachever un mystérieux rituel égyptien.
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Le réalisateur italien Domiziano Cristopharo est un homme pour le moins productif : depuis 2009, année de sortie de son premier film, House of Flesh Mannequins, il a enchainé les tournages à un rythme effréné, alignant parfois 2 à 3 projets par an. Fort d’une filmographie à présent bien étoffée, en seulement une 10aine d’années, Domiziano a offert aux amateurs de cinéma “hard” des oeuvres soignées, aussi bien d’un point de vue technique qu’artistique. Il est clair que le bonhomme n’est pas du genre prude, et ses films sont à cette image : sans concession, présentant la nudité, le sexe et la violence de manière frontale. Ce réalisateur n’hésite pas à sonder l’âme humaine dans ce qu’elle a de plus malsaine, et de plus perverse.

Avec eROTik, réalisé en 2018, Domiziano va s’intéresser à la nécrophilie.
Ce n’est, évidement, pas le premier film à traiter de ce sujet : comment oublier le diptyque de Jörg Buttgereit, Nekromantic 1 et 2, souvent cités par les aficionados comme des oeuvres fondatrices du genre. D’autres réalisateurs se sont aventurés sur ce terrain, avec plus ou moins de réussite. J’avais d’ailleurs fait des reviews ici-même de films comme Nécrophile Passion, Paraphilia, ou plus récemment Walging.
Une chose est sûre à la vision de eROTik : rarement un film traitant de la nécrophilie ne sera allé aussi loin, surtout d’un point de vue sexuel.
Un spectacle extrême, certes, mais non dénué de profondeur, et surtout de savoir-faire.

Également scénariste, Domiziano s’est inspiré pour écrire son personnage du tueur en série Jeffrey Dahmer, allant même jusqu’a reproduire dans son film quelques exactions de ce dernier. 

Fou, nécrophile, meurtrier, cet homme dont eROTik se plaira à nous faire partager le quotidien et dont on ne connaitra jamais le nom, est évidement tout cela. Pourtant Domiziano en fait un être moins manichéen qu’il n’y parait de prime abord. Il est également solitaire, désespéré, profondément pitoyable, submergé par la souffrance de son deuil. Et si le film n’essaye à aucun moment d’excuser ou de justifier ses actes, il réussit à lui apporter une complexité bienvenue.

Petit budget, équipe réduite, et casting avec un nombre minimal d’acteurs. Pour autant le réalisateur ne s’est pas trompé en engageant Adam Western pour le premier rôle : ce gars a une belle présence devant la caméra, alternant visage fermé, inquiétant, et moments où il se laisse aller à sa douleur. Il parvient à rendre crédible les différentes strates émotionnelles de son personnage. Il parvient surtout à se rendre impassible lorsqu’il commet les actes les plus ignobles, sans une once d’humanité.
Un rôle qui n’a sans doute pas toujours été facile -impliquant de simuler le coït avec un faux cadavre bien craspèque, le tout avec une caméra qui ne nous épargnera aucun détail de l’anatomie d’Adam- mais dont il s’acquitte avec sérieux.

Surtout qu’en la matière Domiziano va très loin. Le film se montre généreux en scènes gores, et encore plus en scènes sexuelles explicites. Tout le métrage baigne dans une froideur presque palpablela violence sèche succédant aux séquences écoeurantes et d’autres moments plus intimistes.
Avec eROTik Domiziano livre une oeuvre pertinente et jusqu’au-boutiste, souvent brutale, à l’ambiance pesante et réservant quelques scènes choc du plus bel effet.
L’oeuvre d’un réalisateur, lui aussi, jusqu’au-boutiste, maitrisant son sujet et qui n’a pas fini de nous surprendre.

eROTik
2018 – Turquie, Italie – 67mn

Réalisation: Domiziano Cristopharo
Genre(s): Horreur, Gore/Extrême, Nécrophilie, Déviant/Trash

Acteur(s): Adam Western, Simone Avincola

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