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Julie, une fille solitaire, passe son samedi de repos à la maison. Sur son cahier, elle essaie d’écrire un scénario pour un film d’horreur mais elle est déconcentrée par les SMS d’un certain Henri. Elle l’aime bien, elle succombe à son charme et finit par l’inviter chez elle… Après tout, on a tous besoin de contact de temps en temps, non ?
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Play. Pause. Kill. est un court-métrage réalisé par David Teixeira, un jeune réalisateur originaire du Portugal où il a étudié le cinéma avant de s’installer en France afin de poursuivre sa carrière et ses tournages. En véritable touche-à-tout, il réalise alors des clips, des vidéos promotionnelles, des films de mariages, et des courts-métrages d’horreur, souvent expérimentaux. On sent chez lui une envie, voire un besoin de tourner constamment. Parmi ses oeuvres on peut citer le dyptique Orouboros et Mater, deux oeuvres baignant dans un univers torturé, mais aussi Girl’s Night 1 et 2, étant tous deux un mélange de slashers et de home invasion.
Beaucoup de ses courts-métrages sont disponibles sur sa page Viméo, ou sur sa page Youtube, n’hésitez pas à y faire un détour.

À la vision de Play. Pause. Kill. il y a de quoi être frappé par la technique quasiment parfaite de l’oeuvre. L’image et le son concourent à un rendu vraiment professionnel. Teixeira s’occupe également du mixage sonore et on sent qu’il devait être bon élève pendant ses études vu le résultat, là aussi, excellent.

L’ensemble baigne dans un univers très coloré, rendant hommage par touches aux années 80 et 90 mais aussi au film Jennifer’s Body ; des influences qui n’empêchent pas le réalisateur de raconter sa propre histoire tout en parvenant à avoir sa propre identité.
La bande originale, aux tendances éléctro, n’est pas sans nous rappeler celles de films comme The Neon Demon ou Bronson de Nicholas Winding Refn. 

Pendant ses 13 minutes Play. Pause. Kill. offre un spectacle sans temps mort à nos yeux et nos oreilles, le tout se montrant très fluide et bien géré. Le court métrage nous offre même, grâce à quelques effets spéciaux réussis, des images assez dérangeantes comme ce moment où le sang d’un membre sectionné coule et recouvre une poitrine généreuse.

Même le casting qui pouvait nous laisser craindre une prestation par trop amateur parvient à remplir sa mission de manière pertinente.

Techniquement, Play. Pause. Kill. s’en sort donc parfaitement. Qu’en est-il du métrage en lui-même ?

C’est toujours difficile de captiver son spectateur en si peu de temps, mais l’ensemble se suit avec un plaisir certain. David Teixeira réussit le tour de force de nous rendre la protagoniste principale attachante dès le début. Légèrement ronde, on sent en elle un brin de naïveté et de fragilité qui seront mis à rude épreuve par l’arrivée d’Henri, plus sûr de lui, plus entreprenant. C’est là qu’interviendra une inversion des rôles aussi surprenante que violente.
Le métrage s’achemine vers une révélation finale, qui comme souvent dans ce genre d’exercice, ne manquera pas de questionner le spectateur. Venons-nous d’assister à un fantasme issu d’un cerveau malade ? Est-ce une prévision des évènements à venir ? Un simple détour dans l’imagination de Julie ? Ce sera au spectateur de trancher, -si l’on peut s’exprimer ainsi.

Play. Pause. Kill. fait preuve d’une belle parure technique et artistique. Nous pouvons espérer que David Teixeira, réalisateur indéniablement appliqué, nous ayant suffisamment offert de preuves de son talent avec ses courts aura l’audace de nous offrir un long métrage. C’est alors seulement que l’on pourra savoir si nous sommes là en présence d’un futur prodige, ou seulement face à un étudiant assidu qui a bien retenu ses leçons.

– Patrick Lang –

Play. Pause. Kill.
2020 – France – 13mn

Réalisation: David Teixeira
Genre(s): Horreur, Court & Moyen Métrage
Acteur(s): Anasthasia Czajka, Lucas Dutilleul

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