La famille Winslow déménage vers une petite ville de Californie suite au recrutement de Matt, le père, par une entreprise locale mettant au point une nouvelle génération de combinaison spatiale. Très vite on lui parle de Steaming Springs, un country club qui ouvre les portes de la réussite sociale et financière. Devant l’insistance de ses collègues pour qu’il y adhère, Matt finit par devenir méfiant de ce lieu, et de sa propriétaire Jessica Jones. Quand le comportement de sa femme et de ses enfants changent radicalement suite à leurs adhésions, Matt comprend qu’il se trame quelque de dangereux derrière les portes de Steaming Springs.

Produit en 1984 par la chaine ABC, Invitation en Enfer est un téléfilm de science-fiction horrifique qui a pour particularité d’avoir pour réalisateur Wes Craven. Celui qui aujourd’hui est considéré comme l’un des grands maitres du cinéma horrifique, sortait alors de l’échec de son film La Créature du marais (Swamp Thing). Par pur intérêt financier Craven accepta ce projet télévisuel, alors même qu’il travaillait sur un film qui allait sortir la même année et devenir l’un des gros succès de sa carrière : Les Griffes de la nuit (A Nightmare on Elm Street).Scénarisé par Richard Rothstein, Invitation en Enfer pourrait faire penser à une relecture du roman L’Invasion des Profanateurs de Jack Finney : les proches d’un homme dont les comportements changent radicalement comme si ils n’étaient plus eux mêmes. Sous couvert de SF l’histoire se pare également, en filigrane, d’une critique sur la société américaine fascinée par l’argent et la réussite facile.

Nous retrouvons au casting des habitués des productions TV : Robert Urich, Joe Regalbuto, ou Susan Lucci. Mme Winslow prend les traits de Johanna Cassidy, une actrice ayant œuvré aussi bien à la télévision (la mini-série Les Tommyknockers, Six Feet Under) qu’au cinéma (Blade Runner, Roger Rabbit ou Ghosts of Mars). Pour les rôles des enfants nous retrouvons Soleil Moon Frye (Punky Brewster dans la série éponyme) et Barret Olivier (L’Histoire sans Fin, D.A.R.Y.L. ou Cocoon).

Des acteurs pour la plupart solides, et une histoire qui semblait engageante au service d’un téléfilm finalement très décevant.

Comment ne pas être dubitatif devant le choix abérrant de ne pas jouer sur le coté paranoïaque d’un tel scénario ? Malheureusement dans cet Invitation en Enfer il n’y a aucun suspense tant il est simple de voir de quel coté penchent les personnages que Matt rencontre. La où d’autres auraient pris le temps de poser l’histoire avant d’incorporer du surnaturel, Wes Craven prend le parti pris de tout nous dévoiler de manière brutale dès l’introduction : la première scène du film, ridicule, ne laisse aucun doute sur la nature non-humaine de Jessica Jones.
Le reste du métrage sera à l’avenant, comme cette scène inutile où Jessica, encore, passe devant la combinaison capable d’analyser les formes de vie et où on nous révèle qu’elle est une forme de vie non humaine et hostile. La scène est présentée comme un rebondissement, mais est hélas sans effet car tous les spectateurs le savaient déjà.Le scénario ne va jamais assez loin dans les thèmes qu’il aborde, préférant les effleurer tout en cèdant souvent à la facilité (comme le fait que la combinaison que met au point Matt est, comme par hasard, l’équipement dont il a besoin pour s’aventurer plus profond dans les entrailles de Steaming Springs).

Votre serviteur n’a jamais fais pas parti des fans inconditionnels de Craven, voyant dans le bonhomme plutôt un honnête artisan qu’un grand réalisateur. Sur Invitation en Enfer Craven se contente de mettre le tout en boite sans réel inspiration. Peut être s’est il retrouvé bridé par le cahier des charges imposé par la chaîne, mais l’ensemble se montre bien peu original et a, de plus, extrêmement mal vieilli, peu aidé par des costumes datés, et une photographie bien terne.

Toutes ces lacunes seraient supportables si l’histoire parvenait à nous tenir en haleine, ou, à défaut si quelques fulgurances de violence ou de gore arrivaient au moins à maintenir notre attention. Hélas, le scénario n’est en rien passionnant, et, produit TV oblige, le film est calibré pour draguer le public le plus large, donc totalement inoffensif.
Sans véritable intérêt, les plus curieux regarderont peut-être cet Invitation en Enfer pour son géniteur, du coin de l’œil tout en faisant autre chose.

– Anthony Rct –

Invitation en Enfer
Titre original: Invitation to hell
Année: 1984 ¦ Pays: USA ¦ Durée: 91mn
Réalisateur: Wes Craven
Genres: Horreur, Science-fiction
Acteurs: Robert Urich, Joe regalbuto, Susan Lucci
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