Zach et Samantha, fraîchement mariés, vont passer leur lune de miel en République dominicaine. Un soir, ils se perdent dans les rues de Saint-Domingue et rencontrent un chauffeur de taxi qui les emmène dans une boîte de nuit où l’alcool coule à flot. Ils se réveillent le lendemain matin dans leur chambre d’hôtel sans aucun souvenir de la soirée. De retour aux États-Unis Samantha découvre qu’elle est enceinte, mais des évènements de plus en plus inquiétants vont survenir en lien avec sa grossesse.

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Si la période faste du found footage semble désormais derrière nous (heureusement, diront certains), la décennie 2005-2015 fut véritablement l’âge d’or du genre. Peu cher à produire et souvent extrêmement rentable, le found footage fit le bonheur de nombre de producteurs et réalisateurs opportunistes. Une profusion de l’offre se faisant, comme souvent, au détriment de la qualité qui finit par provoquer la lassitude d’un public gavé à outrance de ces oeuvres trop souvent répétitives et manquant cruellement d’imagination.

Sorti en 2014, The Baby et sa femme enceinte du rejeton du diable ne fait malheureusement pas exception. Le film connut pourtant un joli succès lors de son premier week-end d’exploitation, affichant plus de 8 millions de dollars de recette. Il faut dire que la 20th Century Fox avait prévu un marketing plutôt malin : en plus d’une campagne publicitaire agressive, l’équipe de production avait eu l’idée d’une caméra cachée avec un bébé démoniaque dans une poussette télécommandée terrorisant les passants dans les rues de New York. Cette vidéo diffusée sur les réseaux sociaux devint rapidement virale, assurant une belle promotion au métrage.

Mais les premiers retours négatifs des spectateurs et des journalistes eurent tôt fait de casser la belle ambiance et de faire chuter la fréquentation en salle. The Baby engrangera un peu moins de 16 millions de dollars sur le sol américain, et cumulera presque 37 millions au niveau mondial : bien loin des résultats espérés.

The Baby mérite-t’il sa réputation peu flatteuse ? 

Il faut bien admettre que le scénario de Lindsay Devlin se contente trop souvent de n’être qu’une relecture oscillant entre hommage maladroit et plagiat éhonté du Rosemary’s Baby de Roman Polanski. Mais au-delà de ce manque d’originalité scénaristique c’est l’empilement de clichés et d’incohérences conjugué à une absence évidente d’audace qui vient définitivement plomber le métrage.
Si The Baby ne parvient pas à se démarquer de 90% des found footage c’est bien parce qu’il reproduit, sans vergogne, tous les codes, schémas et méthodes du genre tels les sempiternelles scènes en vision nocturne, le protagoniste qui continue à filmer même quand la décence élémentaire lui commanderait d’éteindre sa caméra -ou l’instinct de survie primaire de la jeter et de prendre la fuite-, l’utilisation massive de jump scares …

The Baby s’avère bien peu ambitieux, donc, et cède trop volontiers à la facilité. 

Difficile de ne pas être a minima irrité par tous les poncifs que le film collectionne : l’héroïne orpheline qui ne sait rien de ses origines, la diseuse de bonne aventure la prévenant du danger, la médecin sympa qui disparaît et est remplacé par un confrère étrangement louche, la secte satanique qui surveille le couple, l’amoncellement de preuves en vidéo qui ne seront jamais visionnées et/ou utilisées, etc.
Le métrage se contente d’être extrêmement linéaire et totalement prévisible, ne tentant à aucun moment de jouer sur le coté paranoïaque de son sujet. Il parvient même à annihiler tout suspense dès son introduction en nous présentant un interrogatoire de police qui laisse facilement imaginer comment tout cette histoire va se conclure.

Tout de même, Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett, les réalisateurs, parviennent à composer quelques scènes d’une rare efficacité et un dernier tiers plutôt riche en tension. Malheureusement tout cela n’est pas suffisant pour enlever le sentiment de réchauffé que nous impose leur métrage. C’est d’autant plus regrettable que Zach Gilford et Allison Miller font preuve d’un réel sérieux dans leur interprétation et ce malgré la vacuité de leurs rôles.

De l’horreur calibrée, bas de gamme, qui avait pourtant du potentiel. Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett, qui signaient avec The Baby leur premier long-métrage, nous avaient habitués à mieux à travers leurs segments dans les anthologies VHS et Southbound.

– Anthony Rct –

The Baby
Titre original: Devil’s Due
2014 – USA – 89mn
Réalisation: Matt Bettinelli-Olpin, Tyler Gillett
Genre(s): Horreur, Found Footage
Acteur(s): Zach Gilford, Allison Miller, Stacie Davis

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