Kaz et Charlie dirigent une petite compagnie d’excursions touristiques en hydravion. En grandes difficultés financières, ils acceptent avec enthousiasme la proposition d’emmener l’homme d’affaires Joji Minase et sa femme Michelle sur l’île de Hell’s Reef. La petite escapade idyllique va vite prendre une tournure funeste quand le groupe découvrira un cadavre sur la plage portant des traces d’attaques de requins. Lors de la recherche du bateau de la victime, un requin attaquera leur hydravion, les laissant en plein milieu de la mer, sur un radeau de sauvetage.

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Le cultissime Les Dents de la mer de Steven Spielberg a durablement installé la peur du requin tueur, mangeur d’hommes, au cinéma (alors que le dit poisson attaque finalement assez rarement les êtres humains IRL). De la série Z aux blockbusters, le requin se décline à toutes les sauces, même si depuis quelques années la mode semble être aux nanars volontaires dotés de scénarios de plus en plus improbables (Sharknado, Avalanche Sharks, Sand Sharks, Ghost Shark, Ouija Shark …). Heureusement, il reste encore quelques réalisateurs prenant le sujet au sérieux, qui nous rappellent sporadiquement et de manière plus ou moins réussie que le requin au cinéma peut être un formidable vecteur de peur.

Great White, premier long-métrage du réalisateur australien Martin Wilson, semblait justement s’inscrire dans cette démarche louable et respectueuse du genre, et avait même réussi à attiser la curiosité de nombreux aficionados grâce à un premier trailer plutôt encourageant.

Hélas …
N’y allons pas par 4 chemins, Great White a avant tout le goût de la déception. Si tous les ingrédients du shark movie sont bel et bien réunis, force est de reconnaître que nous sommes face à un métrage bien fade où les belles intentions de Wilson sont restées au stade de velléités. Certes le scénario éculé et prévisible au possible de Michael Boughen n’a certainement pas aidé l’entreprise, mais là où un réalisateur plus expérimenté aurait peut-être réussi à transcender ce matériau trop lacunaire, Wilson s’enferme lui dans la platitude.

Passer une première demi-heure faisant plus ou moins illusion, l’aventure Great White va montrer ses limites n’ayant guère à offrir qu’une intrigue usée jusqu’à la corde, un manque cruel de rebondissement, et des protagonistes enfermés dans des archétypes (le héros beau gosse avec un trauma, l’emmerdeur de service …). Une fois sur le radeau les tensions dans le groupe auront tôt fait d’exploser, provoquant engueulades et accidents entre 2 dialogues sur la maternité et leurs chances de survie. 

La partie centrale est elle aussi bien peu captivante : s’enchaîneront quelques morts attendues et de rares attaques jamais effrayantes. Le réalisateur fait le choix de ménager les apparitions de ses requins mais leur comportement a de quoi laisser dubitatif : ils sont capables de déglinguer un bateau, de couler un hydravion, mais face à un radeau pneumatique dont ils pourraient venir à bout d’un simple coup de mâchoire, ils ne font rien d’autre qu’attendre que ses occupants se jettent d’eux même à la flotte.

La où, dans le film de Spielberg, nous étions terrifiés pour le chef Brody, Quint et Hooper lors de leur virée en mer dans un solide bateau suréquipé, ici, il est impossible d’avoir le moindre frisson pour ces 5 êtres humains coincés sur une embarcation de fortune. Une absence de tension et de peur qui confine au dramatique trouvant son point d’orgue lors d’un final ridicule et incohérent qui achève d’enliser le film dans les grands fonds océaniques. 

Certes pour un premier métrage il faut reconnaître que Martin Wilson, malgré son manque évident de maitrîse, n’est pas un manchot et son Great White est plutôt réussi d’un point de vue visuel. On retiendra également les paysages de l’Australie, quelques magnifiques plans aériens, et un casting plutôt impliqué. C’est peu … Trop peu.

Bien trop sérieux pour être drôle, trop fastidieux pour être pleinement interessant, trop convenu pour être seulement surprenant, Great White est un métrage totalement dispensable qui puise son inspiration dans un genre auquel il n’apporte rien. Plus de 40 ans après sa sortie, Les Dents de la mer reste le modèle souvent imité, mais jamais dépassé. 

– Anthony Rct –

Great White
2021 – Australie, USA, Royaume-Uni – 91mn
Réalisation: Martin Wilson
Genre(s): Horreur, Animaux & Insectes
Acteur(s): Katrina Bowden, Aaron Jakubenko, Kimie Tsukakoshi

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