À la veille du lancement de la nouvelle collection de vêtements de la marque CCC, tous les employés d’un magasin sont enfermés pour la nuit afin de préparer l’événement. Une paire de jeans possédée et assoiffée de sang va commencer à décimer le personnel. Libby, une jeune vendeuse fraîchement arrivée, va tenter d’arrêter le massacre.
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Si le cinéma horrifique nous a déjà offert quelques exemples improbables d’objets du quotidien devenant meurtriers -téléphone portable, voiture, perruque, sofa …-, Slaxx avait tout de même de quoi attiser la curiosité avec son histoire de jeans meurtriers. Réalisé et coscénarisé avec Patricia Gomez par la canadienne Elza Kephart, Slaxx se présente comme un mélange d’horreur et de comédie à tendance satirique, dénonçant les pratiques de l’industrie du vêtement et les travers de notre société de consommation.

En utilisant la marque fictive CCC -Canadian Cotton Clothiers-, Slaxx égratigne, avec un certain plaisir, l’image de certaines entreprises à la mode bien réelle (qui ne seront évidemment jamais cités mais que nous reconnaîtrons sans trop de difficulté) et nous montre l’envers du décor : des employés arrivistes, condescendants et superficiels, une société qui se targue d’être responsable, équitable et vertueuse, mais qui n’hésite pas à mentir à ses clients et à utiliser sans considération la main-d’œuvre des pays émergents pour maximiser ses profits, ou encore le corporatisme et le management déshumanisant que certains PDG font régner. Un monde de manipulations et de faux semblants où le contraste entre communication, apparence, et réalité est saisissant, et où même les influenceurs d’internet ne sont finalement qu’un simple rouage de cette machine à faire du cash.

Slaxx n’est pas la première oeuvre de cinéma horrifique à délivrer un message social, politique ou à mettre en exergue les dérives de notre société. Le problème ici n’est pas le fond du discours, tout à fait louable, mais bien sa forme : si les 2 scénaristes ne tombent jamais dans la moralisation indigeste, elles nous offrent une histoire dont le développement manque souvent de profondeur. Slaxx charrie des idées plus qu’il ne les exploite, ne faisant qu’effleurer du doigt certains thèmes pourtant intéressants. 

Il est évident que le film n’avait pas pour prétention d’être un pamphlet. Cependant un traitement un peu plus ambitieux, ou en tout cas moins simpliste, aurait tout de même pu amener le spectateur à une certaine réflexion.

Pour le reste nous sommes face à une oeuvre qui techniquement ne manque parfois pas de style ; Kephart compose avec un budget qu’on imagine assez restreint et un nombre limité de décors. Elle parvient à ne jamais se montrer répétitive et nous livre un métrage visuellement plutôt efficace. 

Malheureusement, malgré son savoir-faire, elle accouche d’un film bien tiède et échoue à nous offrir une comédie horrifique probante : parfois fun, mais jamais véritablement drôle, distillant de temps en temps d’une dose de violence bienvenue et quelques scènes efficaces, mais pas flippantes pour un sou. Pourtant avec un tel sujet on était en droit d’espérer bien plus sanglant et excessif que ce métrage bien trop sage et un peu cliché.

Un entre-deux permanent, soufflant le chaud et le froid, Slaxx pèche sans doute par un excès de retenue de ses génitrices. Kephart et Gomez tenaient là une idée, mais elles n’ont pas su en tirer parti et ont surtout oublié d’y ajouter une bonne dose de folie. Dommage, Slaxx avait clairement du potentiel pour être un chouette court-métrage, mais sur un long il s’essouffle vite et se montre au final décevant.

– Anthony Rct –

Slaxx
2020 – Canada – 73mn
Réalisation: Elza Kephart
Genre(s): Horreur, Comédie
Acteur(s): Romane Denis, Brett Donahue, Sehar Bhojani

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