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Sarah a du mal à se remettre de la mort de son frère. Pour lui changer les idées, son amie Rachel lui propose de partir faire du tourisme à Tel Aviv, en pleine célébration du Yom Kippour. Pendant le voyage, elles font la connaissance de Kévin, étudiant en anthropologie, qui les convainc de les suivre à Jérusalem. Hélas, les vacances vont prendre un tournant pour le moins apocalyptique quand une ancienne prophétie va devenir réalité, et que les démons vont envahir la ville.
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Ah, le found footage, encore, et encore et encore…
Procédé technique et narratif, il est devenu, au fil du temps, un sous genre du cinéma, le plus souvent d’horreur. Trop souvent utilisé comme excuse pour masquer un manque d’ambition et de budget, il en devient la solution de facilité. Beaucoup de found footage sont l’oeuvre de réalisateurs en début de carrière, et ce genre de film semble plus simple à réaliser : certaines erreurs techniques ou un manque de savoir faire peuvent être atténués par cette façon de filmer.

Trouver un financement est là aussi plus facile, d’autant plus que les producteurs ont, maintenant, compris la formule magique: found footage + minimum de budget = maximum de rentabilité. Evidemment quand on voit les succès au box-office que sont les Paranormal Activity et tant d’autres, on est tenté de leur donner raison.

Pour beaucoup de spectateurs le found footage est au cinéma ce que le Big Mac est à la gastronomie. Force est de reconnaitre qu’il s’agit, à l’heure actuelle, d’un genre saturé où l’originalité et la qualité tiennent le plus souvent de l’exception : neuf fois sur dix un nouveau found footage n’est qu’un found footage de plus.

Le film qui nous intéresse aujourd’hui ne va pas faire, hélas, exception. C’est d’autant plus dommage que les deux réalisateurs (également scénaristes et producteurs), Doron Paz et Yoav Paz, ont eu quelques bonnes idées pour le film.

En effet, au lieu de la sempiternelle camera/caméscope/GoPro, le personnage de Sarah porte des smart glasses : des lunettes connectées où s’affichent les applications que toute personne ayant un smartphone utilise au quotidien. S’agissant de lunettes qu’elle porte en permanence cela nous évite le cliché inhérent à tout found footage : le type qui continue de filmer contre vents et marrées alors que ses potes et lui sont en danger de mort.

Deuxième bonne idée : le lieu de tournage. Jérusalem est magnifique, et les scènes se déroulant dans l’Eglise du Saint-Sépulcre, devant le Mur des Lamentations ou dans La Grotte de Sédécias apportent un vrai dépaysement.

Toujours dans le positif : Yael Grobglas  (Rachel dans le film) et Tom Graziani (Omar), deux acteurs très sympathiques qui sortent du lot, le reste du casting étant d’une fadeur extrême. Yael Grobglas n’en est d’ailleurs pas a son coup d’essai en matière de film d’horreur puisqu’elle était déjà à l’affiche du slasher israélien Rabies (film que je vous conseille pour son ton délicieusement ironique).

Malheureusement ces bon points sont contrebalancés par leur utilisation dans le film.
En effet, les frères Paz n’ayant pas obtenu les autorisations nécessaires pour tourner dans les sites historiques de la ville, ces scènes sont donc filmées à la va vite (« en mode guérilla » selon les dires des réalisateurs). Ne pouvant donc pas tirer partie de tels décors, ils centrent leurs actions dans des lieux souvent fermés (l’hôtel, l’hôpital psychiatrique, une église, etc) et finalement de Jérusalem nous ne verrons pas grand chose si ce n’est ses rues.

Les possibilités des smart glasses ne sont qu’effleurées. Les lunettes sont utilisées comme un gadget, sans qu’aucune scène du film ne tire vraiment partie de cette technologie. Leur utilisation en devient même gênante parfois, quand par exemple des fenêtres d’applications s’ouvrent à tout bout de champ.

Les personnages sont caricaturaux, sous exploités et sans âme. Ils ne sont, au final, que des coquilles vides.

Rajoutez à cela un scénario prétexte, mal travaillé, n’hésitant pas à aller piquer des idées à d’autres films (Cloverfield et .Rec en tête), et passant à coté de la plupart de ses thèmes à force de partir dans tous les sens : on nous mélange prophétie, démons, contamination, deuil, tension raciale mais toujours en surface, sans jamais les développer, et en abandonnant des pistes qui auraient pu sembler intéressantes (le syndrome de Jerusalem par exemple).

A vouloir trop en raconter sans jamais creuser, sans réel fil conducteur, le film en devient indigeste, peu aidé par son rythme.
Sur les 90 minutes que dure le film, les 45 premières sont une (trop) longue introduction. Il est vrai que la vision ‘‘carte postale’’ de la ville est plaisante mais il ne se passe rien de bien palpitant. La deuxième moitié du film tente de corriger le tir avec l’arrivée des démons et la survie du groupe d’amis mais il est trop tard : l’ennui s’est déjà installé. Les moments de flippe sont absents, la tension tombe à plat et quand arrive la fin du film (ridicule, soit dit au passage), on se surprend à bailler.

Israël n’est pas vraiment connue pour son cinéma de genre, et je reconnais aux frères Paz l’audace ‘‘d’essuyer les plâtres’’ mais passé l’exotisme d’un found footage israélien, JeruZalem est, certes, un essai avec de bonnes idées, mais un essai raté.

– Anthony Rct –

JeruZalem
2015 – Israël – 90mn
Réalisation: Doron Paz & Yoav Paz
Genre(s): Horreur, Found Footage
Acteur(s): Yael Grobglas, Tom Graziani, Yon Tumarkin

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