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Joe, un jeune hongkongais, part en vacances au Népal avec sa petite amie. Lors d’une excursion, il est grièvement blessé et est rapatrié pour être hospitalisé. Sheila, une jeune femme mystérieuse, représentante d’une tribu népalaise, le suit jusqu’à Hong Kong pour lui offrir des pouvoirs magiques afin qu’il puisse combattre les forces du mal.
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Tous les cinéphiles biberonnés au cinéma de HK connaissent évidement Chow Yun-fat. Véritable star à Hong Kong, l’acteur a travaillé pour les plus grands réalisateurs locaux : Ringo Lam (Prison on Fire 1 & 2, Full Contact), Johnnie To (The Eighth Happiness
All About Ah-Long), ou Wong Jing (God of Gamblers 1 & 2), entre autres. C’est évidement grâce au cinéma de John Woo qu’il connaitra le succès bien au-delà des frontières de l’ancienne colonie britannique : comment oublier ses rôles dans Le Syndicat du Crime, The Killer, ou bien évidemment l’immense À Toute épreuve ?

Mais comme dans toute carrière, surtout quand elle est aussi longue que celle de Chow (une 100aine de films sur plus de 40 ans de présence devant les caméras), il y a des hauts et des bas, des chefs-d’oeuvre et des métrages totalement dispensables. Le Sorcier du Népal est malheureusement à ranger du coté des oeuvres anecdotiques de sa filmographie.

Réalisé en 1985 par Ching Siu-tung, -l’homme qui réalisera 2 ans plus tard le culte Histoire de fantômes chinois ainsi que ses 2 suites en 1990 et 1991, mais aussi des films comme Terracotta Warrior, Duel to the Death, la trilogie SwordsmanDr. Wai, ou Naked Weapon– et produit par la Golden Harvest, ce projet semblait promettre de l’aventure, de l’action et une bonne dose de fantastique.

Tout semblait parti sous les meilleurs auspices pour le Sorcier du Népal : une boîte de prod sérieuse et ayant déjà fait ses preuves, un réalisateur doué qui signait son deuxième film, un acteur déjà populaire et un scénario mêlant voyage au Népal, romance, légendes, pouvoirs magiques, et combats contre un méchant sorcier.

Malheureusement le métrage aura tôt fait de se prendre les pieds dans le tapis et de se vautrer dans un salmigondi plutôt indigeste flirtant trop souvent avec le kitsch.

Le synopsis est plein de promesses qui ne seront malheureusement pas tenues et le métrage s’installera rapidement dans un ennui douillet. Passé un prologue plutôt étrange, le film nous fera suivre les aventures de Chow et sa copine dans une vision façon carte postale du Népal. Malheureusement la production aura tôt fait de rapatrier toute l’équipe à Hong Kong, délaissant les décors exotiques pour un cadre urbain plus classique. Le Sorcier du Népal devient alors un mix improbable de comédie et d’action fantastique aux relents romantiques adultères avec en toile de fond un duel entre bien et mal, “drivé” par un scénario qui prend l’eau de toute part.

Certes le dernier tiers du film tentera de relancer l’intérêt du public en lui offrant un peu d’action, des combats ainsi qu’une attaque de zombies (l’une des scènes les plus réussies du film). Hélas, il sera sans doute trop tard : l’amoncellement de scènes à la naïveté désarmante ou au ridicule achevé, le tout accompagné d’une bande son électro-pop Bontempi, ayant sans doute fait fuir la plupart des spectateurs.

À force de vouloir faire cohabiter les genres, le film échoue quasiment sur tous les plans : le coté aventure est évacué trop vite, le coté action est très peu présent et mal rythmé, le fantastique n’est qu’en filigrane et souvent absurde. Quant au romantisme… très étrange de vouloir nous présenter l’idylle entre Chow et Emily Chu sous un angle aussi poétique quand elle est placée sous le sceau de l’infidélité. Un cocufiage que le personnage de Kit Ying Lam oubliera d’ailleurs bien rapidement sans aucune logique.

C’est l’une des autres aberrations de ce métrage : la plupart des personnages sont écrit à la truelle, ils agissent de manière souvent irrationnelle et n’ont aucune consistance. Le rôle de Kit Ying Lam se résume à une femme potiche trompée, celui d’Emily Chu à une femme potiche amoureuse et celui de Chow à un ahuri, héros malgré lui. Le plus à plaindre est quand même Dick Wei qui incarne un personnage muet au look improbable faisant des cabrioles en rugissant comme une panthère avant de se battre armé d’un gros os …

Le Sorcier du Népal accumule les scènes surréalistes à la narration chaotique qui ne parviennent pas à se lier entre elles. En résulte un film qui flirte parfois de très très près avec le nanar.

Il faut quand même noter que la réalisation de Ching Siu-tung qui, si elle n’est jamais audacieuse, fait preuve de beaucoup de sérieux. Il est clair que le réalisateur n’a pas su transcender le matériau de base (si toutefois c’était possible) mais réussit tout de même à le mettre en images avec beaucoup de professionnalisme. Il donne à certaines scènes une ambiance travaillée avec une photo et des éclairages très bien choisis.
Une belle technique au service de vide n’est évidement pas suffisante pour sauver un métrage du naufrage. Le Sorcier du Népal est un film totalement foireux et creux, aux effets spéciaux datés qui ne dégage aucune réelle émotion. Une des oeuvres les plus faibles de la filmographie de son réalisateur, mais aussi de son acteur principal (si l’on excepte toutes les daubes que Chow a tourné aux USA).
À réserver aux complétistes du cinéma HK qui auraient déjà vu tous les classiques locaux, pour les autres vous pouvez clairement passer votre chemin.

– Anthony Rct –

Le Sorcier du Népal
Titre original: Qi Yuan
Aka: Witch from Nepal, The Affair from Nepal, The Nepal Affair
1985 – Hong Kong – 86mn
Réalisation: Ching Siu-tung
Genre(s): Action, Fantastique, Aventure
Acteur(s): Chow Yun-fat, Emily Chu, Yammie Lam

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