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Un site pornographique propose à ses visiteurs d’envoyer leurs candidatures pour avoir la chance de tourner une scène avec leur actrice x préférée. Dave, un jeune homme timide, est choisi pour être le “lucky bastard” qui pourra coucher avec la pornostar Ashley Saint dont il est fan. Mais lors du tournage, Ashley et l’équipe vont vite découvrir que Dave, sous son air introverti, cache une personnalité pour le moins instable.
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Lucky Bastard est la toute première réalisation de Robert Nathan, qui avant de passer derrière la caméra était connu comme écrivain et scénariste de séries TV (New York, Police judiciaire principalement, ainsi que plusieurs épisodes d’Urgences). Également coscénariste du film, Nathan signe  ici 
un thriller prenant la forme d’un found footage se déroulant dans le milieu de la pornographie.

Le monde du porno, peut-être à cause de son coté autarcique, a toujours intrigué les gens. Usine à fantasmes, du plus soft au plus malsain, cette “petite industrie” qui pèse plusieurs 10aine de milliards de dollars a toujours été source de spéculations, parfois des plus délirantes. Très vite le cinéma “traditionnel” s’y est intéressé et nombre de films prenant comme toile de fond cet univers virent le jour : Boogie Nights de Paul Thomas Anderson, Déjà Mort de Olivier Dahan, 8 Millimètres de Joel Schumacher, Lovelace de Rob Epstein & Jeffrey Friedman, Un couteau dans le cœur de Yann Gonzalez…

Un found footage se déroulant dans les coulisses d’un site web pornographique, avait tout du projet intriguant, du moins sur le papier. La réalité va malheureusement être tout autre…

Au rayon des bons points il faut reconnaitre que Lucky Bastard parvient à contourner le plus gros problème de plausibilité du found footage : le protagoniste qui filme sans trop savoir pourquoi et continue même quand sa vie est en danger. Ici, l’action se déroule pendant le tournage d’un épisode du site internet et d’un documentaire sur sa réalisation, justifiant la présence des cameras. La maison accueillant l’équipe étant elle aussi équipée d’une multitude de caméras de surveillance qui prendront souvent le relais, l’ensemble se montre crédible.

Malheureusement la multiplication des angles de vues casse trop souvent le rythme et devient très vite irritante. D’ailleurs, tout l’aspect technique du film est bâclé : la photo est trop numérique, terne et sans vie, et les éclairages en intérieur sont trop artificiels. Même si c’est souvent le cas, réaliser un film en found footage ne devrait pas servir d’excuse pour abandonner toute prétention esthétique, voire artistique. Robert Nathan à oublié qu’il tournait un film sur le monde du porno, et non qu’il tournait un porno, le spectateur est donc en droit d’avoir quelques exigences.
Je suis d’ailleurs mauvaise langue : nombres de porno sont infiniment mieux réalisés que ce film !

Tout dans ce Lucky Bastard respire le manque évident de créativité, voir le je-m’en-foutisme forcené.

A commencer par l’histoire même du film, prévisible et manquant cruellement d’envergure. Le scénario est d’une linéarité implacable qui ne sera jamais cassée par quelques rebondissements. Les 2 scénaristes, sans doute par souci de remplissage, se contenteront de noyer le poisson avec des scènes de sexe à rallonge et des lignes de dialogues bien peu intéressantes.

La caractérisation des personnages est lacunaire, leurs personnalités sont à peine esquissées. Ils agissent de manière trop souvent irrationnelle, et leurs décisions sont parfois confondantes de stupidité.

Le pire reste le personnage de Dave qui est un échec aussi bien dans son écriture que dans son comportement. Il est l’antagoniste sur qui l’histoire repose : le mec gentil, naïf et sensible, choisi par le site internet pour être le grand gagnant du jour, mais dont l’attitude au fur et à mesure nous fera comprendre qu’il est dangereux. Le problème est que son personnage n’aura aucun crescendo dans sa folie : dès sa première apparition on devine clairement la phrase “JE SUIS INSTABLE” inscrite en lettres de sang sur son front.
Malgré le malaise et les différents signaux d’alarmes, les différents protagonistes trouveront, de manière inexplicable, toujours une excuse à ses actions. Peut-être aurait-il fallu que Dave arrive au rendez-vous avec un couteau dans une main et le cadavre d’un chaton éventré dans l’autre pour qu’ils admettent l’évidence.

Devant un tel sommet d’incohérence, la plupart des spectateurs auront tôt fait de s’enfuir. Le dernier tiers du film se fera une joie d’achever les plus courageux d’entre eux grâce à une véritable compilation de scènes ridicules (le viol à coup de gode, la fuite d’Ashley), ou carrément surréaliste (le dialogue entre notre psychopate et l’acteur porno).
Non, vraiment, ce Lucky Bastard fait bien peine à voir. Jamais flippant, jamais subversif, alors que le sujet pouvait s’y prêter, un projet qui partait d’une bonne idée de départ pour aboutir à pas grand chose…
Un titre de plus à ajouter sur la liste des found footage ratés, une liste qui décidément n’a de cesse de s’allonger.

– Anthony Rct –

Lucky Bastard
2013 – USA – 93mn
Réalisation: Robert Nathan
Genre(s): Thriller, Found Footage
Acteur(s): Betsy Rue, Jay Paulson, Don McManus

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