Alors qu’elle assiste à un concert de métal, Alex se sent extrêmement mal et s’enferme dans les toilettes. Plus les minutes passent et plus elle comprend que ses symptômes sont étranges, particulièrement cette faim qui la tiraille alors qu’elle n’arrête pourtant pas de vomir. Et si tout cela était dû à cette morsure qu’elle porte au bras ?

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First Bite et sa protagoniste en plein bad trip dans les toilettes d’une salle de concert ne sont pas un plaidoyer contre la consommation excessive d’alcool en soirée mais le 6ème court métrage du réalisateur canadien Vincenzo Nappi. Sélectionné dans plusieurs festivals de films fantastiques et d’horreurs, First Bite c’est 6 minutes de métal, de sang et de vomi où, avec un budget pourtant ridicule, Nappi nous sert ce qui aurait pu faire une parfaite introduction à un long métrage. 

Qui a fait cette morsure au bras d’Alex ? Est-ce comme cela qu’elle a contracté le virus ? D’autres personnes ont elles les mêmes symptômes ? Sommes nous face au début d’une épidémie ? Autant de questions auquelles First Bite ne répond pas, préférant se focaliser sur le mal qui ronge cette jeune fille. Un long métrage pouvait nous laisser espérer pour la suite un bon petit carnage bien fun avec des métalleux aux prises contre des contaminés. Nappi a-t’il pensé son court comme une carte de visite, espérant trouver les fonds nécessaires pour le transformer en un projet de plus grande envergure ?

En l’état, avec seulement 2 actrices (Catherine Saindon, qui livre une très bonne interprétation, et Hana Kashaf), son unique décor, une réelle économie dans ses dialogues et sa narration, First Bite se montre pour autant intéressant et efficace.

Vincenzo Nappi a soigneusement travaillé la forme de son court, instaurant une ambiance à la fois froide et pesante, renforcée par sa photographie et ses éclairages faisant baigner le métrage dans une teinte bleutée du plus bel effet. First Bite, pourtant shooté en numérique, se donne un aspect de vieilles peloches avec son image au rendu volontairement bruité, grainé et parasité. Des choix pertinents de la part de Nappi, en parfaite adéquation avec le rendu brut et sale de ce court.

C’est dans ce lieu exigu et sordide que se joue le drame intimiste d’Alex dont le seul lien avec le monde extérieur est son amie frappant à la porte pour s’enquérir de son état. Un sentiment d’isolement encore renforcé par la musique du groupe canadien Fémur qui lui parvient de manière étouffée, lointaine.

First Bite se montre plaisant à suivre, mais dans le même temps extrêmement frustrant. Il est presque paradoxal de voir à quel point Nappi prend son temps pour poser les bases d’une histoire sans nous en raconter sa suite. Croisons les doigts pour que son réalisateur parviennent à trouver les moyens, mais aussi l’envie, de nous offrir un Second Bite.

Vous pouvez voir First Bite et d’autres oeuvres de Vincenzo Nappi sur sa chaine Vimeo.

– Anthony Rct –

First Bite
2020 – Canada – 6mn
Réalisation: Vincenzo Nappi
Genre(s): Horreur, Zombie/Contaminé, Court/Moyen Métrage
Acteur(s): Catherine Saindon, Hana Kashaf, Martin Kramer

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