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Une équipe de vidéastes animant une émission en ligne sur le paranormal décide de se rendre dans l’asile abandonné de Gonjiam pour tourner leur nouvel épisode en direct. Une fois sur place, et après s’être tous équipés de caméras, les 6 membres de l’équipe commencent leur exploration du sinistre bâtiment. Très vite, des événements de plus en plus inquiétants vont se produire et l’équipe va vivre un véritable cauchemar.
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Depuis plusieurs années le cinéma sud coréen a le vent en poupe et parvient à s’exporter à travers l’Europe et le reste du monde. Blockbusters, thrillers, drames, films fantastiques : le panel des genres qu’offre leur cinéma est large. L
a  Corée du Sud a su convaincre le public étranger par la qualité et l’esthétisme de ses productions. Avec des films comme 2 Soeurs de Jee-woon Kim, Phone de Ahn Byeong-ki, Dernier Train pour Busan de Yeon Sang-ho ou la saga de 5 films Whispering Corridors, ils ont également réussi à marquer le petit monde de l’horreur.

Gonjiam : Haunted Asylum, est un found footage réalisé en 2018 qui s’inspire d’un mythe comme point de départ à son scénario : l’ancien asile de Gonjiam, situé dans la ville de Gwangju, fermé en 1990 pour des raisons, apparement, économiques. Réputé pour être l’un des lieux les plus hantés de toute la Corée, il est, malgré son interdiction au public, devenu une attraction pour touristes et autres chasseurs de fantômes.

Jeong Beom-sik, le réalisateur et coscénariste du film, pensait tenir là un bon point de départ pour faire un found footage. Et pourquoi pas, après tout, ce genre adorant s’inspirer de faits réels et de légendes.
Cependant, Gonjiam : Haunted Asylum ne peut prétendre à la palme de l’originalité avec ses “youtubeurs du paranormal” arpentant les couloirs d’un asile abandonné. Une telle histoire dans un tel lieu, le tout filmé en caméra subjective, c’est quelque peu “réchauffé”. Comment ne pas faire le rapprochement avec Grave Encouters, found footage canadien réalisé en 2011 par Colin Minihan et Stuart Ortiz ? 

Sans aller jusqu’à faire une partie du jeu des 7 erreurs, il est évident que Gonjiam s’en est très largement inspiré, lui empruntant énormément sur un plan narratif et technique.
Précédé d’une excellente réputation (notamment d’être réellement flippant) et de très bons résultats dans les salles coréennes, force est de reconnaitre que Jeong Beom-sik, malgré ce coté “copier/coller”, a su concocter un métrage avec une très bonne montée et gestion de la tension, faisant preuve d’une belle maîtrise lors de certaines scènes.

Il ne faudra pas plus de 24 minutes au réalisateur pour présenter ses 7 protagonistes, poser les bases de son histoires et les faire arriver aux portes de l’asile. C’est plutôt un bonne chose quand on voit à quel point certains found footage font traîner l’exposition de leurs récits pour tout accélérer dans leurs derniers tiers.

Autre bon point : nous suivons une équipe de tournage venue enquêter, la présence des caméras est donc parfaitement justifiée. Et comme les dites caméras sont toutes fixées par des harnais sur chaque personnage, il est donc parfaitement logique qu’ils continuent à filmer même quand leurs vies sont en danger. L’équipe ayant également placé des caméras fixes dans les différentes salles de l’asile, ceci permet de multiplier les points de vue, les angles de visions : l’immersion du spectateur dans cette visite cauchemardesque sera donc totale.

Plutôt que de céder à la facilité en “gavant” son métrage de jump scares jusqu’à l’overdose, Jeong Beom-sik préfère construire ses scènes de peur en jouant sur le hors-champs, sur l’éclairage des pièces, et parfois plus frontalement en réutilisant les codes des films de fantômes asiatiques. Alors oui, ce métrage n’apporte rien en matière de mécanique de peur, ou d’apparition fantomatique, mais le réalisateur sait construire ses scènes avec une belle efficacité.

Il prend le temps de poser son ambiance, à la fois pesante, tendue, donnant l’impression que le danger se cache dans chaque couloir, où même les lampes des protagonistes n’arrivent pas totalement à percer l’obscurité. Les décors participent aussi énormément au rendu global : ils sont sales, délabrés, respirent l’humidité. L’équipe du film a fait un superbe travail en reproduisant l’intérieur de l’asile de Gonjiam, le propriétaire actuel ayant refusé que son bâtiment soit utilisé pour le tournage.

Gonjiam : Haunted Asylum est en définitive un film très sympathique, avec quelques scènes extrêmement réussies. Reste que le spectateur habitué d’horreur “made in Asia” aura certainement un sentiment de déjà-vu, pareil pour les habitués des found footage. Sa réputation est également très exagérée, car si Jeong Beom-sik arrive parfois à faire frissonner ses spectateurs, et à jouer sur notre peur primaire de l’obscurité, le film dans son ensemble n’est pas si effrayant que ça. En comparaison Grave Encouters était sans doute plus efficace, même si la peur qu’il dégageait était plus artificielle, jouant énormément sur la surenchère et le jump scare.

– Anthony Rct –

Gonjiam : Haunted Asylum
Titre original: Gonjiam
2018 – Corée du Sud – 94mn
Réalisation: Jeong Beom-sik
Genre(s): Horreur, Found Footage
Acteur(s): Wi Ha-Joon, Park Ji-Hyun, Oh Ah-Yeon

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