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Le colonel Jim McQuade, spécialiste des missions délicates, est appelé par le gouvernement pour résoudre un problème sur un de leur projet ultra secret : une nouvelle génération d’androïde, le Eve VIII, qui échappe à tout contrôle suite à un essai qui a mal tourné. Lâchée en pleine nature et capable de déclencher un carnage à tout moment, la neutraliser devient une priorité. McQuade se lance donc à la chasse de ce robot destructeur, aidé par le Dr Eve Simmons, sa créatrice à qui elle a donné ses propres traits.
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Le thème des robots au cinéma nous a, parfois, offert de très grands moments : en incarnant des justiciers (Robocop de Paul Verhoeven), en tueur implacable venant du futur (Terminator de James Cameron), ou en se rebellant contre leurs créateurs (Mondwest de Michael Crichton). Mais aussi de merveilleux nanars comme Robowar (1988) de Bruno Mattei, sorte de remake de Predator avec un androïde en pleine jungle, ou Alienator (1989) de Fred Olen Ray avec Jan-Michael “Supercopter” Vincent, ou même R.O.T.O.R. (1989) de Cullen Blaine.

Eve of Destruction, réalisé et coscénarisé par Duncan Gibbins, se situe à la croisée des chemins : trop mollasson et sans suffisamment de personnalité pour ne serait-ce qu’essayer de se frotter avec les chefs d’oeuvre du genre dont il s’inspire pourtant sans vergogne, mais pas suffisamment mal fichu et trop sérieux pour rivaliser avec les nanars cités précédemment (même s’il essaye souvent très fort).
Film d’action, mâtiné de science-fiction avec un robot tueur et un soupçon de buddy movie avec son duo flic/scientifique pour le contrer, tout cela vous donne comme un sentiment de déjà vu ? Oui, évidemment.
Ce métrage est quasiment une anomalie temporelle : surfant sur tous les genres et thèmes à la mode dans le cinéma des eighties, dont le rendu est totalement cloisonné dans cette décennie, mais pourtant réalisé en 1991.

Film purement opportuniste dont la seule raison d’être était la rentabilité ? Pourtant avec son budget de 13 millions de dollars il semble évident que feu la société de production Orion Pictures devait y croire un minimum.
Mauvaise pioche ! le film à sa sortie ne dégagea qu’entre 5 et 6 millions de dollars de bénéfices.

Il faut dire que le métrage de Gibbins cumule les défauts, outre son manque évident d’originalité déjà abordé. Force est de reconnaître que son scénario est tout sauf passionnant, malgré quelques tentatives d’y apporter quelques profondeurs et rebondissements. Tentatives bien maladroites d’ailleurs (le trauma du Dr Simmons, les émotions de Eve VIII) et qui font parfois tomber le film dans l’absurde.

Si le scénario de ce Eve of Destruction ne brille donc pas par son originalité, il en va de même pour sa réalisation : l’ensemble est très scolaire mais plutôt bien cadré, lisible, et les scènes sont travaillées MAIS son film n’a pas le moindre souffle. Le montage est purement fonctionnel, et les différentes scènes ne trouvent pas vraiment de liant entre elles. Le tout manque souvent de cohérence et surtout, et c’est bien la le plus gros point noir, de rythme.

L’écriture des personnages est à l’avenant de son scénario, sans originalité et avec de grosses lacunes. Le film flirte avec le buddy movie, mais ce genre implique que se crée une alchimie entre les 2 personnages, voire qu’ils évoluent chacun au contact de l’autre. Ici pas la moindre trace d’alchimie, McQuade et Simmons se contenteront de faire équipe, donnant l’impression de se mépriser plus qu’autre chose. Pas d’évolution non plus : l’un passera tout le film à enfoncer et accabler l’autre qui se contentera de se justifier à chaque instant, et les 2 finiront le film dans le même état d’esprit qu’à son commencement.
Ils seront les seuls personnages un tant soit peu développés, les autres se résumant à des clichés comme s’il en pleuvait : le général intègre, l’employé du gouvernement peu scrupuleux, le soldat courageux…

Pour jouer le Dr Simmons nous retrouvons Renée Soutendijk, une actrice néerlandaise ayant tourné avec Paul Verhoeven, alors fraîchement débarquée dans le cinéma américain (ce Eve of Destruction était son 3ème ou 4ème film la bas). Elle hérite d’un double rôle, jouant l’androïde et sa créatrice, avec une double personnalité mais échouant presque sur les 2 tableaux : d’un côté le Dr Simmons où elle semble trop effacée et peine à exister et de l’autre Eve VIII où elle force parfois tellement le trait qu’elle en devient ridicule.
Gregory Hines joue le colonel Jim McQuade, ancien danseur de claquettes et chanteur de revue musicale à Broadway, Hines s’était lancé dans la carrière d’acteur au début des années 80. Carrière qu’il poursuivît jusqu’à sa mort en 2003, alternant entre le cinéma (Wolfen de Michael Wadleigh, The Cotton Club de Francis Ford Coppola, Saigon, l’enfer pour deux flics de Christopher Crowe, A Rage in Harlem de Bill Duke, etc), les téléfilms et les séries télé. Un acteur très sympathique, malheureusement bien mal employé ici tant il semble peu crédible dans le rôle d’un barbouze du gouvernement spécialisé dans les black ops. Ce n’est pas une question de talent mais une question d’être le personnage ou pas, et là, il n’a pas la tête de l’emploi. Il fait du mieux qu’il peut, délivrant une performance assez sobre mais on sent que même lui n’y croit pas vraiment.
Le reste du casting est composé d’habitués des seconds rôles : Kurt Fuller,John M. Jackson, Michael Greene …

En définitive ce Eve of Destruction aurait, sur le papier, tout pour plaire : une petite série b semblant fun comme on pouvait en louer par coup de 10 chaque week end dans son video club préféré dans les années 80 et 90. Malheureusement, à trop vouloir singer ses prédécesseurs, il en oublie d’avoir son propre supplément d’âme pouvant le différencier de la masse. Pire, son manque effarent de rythme allié à un son scénario totalement réchauffé annihile le peu d’intérêt ou d’attention qu’il pouvait rester à son spectateur.
Dans le genre “robot tueur” il y a suffisamment d’excellents films à voir avant de jeter son dévolu sur ce Eve of Destruction qui, lui, est totalement dispensable.

– Anthony Rct –

Eve of Destruction
Aka: Ève la destructrice, Total Destruction, Terminator Woman

1991 – USA – 100mn
Réalisation: Duncan Gibbins
Genre(s): Action, Science-fiction, Robot
Acteur(s): Gregory Hines, Renée Soutendijk, Michael Greene

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