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Une vague de viols et de meurtres endeuille la communauté de Galen. Le docteur Sam Cordell et le shérif Hank Walden mènent l’enquête.
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Ray Russell commence sa carrière littéraire en publiant en 1962 son roman horrifique The Case Against Satan, et ce 10 ans avant L’Exorciste de William Peter Blatty. Alternant l’horreur et le thriller, il associera ces deux genres pour The Incubus, sorti en 1976 dans les linéaires. Scénariste pour la première fois en 1961, il participera en 1981, avec George Franklin, à l’adaptation de son roman pour le grand écran. Les producteurs Marc Boyman, à qui l’on doit La Mouche ou bien encore Faux-Semblants, et John M. Eckert (Dead Zone), engagent John Hough pour assurer la réalisation de Incubus.
Débutée à la télévision britannique avec la série Chapeau Melon et Bottes de Cuir, la carrière de John Hough s’oriente très vite vers le fantastique et l’horreur avec en outre Les Sévices de Dracula et La Maison des Damnés. Son premier film aux Etats-Unis sera un néo-noir, Larry le Dingue, Mary la Garce. Incubus sera sa deuxième collaboration avec John Cassavetes après La Cible Étoilée.

Ne connaissant Incubus que par son affiche au visage féminin déchiqueté et hurlant, ce fut pour moi une découverte. Le sujet, semblant mixer policier et horreur, laissait présager du meilleur d’autant plus quand John Cassavetes et John Ireland étaient de la partie.
Cruelle désillusion ! Incubus hésitant à trouver son style, le spectateur sera face une sorte d’ébauche de film où chaque direction prise par le réalisateur finit invariablement par une impasse.

John Hough débute son film comme un thriller. Des viols sont commis sur de jeunes femmes, certaines en réchappent, d’autres non. L’agresseur a deux particularités. Tout d’abord, il semble être sacrément gâté par la nature puisque son sexe fait littéralement exploser l’utérus de ses victimes et parce que son débit de sperme a de quoi irriguer un champ de patates de plusieurs hectares (c’est le médecin dans le film qui le dit, pas dans ces termes, mais c’est la conclusion à laquelle nous pouvons arriver).
Pour faire face à ces crimes, le shérif et le médecin passent le plus clair de leur temps à faire des allers-retours dans les couloirs de l’hôpital. En gros, ils ne font rien, le flic finissant même par disparaître, surement appâter par une boîte de donuts.

Cette partie policière, qui n’en est donc pas une, est entrecoupée par les attaques du criminel/démon. Vous pensiez assister à des scènes de viols crues et dérangeantes ? Si c’est le cas, passez votre chemin. Par contre, si vous entamez des études pour devenir dentiste, ce film est fait pour vous. En effet, probablement désireux d’éviter toute censure trop virulente, le réalisateur se contente de filmer en gros plans le visage des victimes hurlantes bouches grandes ouvertes laissant apparaître plombages et autres caries.

Échouant dans le policier et dans ce qui semble être une sorte de tentative de slasher, John Hough se tourne alors pour sa dernière partie vers l’ésotérisme. Mais force est de constater qu’une fois encore il se plante dans les grandes largeurs. Son histoire de connexion entre les meurtres et un jeune homme faisant des rêves étranges ne tient absolument pas debout et sera expliquée à la va-comme-je-te-pousse (trois minutes montre en main).
Il se vautre aussi dans sa description d’un incube. Selon les légendes, ce dernier attaque ses victimes durant leur sommeil. D’accord, travailler dans l’univers ouaté d’une bibliothèque peut faire somnoler, mais ça ne suffit pas à expliquer le choix de Hough. Ses victimes sont bel et bien réveillées puisqu’elles font pipi, se douchent, se touchent ou se cachent pour faire une blague à leur petit ami (sic).

En résumé, le côté polar est abandonné en cours de route tout comme la partie meurtre (insignifiante) et ésotérique nous présentant un démon sacrément moche.
Et ne parlons pas du passé du docteur incarné par Cassavetes qui semble avoir tué accidentellement sa précédente compagne après une dispute (le réalisateur semble s’en foutre), des relations limite incestueuses entre Cassavetes et sa fille (il la lorgne à poil à la sortie de la douche et lui roule des pelles en guise de bonne nuit), ou des relations entre Cassavetes et la journaliste qui ressemble à celle qu’il a tuée (le réalisateur s’en fout aussi ! ).
Sans parler de la chanson de Bruce Dickinson (Iron Maiden), kitchissime à souhait, qui marque la mi-film.

Malgré tout ce fatras, le film est sauvé par une dernière courte scène qui file la chair de poule… un peu.

Côté casting, on sent les acteurs pas plus impliqués que ça, comme s’ils étaient conscients que quelque chose ne tournait pas rond dans cette entreprise. John Cassavetes tire une gueule de six pieds de long, en profite pour rouler deux ou trois galoches un sourire en coin et récupère son cachet lui permettant de payer ses impôts. John Ireland, clairement sur la pente descendante en terme de carrière, n’en a strictement rien à foutre. Pour son premier film Kerrie Keane se contente de travailler ses expressions faciales…

Incubus est un film on ne peut plus bancal. La faute à un réalisateur incapable de donner une direction précise à son histoire voire à mixer plusieurs genres. Le potentiel était pourtant là. Dans le même registre L’Emprise (réalisé en 1982 par Sidney J. Furie) a fait nettement mieux.

American Cinema –

Incubus
Titre original: The Incubus
1981 – Canada – 92mn
Réalisation: John Hough
Genre(s): Horreur
Acteur(s): John Cassavetes, John Ireland, Kerrie Keane

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