Suite à la mort tragique d’Abby, deux apprenties sorcières et son petit ami utilisent une très ancienne planche Ouija pour rentrer en contact avec elle. Au cours de la séance, la défunte leur indique un sort capable de la ramener à la vie. Mais une fois ressuscitée, Abby, plus puissante que jamais, n’est plus du tout la même.

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Sorti quelques mois après The Craft: Legacy, l’effroyable suite du The Craft (Dangereuse Alliance) d’Andrew Flemin, Ouija Craft est typiquement le genre de film à petit budget qui tente avant tout de surfer, de manière totalement opportuniste, sur le buzz ou le succès d’une autre production. Une méthode bien connue ne visant qu’une rentabilité rapide et qui, en règle générale, réserve aux spectateurs trop curieux des métrages à l’intérêt limité où la vacuité des scénarios n’a d’égal que l’amateurisme de leur réalisation.

Pourtant Aaron Mirtes, “l’homme orchestre” derrière ce Ouija Craft -en plus d’en être le réalisateur il officie également aux postes de scénariste, coproducteur, et monteur-, ferait presque figure d’exception en la matière par le soin qu’il apporte aux différents aspects techniques de son film. Le bonhomme rend un travail étonnement sérieux : sa réalisation est efficace, sa photographie réussie, et ses cadres sont plutôt pertinents. Il parvient même à composer quelques scènes dégageant une belle esthétique. Certes l’ensemble ne se montre guère audacieux visuellement, mais l’application qui s’en dégage est fort appréciable.

Malheureusement ces qualités ne sont pas suffisantes pour sauver Ouija Craft du naufrage.

Si Mirtes parvient à nous prouver qu’il n’est pas un technicien dépourvu de talent, il s’avère hélas être un bien piètre scénariste : passée une introduction qui nous plonge rapidement dans l’action, Ouija Craft nous déroule ensuite une histoire au fort relent de déjà-vu avec une constante absence d’ambition et de rebondissement. Difficile donc de s’intéresser à un scénario linéaire au possible qui aligne tous les lieux communs et autres poncifs du film de sorcières et dont on connaît déjà à l’avance tous les tenants et les aboutissants. Plus difficile encore lorsque même les membres du casting semblent manquer cruellement d’intérêt et de conviction pour leurs rôles. Même si la plupart d’entre eux n’en est pas à son coup d’essai devant la caméra, leurs interprétations ont un fort goût d’amateurisme qui plombent encore un peu plus le film qui n’avait définitivement pas besoin de cela.

Il est regrettable de voir Aaron Mirtes, qui semble être un bonhomme non dénué de savoir-faire, nous livrer un film aussi décevant et inintéressant. Certes le petit budget pourrait inciter à l’indulgence, et expliquer quelques unes des lacunes de son métrage, mais ne peut en aucun cas excuser ce scénario superficiel et sans originalité. Malgré un look réussi, la conclusion est sans appel : Ouija Craft est un film d’horreur bas de gamme et sans âme où l’ennuie prime.

– Anthony Rct –

Ouija Craft
2020 – USA – 80mn
Réalisation: Aaron Mirtes
Genre(s): Horreur, Sorcellerie
Acteur(s): Ivy Rhodes, Lacy Hartselle, Allison Shrum

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