Jane, suite au décès de sa tante, récupère un appartement en location avec un loyer extrêmement avantageux. Souhaitant garder un peu d’indépendance, elle annonce à son petit ami Greg son intention d’y vivre seule. Suite à son emménagement, elle rencontre une voisine peu discrète qui lui apprend les règles de vie de l’immeuble, insistant sur le fait que le calme doit régner. Jane, en pleine décoration de son nouveau chez elle, usant du marteau et déplaçant ses meubles, commence à trouver des notes, tapées à la machine, devant sa porte. D’abord de simples avertissements contre le bruit qu’elle produit, les messages vont rapidement se faire plus menaçants.

Qu’est-ce qu’un immeuble sinon un microcosme, où chacun doit faire avec l’autre, et où même en étant chez nous, nous devons toujours composer avec notre voisinage. Supporter et être supporté, faire des efforts et attendre la même chose des autres, voilà sur quoi reposent les fragiles fondations de cette vie communautaire. Cet amalgame d’individus qui vivent à coté les uns des autres représentait un potentiel cinématographique évident que certains réalisateurs ont saisit : Hitchcock en 1954 avec Fenêtre sur cour, Polanski avec Rosemary’s Baby en 1968 et Le Locataire en 1976, ou Alex de la Iglesia en 2000 avec Mes Chers voisins.
Au cinéma les immeubles deviennent donc des lieux dangereux, voir mortifères, où le visage familier de nos voisins peut cacher le pire des manipulateurs ou le plus dangereux des meurtriers.
Un autre exemple du genre serait ce 4ème Étage du scénariste et réalisateur Josh Klausner. Un thriller peu connu mais pas inintéressant, fort d’une ambiance pesante où la montée en tension est plutôt bien gérée. Les événements que va subir l’héroïne du film sont d’autant plus inquiétants qu’ils ne sont pas surréalistes : pas de cadavre de chat cloué sur la porte, ou de corps retrouvé dans son placard, le film ne verse jamais dans le spectaculaire et c’est une de ses forces.

Sorti en 1999, Le 4ème Étage est passé relativement inaperçu. Il ne connaîtra les honneurs du grand écran que lors d’un festival en Allemagne, et sera exploité directement en video dans la plupart des pays, y compris aux USA. Il faut dire que la décennie 90 fut celle du thriller, jugez du peu : Misery de Rob Reiner, Le Silence des agneaux de Jonathan Demme, Seven & The Game de Fincher, Basic Instinct de Paul Verhoeven, JF partagerait appartement de Barbet Schroeder, Sliver de Phillip Noyce, Témoin Muet de Anthony Waller, Copycat de Jon Amiel, Malice de Harold Becker, Jennifer 8 de Bruce Robinson, etc. Une liste non exhaustive  où certains titres sont devenus des classiques, et d’autres, produit par pur opportunisme, sont tombés dans l’oubli.

Avec une offre aussi pléthorique, Le 4ème Étage n’avait pas suffisamment d’arguments pour se démarquer. En effet tout réussi qu’il soit dans sa construction, le métrage de Josh Klausner manque tout de même d’originalité. On ne peut s’empêcher d’avoir un profond sentiment de déjà-vu, on connait les ficelles de ce genre de scénario, on soupire devant cette amalgame de personnages tous caractérisés pour avoir l’air coupable. Un manque d’audace scénaristique que l’on retrouve également sur le plan technique : la réalisation de Klausner donne à l’ensemble de son métrage une impression de téléfilm de luxe. Si l’on excepte la photographie de Michael Slovis, travaillée et arrivant à mettre en valeur les décors pourtant faiblement éclairés, le film manque cruellement d’ampleur visuellement.Seul le final tentera de corriger le tir et se montrera plus démonstratif. Malheureusement son coté frontal et violent brisera quelque peu l’homogénéité du métrage.

Il faut également admettre que cette conclusion se montrera plutôt décevante sur un plan narratif. Un problème récurrent avec ce genre de scénario : l’histoire est toujours plus intéressante lorsque l’on soupçonne tout le monde, qu’une fois que le coupable nous est révélé.
La dernière image du film laissera malgré tout supposer quelques nouvelles pistes de lecture.

En bref un petit thriller accessoire, certes, et sans réelles prétentions, mais tout à fait fréquentable pour peu que l’on passe outre ses quelques scories. 

– Anthony Rct –

Le 4ème Étage
Titre original: The 4th Floor

Année: 1999 ¦ Pays: USA ¦ Durée: 86mn
Réalisateur: Josh Klausner 
Genre: Thriller
Acteurs: Juliette Lewis, William Hurt, Shelley Duvall

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