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Le shérif d’une petite localité de la côte ouest des Etats-Unis, aidé par un journaliste, enquête sur la mort d’un bébé et d’un pêcheur dont les cadavres, atrocement mutilés, ont été repêchés au large. Une créature gigantesque semblant être à l’origine des attaques qui se multiplient, ils font appel à un célèbre océanographe.
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En 1975, sort sur les écrans américains un film qui fera se précipiter les spectateurs du pays dans les salles de cinéma et fera déserter les plages du littoral, Les Dents de la Mer de Steven Spielberg. Jouissant d’un bouche-à-oreille extrêmement positif, le film engrange des millions de dollars tout au long de sa carrière nationale et internationale. De quoi donner des idées à des producteurs peu scrupuleux et/ou peu regardant sur la qualité du produit livré.

Ovidio Gabriele Assonitis est de ceux-là. Italo-grec d’origine égyptienne, il se lance dans la distribution de films, au milieu des années 60, principalement en Asie, avant de se tourner vers la production cinématographique à proprement parler. Sa carrière l’amènera à produire des films prenant comme base des sujets traités par d’autres avec le succès qu’on leur connaît. Ce manque flagrant d’originalité et de prise de risque dans ses productions ne l’empêcheront pas de connaître une certaine reconnaissance avec Beyond The Door, film de possession lorgnant sans vergogne sur Rosemary Baby et L’Exorciste. Reconnaissance qui l’amènera a devenir le numéro 2 de la Canon !

La réalisation est confiée à …. Ovidio Gabriele Assonitis ! Après tout, on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même ! Il signera néanmoins Oliver Hellman, nom nettement plus vendeur pour un film qui veut sa part du lion à l’international.

Mais dès le début, le projet prend l’eau. Dans l’idée, Tentacules devait être vu comme une parodie un brin ironique des films de requins, mais le scénario confié par Samuel Z. Arkoff, alors co-producteur, à Steven W. Carabastos change complètement d’axe et devient sous l’impulsion de ce dernier un film d’horreur sérieux, sans second degré. Première brouille entre le réalisateur et le co-producteur que ce dernier réglera à coups de dollars. Devant l’incapacité des techniciens à réaliser un requin réaliste, parce que oui, il devait y avoir un requin, il est décidé de changer de créature sous-marine et de proposer aux spectateurs une pieuvre géante meurtrière.

Le script est écrit, la pieuvre en caoutchouc confectionnée, en avant pour le chef d’œuvre !

Mais là encore, le sort s’acharne.

Désirant un maximum de stars hollywoodiennes comme cela se fait dans les années 70, Ovidio prend sa canne de pèlerin et part en Terre Sainte cinématographique débaucher d’anciennes gloires pas trop chères. Il y rencontre John Wayne qu’il veut pour incarner le rôle du journaliste. Mais ce dernier affaibli par son cancer n’est pas en capacité de tenir le rôle. Qu’à cela ne tienne, il engage Henry Fonda pour le rôle et Shelley Winters qui voit sa notoriété baisser à mesure que son IMC augmente. Bo Hopkins et Claude Akins viennent compléter le casting. Le tournage est sur le point de débuter quand Henry Fonda ne trouve rien de mieux que de faire une crise cardiaque obligeant Ovidio à lui confier un second rôle et engager une nouvelle star pour le remplacer. Ainsi, John Huston rejoint le navire qui prend l’eau de toute part.

Mais Ovidio tient bon et commence le tournage ! C’est qu’il est tenace le bougre et rien que pour ça, on lui doit le respect ! Car la boulette ultime arrive ! Au cours de prises de vue en haute mer, les techniciens réussissent l’exploit de perdre la pieuvre. Finie la scène où la pieuvre géante s’en prend au pont de San Francisco, adieu l’impressionnante scène d’attaque de la course à la voile ! A la place, nous avons droit à des plans d’un tentacule tout mou en plastique manié tant bien que mal, donc mal, par un homme, un casting en roue libre où Henry Fonda convalescent n’est plus que l’ombre de lui-même, où John Huston cabotine comme jamais et où Shelley Winters passe l’intégralité du métrage à se baffrer de glaces en promenant deux marmots !

La réalisation d’Assonitis viendra clore ce naufrage. D’une platitude navrante, les scènes “d’action” en deviennent pénibles à regarder. A aucun moment, il ne parvient à susciter l’effroi ou le moindre début d’embryon de suspense. Les deux grandes scènes essentielles à ce genre de film, l’attaque au milieu d’une foule et la scène finale, sont un ratage complet frisant avec le ridicule (en fait, elles font plus que friser le ridicule !). Et je ne parle même pas des scènes de transition qui n’apportent rien à l’histoire et semblent exister que dans le seul but d’atteindre l’heure et demie de film. La seule scène réussit du film, et qui m’a arraché un sourire de soulagement, est celle où l’on voit les deux océanographes se jeter dans les bras l’un de l’autre, heureux que l’aventure soit terminée : une des plus belles mises en abîme du cinéma.

American Cinema –

Tentacules
Titre original: Tentacoli
Aka: Tentacles
1977 – USA, Italie – 82mn
Réalisation: Ovidio G. Assonitis
Genre(s): Horreur, Animaux & Insectes
Acteur(s): John Huston, Henry Fonda, Shelley Winters

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