En plus d’être un réalisateur/producteur diablement prolifique dont la réputation dans le monde du cinéma extrême et horrifique n’est plus à faire, Domiziano Cristopharo a également entamé un vrai travail pour mettre en avant des oeuvres et de jeunes réalisateurs qui lui semblent digne d’intérêt.
Parmi les métrages cooptés par Cristopharo se trouve le tout récent Larva Mental, un film espagnol qui s’est déjà taillé une solide réputation pour sa brutalité et sa représentation frontale d’actes de déviance sexuelle et d’automutilation.

C’est le premier film de Mikel Balerdi, un artiste connu dans le milieu du tatouage et du body art extrême notamment pour ses performances de suspension corporelle, qui oeuvre aussi dans la peinture et la photographie (vous pouvez admirer son travail via son Instagram ou son site internet). Avec le cinéma, Balerdi s’attaque à une autre forme d’expression, ajoutant une nouvelle corde à son arc : un projet indépendant, personnel, où il officie à quasiment tous les postes -scénariste, producteur, réalisateur, monteur, acteur- et dans la droite lignée artistique qu’il a jusqu’alors explorée.

Passer derrière la caméra n’a donc pas “calmé” Mikel Balerdi, preuve en est avec Larva Mental dans lequel il va loin, très loin, et dont la réputation n’est pas usurpée : nous sommes bien en face d’une oeuvre profondément extrême, violente et trash qui déploie un univers à la fois transgressif et malsain.

Sur une base de scénario plutôt sommaire, Larva Mental s’intéresse avant tout au voyage sans retour d’un homme consumé par sa folie et sa dépravation, qui ne trouve comme exutoire à sa souffrance que l’autodestruction et la dégradation de son corps. Une “soif d’anéantissement” dont sa fille, déjà éprouvée par le deuil d’un enfant, sera la première victime, s’automutilant jusqu’à la mort en découvrant l’horrible vérité sur son père. C’est là, devant son cadavre, que l’âme et la raison de cet homme, dont on ne connaîtra jamais le nom, achèveront de se briser.

Un film où l’espoir n’a jamais sa place, pas plus que la rédemption, et où seule la douleur règne en maître. Un “spectacle” où les séquences chocs et/ou déviantes se succèdent dans une ambiance sombre, anxiogène et mortifère.

L’inceste, la drogue, le deuil, le suicide, l’autodestruction, Larva Mental est un maelström de désespoir où la noirceur des thèmes abordés n’a d’égal que la répulsion qu’inspirent certaines de ses scènes. Un enfer où le protagoniste -interprété par Mikel Balerdi- se condamne à la torture physique et mentale en laissant libre cours aux pires atrocités : coprophilie, nécrophilie, mutilation …

Il faudra avoir le coeur bien accroché pour supporter ces séquence de jambes tailladées, crucifix enfoncé dans le rectum, séance masturbatoire -non simulée- dans le sang et la merde, découpage de pénis. Des scènes aux rendus souvent très réalistes, Larva Mental gardant une frontière volontairement floue entre performances réelles et utilisations d’effets spéciaux très réussis (concoctés par Balerdi et son actrice Dairi Gaona).

Une première oeuvre résolument radicale, provocante, d’un réalisateur qui n’a cure de secouer, voir de choquer son public. Il est évident que Larva Mental est à réserver aux spectateurs avertis, capables “d’encaisser” mais aussi d’apprécier un tel métrage. Pour autant, derrière cette carapace âpre, glaçante et rude, se trouve aussi un métrage soigné et esthétique d’un artiste se plaisant à explorer l’âme humaine dans toute sa perversion. Mikel Balerdi nous secoue et nous interroge dans le même temps, pour un coup d’essai c’est une réussite.

Larva Mental sera disponible courant 2021 chez l’éditeur TetroVideo, je les remercie pour l’envoi du fichier qui m’a permis de réaliser cette review.

– Anthony Rct –

Larva Mental
2020 – Espagne – 61mn
Réalisation: Mikel Balerdi
Genre(s): Déviant/Trash, Gore/Extrême, Horreur, Court/Moyen Métrage
Acteur(s): Mikel Balerdi, Dairi Gaona

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