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Jack Wells, un chasseur de trésors, est engagé par Carl, un milliardaire collectionneur d’antiquités, pour retrouver le codix, un précieux diamant légendaire. Il rejoint un groupe d’archéologues en Egypte afin d’explorer une tombe nouvellement découverte, celle du roi Neferu à qui appartenait cette pierre. Mais l’aventure ne sera pas de tout repos pour Jack, surtout quand le roi momifié se relèvera d’entre les morts, bien décidé à protéger son trésor.
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Bien qu’elle soit nettement moins représentée au cinéma que les loups-garous ou les zombies, la momie reste une des figures mythiques du fantastique et de l’horreur. Dans les réussites nous retiendrons quelques uns des classiques produits par Universal ou la Hammer, ou
 les 2 films de Stephen Sommers, La Momie (1999) et Le Retour de la momie (2001) -votre serviteur occultant volontairement le 3ème volet de Rob Cohen en 2008- qui avaient réussi à joyeusement conjuguer humour, action, aventure et fantastique.

Il fallait bien que le found footage, toujours en mal de sujets à adapter, ou piller, s’intéresse un jour à ce monstre légendaire, pour le meilleur ou pour le pire…

Réalisé en 2014 par Johnny Tabor, Le Jour de la Momie est donc venu combler ce “vide” dans un found footage adoptant la méthode du POV : au lieu de voir l’action par l’objectif d’une caméra, avec le Point Of View l’action est filmée du point de vue d’un protagoniste, comme à travers ses yeux. Un procédé évitant le sempiternel “ma vie est en danger mais je continue de filmer”, et qui peut, bien utilisé, se montrer encore plus immersif.

A l’instar de son homologue israélien JeruZalem, dans Le Jour de la Momie la caméra se voit donc remplacée par des lunettes connectées façon Oculus Rift/Google Glass que porte le héros Jack Wells, connecté en permanence via ce dispositif à son commanditaire qui peut tout entendre mais également tout voir, et également apparaitre dans une fenêtre incrustée dans l’image.

Co-produit entre les USA et le Venezuela, Le Jour de la Momie tente donc, lui aussi, un savant mélange entre aventure et horreur, mais malheureusement avec un budget et un savoir-faire aux antipodes de ses ambitions. Ceux qui espéraient voir une sorte d’Indiana Jones à la première personne en auront pour leurs frais tant cette péloche respire en permanence l’économie : exit l’Égypte, ses déserts et ses pyramides -même si le film nous fait malhonnêtement croire le contraire-, et bienvenue au Venezuela et ses pyramides maladroitement incrustées dans le paysage.
Le Jour de la Momie est l’archétype du petit film “torché” à la va-vite, visant une rentabilité rapide en DVD et VOD et qui tente d’attirer le chaland en capitalisant sur le restant de gloire de certains membres de son casting. Mais si la présence de William McNamara (Opéra, Copycat) à l’affiche de ce métrage n’est guère surprenante vue la qualité discutable d’une grosse partie de sa filmographie, le nom de Danny Glover (la saga L’Arme fatale, La Couleur Pourpre, Rage in Harlem …) a déjà de quoi un peu plus nous interpeller.

À la vision du film de Tabor, on ne peut s’empêcher de se demander ce que ce pauvre Danny, qui a pourtant oeuvré aux cotés de quelques uns des plus grands réalisateurs et acteurs hollywoodiens, est venu faire dans cette galère. Son rôle, se résumant à être assis devant un fond vert en récitant un texte sans doute découvert juste avant la prise avec un manque évident de conviction, fait peine à voir. Il est clair que Le Jour de la momie n’avait les moyens de se payer ses services que pour une demi-journée de tournage tout au plus, que le réalisateur a tenté de rentabiliser au maximum.

Le reste du casting n’est pas beaucoup plus gâté, entre un William McNamara qui, portant les lunettes connectées, ne sera physiquement visible que 2 à 3 minutes dans tout le film, une Andrea Monier dans un rôle de femme apparement forte et indépendante mais qui tombera tout de même dans les bras de Jacks Wells en moins de temps qu’il n’en faut pour dire “ce film n’a vraiment aucun intérêt”, et une brochette d’autres acteurs s’affairant à incarner des personnages d’une constante inconsistance.

Quant à la momie promise dans le titre, il faudra attendre près de 62 minutes (sur une durée de 76 générique compris) pour que le réalisateur daigne enfin nous la présenter, avec un temps de présence à l’écran inférieur à 2 minutes. On notera tout de même le chouette travail de Damien Leone, maquilleur et spécialiste des effets spéciaux, dans sa réalisationMais malgré ce bon point, il reste que c’est bien cher payé après avoir subi pendant 1 heure des balades en 4×4 puis à pieds dans le désert, des rebondissements sans grand intérêt, des tunnels de dialogues à l’avenant, et supporté d’entendre Carl beugler sur le bovin Jack Wells qu’il veut son diamant.

Le Jour de la Momie aurait pu être un métrage sympathique : un film d’aventure en POV mâtiné d’éléments rappelant les jeux vidéo pour un projet qui semblait avoir un petit goût d’originalité. Hélas les apparentes bonnes idées laissent rapidement place à la triste réalité : Tabor nous livre un film bâclé, dont les emprunts s’avèrent rapidement agaçants, et dont émane un indicible ennui malgré sa courte durée.

– Anthony Rct –

Le Jour de la Momie
Titre original: Day of the Mummy
2014 – USA, Venezuela
 – 76mn
Réalisation: Johnny Tabor
Genre(s): Aventure, Found Footage, Action, Horreur, Momie
Acteur(s):
Danny Glover, William McNamara, Andrea Monier

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