• L’équipe
  • Liens
  • Contact

Virginie est enfermée dans le train-train d’une vie un peu morose, entre un boulot peu passionnant où elle subit les avances immondes de son patron, et un quotidien solitaire. Une nuit, un inconnu s’introduit chez elle et la viole. Cette agression va réveiller en elle un besoin de vengeance qui trouvera sa catharsis dans une frénésie meurtrière que subiront tous les hommes qui auront le malheur de croiser sa route.
__
Le rape and revenge est un genre qui a toujours fait polémique. Voyeuriste, putassier, malsain, faisant l’apologie du vigilantisme, voila des reproches qui lui collent à la peau. Il a, à travers les années et les différentes oeuvres le représentant, provoqué controverses et scandales.

Ces oeuvres ne sont pas à chercher du coté de la France, véritable parent pauvre du genre. Bien sûr, nous pourrions citer Le Vieux Fusil, film franco-allemand réalisé par Robert Enrico en

gourmands de peloches underground connaissent peut-être grâce à sa trilogie Vengeance Douloureuse, des films amateurs qu’il avait réalisés avec des potes pendant ses années collèges et lycées.

Souhaitant passer à la vitesse supérieure, Raphaël avait pour son nouveau projet l’ambition de livrer une oeuvre résolument plus aboutie : pari osé pour un film totalement indépendant, au budget microscopique et dans un pays comme la France qui n’est pas la terre promise pour le cinéma de genre… Mais pari totalement réussi !

En visionnant Morte à l’Avance on ne peut être qu’agréablement surpris par son aspect résolument professionnel. Nous sommes bien loin du petit film bricolé dans un coin de garage, qui a son charme, certes, mais aussi ses limites. Filmé en scope, avec une caméra RED, tout ce métrage respire le sérieux, et l’implication du réalisateur et de son équipe.

Une réussite sur un plan technique, mais aussi sur un plan artistique, et ce malgré les contraintes, nombreuses, de ce genre de production. 

Morte à l’avance c’est seulement 3200 € de budget, 90 heures de tournage étalées sur 1 semaine, et 4 longues années pour arriver à en voir le bout. Un marathon où l’indigence financière fut compensée par une énorme dose de motivation, de système D mais aussi de talent.

Également scénariste, Raphaël n’essaye pas de révolutionner le genre, il se concentre sur une histoire simple et efficace. Le rape and revenge n’est, de toute façon, pas connu pour la complexité de ses scénarios. Pourtant sous cette apparente simplicité, son film aborde des sujets que l’on ne voit finalement que très rarement au cinéma, comme par exemple le viol masculin.
Le film se déroulera en 3 actes, tous centrés sur Virginie : son quotidien solitaire, au prise avec un patron libidineux, coincée dans une vie finalement sans relief. L’enfer de son viol ensuite, violent, destructeur, et qui marquera le point de rupture qui la dirigera vers sa vengeance, ciblée, sans pitié, libératoire mais non libératrice. Quant au final, qui pouvait nous laisser espérer une sorte de délivrance apaisante des âmes en peine, il nous offrira au contraire une forme de rédemption bien sombre, violente et désespérée.

Morte à l’avance c’est aussi un duo de comédiens, Billel Sakhri et Gabrielle Gay, dont il faut retenir les prestations : lui dont émane une sorte de douceur, de paix, mais sachant faire preuve également d’une froide determination ; elle, parfaite dans le rôle de Virginie, tour à tour fragile et forte, victime et bourreau, jamais dans le trop ou le trop peu.
Gabrielle Gay compose un personnage meurtri, qui semble frêle mais pourtant implacable dans sa vengeance. 

Cette vendetta sera sanglante, faisant montre d’une belle générosité en gore au passage. Sans aller jusqu’a dresser une liste, le spectacle comportera du plantage de ciseaux dans la jugulaire ou dans l’oeil, une émasculation, un arrachage de téton avec les dents…
Les effets spéciaux, très réussis, sont souvent filmés en gros plan, et nous permettent d’encore mieux apprécier leur qualité. Là encore, compte tenu du budget, nous ne pouvons que saluer le travail des 2 artistes qui en sont à l’origine, David Scherer et Laurent Smiejczak.

Un spectacle que tout fan d’hémoglobine trouvera réjouissant et qui finira en apothéose dans une scène à la fois emprunte d’une beauté morbide et d’un érotisme carnassier.

Excellente surprise que ce Morte à l’avance dont les 49 minutes passent bien rapidement.
Un métrage qui prouve qu’avec finalement très peu, on peut tout de même parvenir à beaucoup quand on a l’envie de bien faire, l’ambition et la sincérité.

– Anthony Rct –

Morte à l’Avance
2020 – France – 49mn

Réalisation: Raphaël Desbordes
Genre(s): Horreur, Rape and Revenge, Drame, Court & Moyen Métrage

Acteur(s): Gabrielle Gay, Erik Chantry, Billel Sakhri

sed dictum Lorem efficitur. elementum ultricies