• L’équipe
  • Liens
  • Contact

Plusieurs célébrités d’internet sont conviées à une “afterparty” dans une maison sur les hauteurs d’Hollywood. Dans la somptueuse demeure, les conversations et la rivalité vont bon train pendant que l’alcool coule à flots, quand un intrus vient gâcher la fête : un tueur masqué dont le seul but est de faire passer chaque invité de vie à trépas.
__
Depuis que Craven a dépoussiéré le slasher avec Scream dans le milieux des années 90, le genre connait un regain d’intérêt qui ne se dément pas.
Réalisé en 2019, Slasher Party est donc un énième représentant du genre où un tueur masqué va évidement zigouiller les invités d’une fête. Rien de plus classique, si ce n’est qu’ici les convives sont une bande d’influenceurs du net. Vous connaissez les influenceurs évidement : ces personnes dont le travail est de se mettre en scène sur internet et qui gagnent du pognon en expliquant aux autres comment le dépenser (bien sûr en achetant auprès de marques ou entreprises avec qui ils sont en partenariat).

Coscénarisé par Tony Villalobos et Simona Dimov, respectivement le réalisateur et l’une des actrices du film, Slasher Party est donc parfaitement dans l’air du temps en nous parlant réseaux sociaux, popularité sur internet, et gloire éphémère qui en découle. 

Au casting se trouvent d’ailleurs de “vraies” célébrités du net : le youtubeur et rappeur Timothy DeLaGhetto, le youtubeur et réalisateur/acteur pornographique Vitaly Zdorovetskiy, le youtubeur et chanteur Aryia, et plein d’acteurs et actrices plus connus pour leurs comptes Facebook ou Instagram que pour leurs filmographies respectives. Mais quel était le but en regroupant un tel casting ? Faire une mise en abîme ? Apporter un peu de crédibilité ou d’authenticité à son sujet ? Capitaliser sur les millions d’abonnés de chacun(e)s pour s’assurer un minimum de “buzz” et de succès ?

Il est d’ailleurs étonnant qu’ils aient acceptés de jouer, presque, leur propre rôle quand on voit la peinture peu flatteuse que les 2 scénaristes ont réservé à leurs personnages : ils sont tous présentés comme hypocrites, vénales, égocentriques, superficiels, prêts à tout pour un peu de lumière et de gloire. Une belle brochette de gens méprisants et méprisables. Mais quel est l’intérêt de faire un film sur des célébrités d’internet jouées par des célébrités d’internet quand on a l’air d’autant les détester ? Ce film sert-il d’exutoire pour Tony Villalobos et Simona Dimov afin de régler quelques comptes ou mettre en exergue la futilité des influenceurs, de leur travail et de leur mode de vie ?

Peut-être. Ce serait raccord avec le thème qu’aborde le film lors de son final : la célébrité n’est rien d’autre qu’un club exclusif, où une élite tient les rênes dans l’ombre et choisit qui est digne d’en devenir adhérant. Un final qui se voudrait intelligent et cynique, mais qui ne parvient qu’à être drôle. La faute aux scénaristes qui ont écrit leur métrage avec la finesse d’un Panzer, choisissant de délivrer leur message, pourtant intéressant, de manière totalement abrupte plutôt que de le laisser sous jacent.

Bon, même si ce n’est pas de la façon que les auteurs l’envisageaient, le final est tout de même fun, voir même surprenant. Le problème c’est qu’avant lui, il faut se “farder” les 70 premières minutes qui sont, elles, nettement moins agréables.

Comme souvent avec le slasher on pourrait résumer l’enchaînement des scènes à : des dialogues, un meurtre, des dialogues, un meurtre, etc. Le problème c’est qu’ici nous avons peu de meurtres et beaucoup trop de scènes de “bla-bla”. Entre 2 tueries, parfois réussies mais pas si graphiques que ça, il faut donc supporter une kyrielle de dialogues tout sauf interessants, déblatérés par des protagonistes qui sont de véritables têtes-à-claques. Autant dire que le spectateur va très rapidement regretter que le tueur ne soit pas plus productif.

Que dire ensuite des décors du film -ou plutôt du décor vu que quasiment tout le film se déroulera dans la maison- ? C’est une très jolie bâtisse, façon maison témoin pour nouveaux riches, où le réalisateur promènera sa caméra sans toutefois parvenir à tirer partie de l’endroit. Il ne donne même pas l’impression d’essayer, et c’est dommage car il y avait là matière à jouer sur le contraste entre la propreté clinique de la demeure et l’horreur des actes dont elle est l’hôte. Nous nous contenterons donc d’une visité guidée où chaque pièce est éclairée de manières très agressive dans différentes couleurs façon Suspiria du pauvre.

Slasher Party n’a donc pour lui que son final et un caméo de Danny Trejo. En effet notre américano-mexicain préféré (Machete, Une Nuit en Enfer, et tellement d’autres) a ici un rôle, malheureusement bien court mais qui nous prouve à quel point le bonhomme a le sens de l’autodérision.

Si l’on excepte ces 2 points, Slasher Party est on ne peut plus dispensable : manquant de rythme et de fun, avec une galerie de personnages pathétique… Bref, à moins d’être un grand fan de Trejo ou d’avoir fait le voeux de voir tous les slasher de la création, vous pouvez clairement passer votre chemin.

– Anthony Rct –

Slasher Party
Aka: After Party

2019 – USA – 80mn
Réalisation: Tony Villalobos
Genre(s): Horreur, Slasher
Acteur(s): Vitaly Zdorovetskiy, Timothy DeLaGhetto, Antonio Ramos

id dolor. nec libero quis ipsum justo lectus dictum risus nunc