Anna, une jeune étudiante, est à la recherche d’un petit boulot car elle a besoin d’argent. Le patron d’un bar lui donne le prospectus du laboratoire Hallorann qui paie généreusement pour participer à un essai clinique dans leur complexe en pleine montagne. Elle rejoint le groupe de volontaires présent pour tester un nouveau médicament, le A9913, censé améliorer la mémoire de 300%. Suite a l’injection de la substance un certain nombre de participants commencent a avoir des visions de leur futur et de leurs propres morts qui vont s’avérer exactes. Un tueur qui semble nourrir quelques désirs de vengeance contre le laboratoire les a pris pour cible.

Le slasher est un genre cinématographique qui a connu ses lettres de noblesse dans les années 70 et 80 avant de tomber quelque peu en désuétude. Wes Craven en réalisant Scream en 1996 déclenchera une deuxième vague du slasher, un grand nombre de films seront alors produits, souvent moyens, très souvent exécrables. Aujourd’hui encore nos écrans de cinéma ou de télé voient arriver de nouveau slasher, ou néo-slasher, appliquant soigneusement la bonne vieille recette en essayant, parfois, d’apporter leur lot de nouveautés au genre.

Tell Me How I Die, réalisé (et co-écrit) en 2016 par D.J. Viola, est donc un métrage du plus dans ce genre passablement saturé. Avec son histoire flirtant avec le fantastique, son médicament permettant de voir le futur, et son tueur décimant du jeune enfermé dans un laboratoire isolé en pleine montagne, les ingrédients semblent intéressants mais le plat est il à la hauteur?Le métrage de Viola a plusieurs bons points pour lui, comme son cadre par exemple : la montagne, la neige, ce bâtiment coupé du monde. Malheureusement le réalisateur n’en tire jamais parti, l’action étant centrée dans le laboratoire. La neige n’est tout au plus qu’un élément du décor et le froid ne se fait tout simplement pas ressentir, ou si peu. Le cadre du film n’est pas sans rappeler le film de 2002 Compte à Rebours Mortel (D-Tox en VO) de Jim Gillespie, où Stallone et des flics toxicos affrontaient un tueur en pleine tempête de neige dans un whodunit du pauvre. Au jeu des comparaisons, force est de constater que Gillespie avait su mieux tirer parti de son environnement.

Pareil pour ce pouvoir de précognition, qui semblait une idée pour le moins original dans un slasher, mais dont le traitement a tendance à annihiler toute surprise. On pourrait appeler cela le syndrôme Destination Finale : les personnages vont avoir une vision de leurs morts et tout tenter pour modifier leurs funestes futurs. L’ensemble devient très vite excessivement répétitif, et surtout, comparé à la saga initiée par James Wong, jamais les morts -souvent hors champ ou peu graphiques- dans Tell Me How I Die ne sont “fun” ou ne dégagent la moindre tension. 

C’est là que Tell Me How I Die révèle sa véritable nature : un film calibré pour un public adolescent, où tout sera finalement bien lisse, propre et bien trop sage.Les personnages du film sont réduits à l’état de caricature et le casting fait son possible pour les faire exister. En tête d’affiche nous retrouvons Virginia Gardner, qui parvient à rendre son personnage de Anna convaincant. Le youtubeur à succès Ryan Higa hérite du rôle de comics relief, il s’en sort honnêtement, mais sa présence sur le projet tient plus à son nombre d’abonnés sur la plateforme vidéo de Google assurant aux producteurs un public conquis d’avance. Le reste du casting est composé de jeunes acteurs issus de la télé, ou ayant eu quelques seconds rôles au cinéma. A noter la présence William Mapother (la série LostAnother Earth et I Origins de Mike Cahill) et Mark Rolston (Aliens, Les Évadés, Robocop 2, et tant d’autres) dans des rôles secondaires. 

Tell Me How I Die n’est jamais à la hauteur du potentiel que l’on pouvait attendre d’un tel scénario. La faute à un développement narratif peu maitrisé, poussif, voir malhonnête et à une réalisation qui n’apporte aucune ampleur. L‘archétype du slasher qui se voudrait malin mais qui passe à coté de son sujet, offrant un résultat bien trop gentillet et jamais suffisamment viscéral pour contenter le spectateur s’étant déjà frotté aux classiques du genre. Un film qui démarrait bien, mais rate le virage en cours de route et s’encastre dans la platitude jusqu’à sa scène finale. 

– Anthony Rct –

Tell Me How I Die
Année: 2016 ¦ Pays: USA ¦ Durée: 107mn
Réalisateur: D.J. Viola
Genres: Horreur, Thriller, Slasher, Fantastique
Acteurs: Virginia Gardner, Nathan Kress, Ryan Higa

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