• L’équipe
  • Liens
  • Contact

Au 22ème siècle l’orbite terrestre est saturée de débris en tout genre empêchant certains voyages spatiaux. Pour palier à ce problème l’équipage de la station sanitaire Regina 8518 tente jour après jour de nettoyer cette pollution spatiale. Lors d’une mission, ces éboueurs de l’espace vont malencontreusement introduire un dangereux canard en plastique jaune qui va semer la pagaille dans la station.
__
Space Milkshake, film canadien mélangeant comédie et science-fiction, est la première réalisation de Armen Evrensel où il officie également en tant que scénariste. Le métrage se veut d’abord un clin d’oeil à Alien avec l’introduction d’un “étranger” qui va terroriser les membres d’une station spatiale, mais au-delà du film de Ridley Scott, Armen Evrensel va aussi multiplier les hommages au monde de la SF, de l’animation, du bis et même de l’horreur, caressant au passage la fibre geek du spectateur.

Nous suivons donc les 4 membres de Regina 8518 : le capitaine Anton, un homme imbus de sa personne; Valentina, l’ex du capitaine qui souhaite obtenir une mutation au plus vite et au plus loin de la station; Tilda, la caution séduction du groupe; et Jimmy, un technicien fraîchement arrivé pour réparer l’ordinateur central. Tout ce petit monde va se retrouver confronter à un canard de bain qui fomente quelques plans diaboliques.

Le scénario, qui prête indéniablement à sourire, est au service d’un film qui va être une véritable compilation de référence à d’autres oeuvres : Alien donc, mais aussi Futurama, Dark Star de John Carpenter, la saga Star Wars, le manga Planetes, la série anglaise Red Dwarf ou encore Les Guerriers des étoiles de Stewart Raffill. Si des clins d’oeil sont souvent appréciés par le spectateur, dans Space Milkshake ils perdent totalement de leur subtilité et deviennent presque l’unique raison d’être du métrage.

Space Milkshake est-il un film sincère ou juste opportuniste ?
Difficile de trancher… Evrensel est sans doute bel et bien un amoureux du genre, fan de ciné et désireux de partager sa passion. Malheureusement, son film apparaît comme une liste de références ciné façon madeleine de Proust du geek derrière laquelle il se cache plutôt que tenter de toucher son spectateur avec un scénario réellement digne d’intérêt.

Chaque hommage, plutôt que de faire sourire, donne l’impression d’un coup de coude du réalisateur qui semble n’être là que pour cocher des cases dans le cahier des charges du film dédicace par excellence. Même le choix du casting a aussi une odeur de “fan service” puisqu’on y retrouve notamment un acteur du Seigneur des Anneaux (Billy Boyd), une actrice de Smallville (Kristin Kreuk), et les 2 principaux acteurs de la série Sanctuary (Amanda Tapping et Robin Dunne). La voix du canard est elle incarnée par George Takei, l’interprète du lieutenant Sulu dans Star Trek, série icône de la pop-culture.

Dans Space Milkshake, les acteurs s’en donnent à coeur joie dans un joyeux bordel bien foutraque, de quoi ravir les fans, mais on ne peut s’empêcher de remarquer qu’ils sont quelque peu en roue libre. Malheureusement, ils ne sont jamais mis en valeur, pris aux pièges d’archétypes de personnages déjà vus 100 fois. 

Du côté de la comédie, dont l’art est plus subtil qu’il n’y paraît, Space Milkshake ne parvient pas non plus à décoller franchement. L’humour, pour lequel Evrensel aurait dû savoir créer des situations propices et être fins dans ses dialogues ne fait ici pas souvent mouche, puisqu’il repose encore une fois trop souvent sur des références. Le réalisateur, qui pense visiblement que cela suffit à provoquer le rire de ses spectateurs, utilise à outrance le comique de répétition ou de situation d’une manière bien trop balisée et prévisible. Difficile de rire quand on voit arriver la chute de la blague avec ses gros sabots.

Malgré son formidable potentiel, Space Milkshake peine donc à transformer l’essai. En résulte un film manquant de caractère et d’inventivité, se permettant même quelques longueurs. 

Pour autant tout n’est pas à jeter : le casting s’amuse et est investi, particulièrement Billy Boyd qui assure le show. Il émane de ce métrage, avec son alien en caoutchouc et ses effets spéciaux (volontairement ?) ratés, un second degré bienvenu et même si nombreuses sont les blagues qui tombent à plat, l’ensemble parvient à nous arracher quelques rires.

Un résultat mi-figue mi-raisin donc : Space Milkshake laisse tout de même un sentiment de gâchis. Avec toutes les forces en présence il y avait matière à pondre infiniment plus irrévérencieux et drôle, mais Armen Evrensel, à trop se focaliser sur ses sources d’inspirations, est passé à coté de son sujet. Il parvient tout de même à nous livrer un film qui pourra nous distraire lors d’une soirée entre potes.
C’est peu, mais nous serons bien obligés de nous en contenter.

– Anthony Rct –

Space Milkshake
2012 – Canada – 87mn
Réalisation:
Armen Evrensel
Genre(s): Comédie, Science-fiction
Acteur(s): Billy Boyd, Amanda Tapping, Kristin Kreuk

ultricies felis at consectetur nec adipiscing id dictum Phasellus justo mi,