Carrère, chef d’entreprise, est condamné à la prison suite à diverses malversations financières et se retrouve dans la même cellule que Marcus, Pâquerette, et Lassalle. Un jour, derrière une pierre dans un mur, il découvre un vieux livre rempli de formules de magie noire, écrit par un certain Danvers, tueur en série obsédé par la peur de vieillir. Carrère finit par en prononcer une, occasionnant des phénomènes étranges.

À l’orée des années 2000, Olivier Delbosc et Marc Missonnier, patrons de Fidélité Productions, enthousiasmés par le succès de Scream et de sa suite, se disent qu’il n’y a pas de raison qu’un slasher à la française ne puisse pas lui aussi fonctionner. Les 2 comparses confit à Lionel Delplanque un budget pour écrire et tourner Promenons-nous dans les bois. Le film sortira en juin 2000 et malgré des critiques catastrophiques il sera un succès. Delbosc et Missonnier décident alors de créer le label Bee Movies qui verra naître 5 films : Un Jeu d’enfants en 2001, Samouraïs et Bloody Mallory en 2002, et enfin Requiem et Maléfique en 2003. Le label s’éteindra après la sortie de ce dernier, le succès des débuts n’étant plus vraiment au rendez-vous. En 2003 donc, Fidélité Productions était à la recherche d’une nouvelle idée de long métrage et d’un candidat pour la réaliser. Ils trouveront l’idée grâce à François Cognard, co-fondateur du magazine Starfix, qui avait écrit un petit scénario nommé Exit. Pour la réalisation, ils proposeront le projet à Éric Valette qui développera l’idée d’Exit, avec l’aide des scénaristes Alexandre Charlot et Franck Magnier, pour accoucher du scénario de Maléfique.

Huis clos carcéral se déroulant presque exclusivement dans la même cellule avec les mêmes 4 protagonistes, Maléfique avait tout du scénario casse-gueule, mais en parfaite adéquation avec son budget limité : un seul décor, un nombre limité d’acteurs, voila qui est parfait pour tourner à l’économie. Éric Valette arrivera à éviter la plupart des écueils de ce type d’histoire grâce à une réalisation efficace, et à tirer partie de son décor exigu pour apporter à l’atmosphère de son film.

Le réalisateur va donc poser sa caméra dans cet espace confiné, presque coupé du monde, et prendre plaisir à observer les relations entre chacun de ses protagonistes. Des personnages qui auraient pu devenir facilement des stéréotypes sans le talent évident des acteurs.
À ce titre, il me semble juste de féliciter Clovis Cornillac (Marcus dans le film) qui livre une excellente prestation malgré un rôle qui avait le potentiel pour sombrer dans le ridicule. Le reste du casting est également très bon, que ce soit Gérald Laroche (Carrère) dans son rôle de chef d’entreprise véreux, ou Philippe Laudenbach (Lassalle), inquiétant, manipulateur, qui marque l’écran de sa présence avec pourtant très peu de lignes de dialogues. Seul Dimitri Rataud (Pâquerette) peine un peu à convaincre avec son personnage plus agaçant qu’intéressant, et dont la véritable fonction semble être de servir de vecteur comique.C’est peut-être l’un des problèmes de Maléfique de vouloir introduire de l’humour quand cela n’est pas utile, conduisant parfois à un contraste très net avec le côté sombre ou fantastique du film. Le parfait exemple de cette rupture est l’arrivée du personnage de Hippolyte Picus qui intervient après une scène qui se voulait tragique.

Ce personnage ressemble aussi à une tentative de grappiller quelques minutes de métrage. Il faut dire que le matériau de base pour ce film était un scénario de court-métrage, et à la vision du film, malgré toutes ses qualités, cela se sent. Oui les scénaristes et le réalisateur ont tenté de développer au mieux le pitch de Cognard, et y sont arrivés, mais l’ensemble ne fait pas toujours illusion. Beaucoup de scènes, de dialogues, de situations sentent le remplissage : quand il y’a de la matière pour 30 minutes, il n’y en a pas forcement pour 86. C’est d’autant plus dommage qu’expurgé de tous ses ajouts malvenus, ou inutiles, Maléfique aurait pu être un court métrage fabuleux.

Malgré ses maladresses, Maléfique reste une très bonne série B, plutôt maîtrisée, bien interprétée, pas prétentieuse, avec une histoire intéressante et des dialogues parfois très savoureux. On ne peut que saluer son travail, ce film faisant partie du club très fermé des réussites du cinéma de genre français.

– Anthony Rct –

Maléfique
Année: 2003 ¦ Pays: France ¦ Durée: 86mn
Réalisateur: Éric Valette
Genres: Fantastique, Horreur
Acteurs: Gérald Laroche, Philippe Laudenbach, Clovis Cornillac

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