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Alors que la nuit tombe au milieu d’une foret, un groupe d’individus masqués poursuit un homme qui, terrorisé, s’est réfugié au sommet d’un arbre. Après avoir réussi à le faire chuter, le groupe commence son lynchage.
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Sept ans se sont écoulés sans que nous n’ayons de nouvelles de Jonathan Glazer. Sept années d’attente depuis Under The Skin, un film qui avait lors de sa sortie beaucoup divisé la critique. Ce fut un chef d’oeuvre d’arrogance hermétique insupportable pour certains, un métrage remarquable et vraie réussite technique pour d’autres. Lors de sa découverte en salle, votre serviteur ne vous cache pas qu’il penchait du côté des conquis.
Fascinant, intriguant, Under The Skin fut pour moi un véritable coup de coeur. Un film complexe, beau, profond, naviguant entre l’horreur et l’expérimental, qui offrait à Scarlett Johansson l’un de ses plus beaux rôles, loin des “Marveleries” dans lesquelles elle se compromet trop souvent ces dernières années.

Glazer revient donc avec The Fall, un court-métrage cauchemardesque. Si nous aurions préféré voir ce réalisateur rompre son silence avec un long-métrage, il parvient tout de même en seulement 7 minutes, à  offrir et à dire davantage que d’autres avec des oeuvres bien plus longues.

Également scénariste, Glazer nous livre un court-métrage sombre, à l’ambiance pesante, inquiétante et mortifère. Selon son propre aveu, The Fall décrit comment la peur omniprésente dans notre société peut pousser des individus à un comportement des plus irrationnels et des plus violents, et qui en devenant foule vengeresse, abdiquent toute responsabilité personnelle. Glazer parvient en quelques minutes à dénoncer ce travers de l’Homme, qui sous le vernis de la bien pensance collective, peut facilement se défaire de son masque civilisé pour retomber dans la barbarie d’un lynchage social, médiatique, parfois même physique. Une vision des choses funeste, mais finalement très juste, quand nous ouvrons un peu les yeux sur notre monde et ses dérives.

Une chose est sûre à la vision de The Fall, Jonathan Glazer n’a pas perdu de sa superbe du point de vue technique et artistique : son court est une vraie réussite, imprégnant durablement la rétine de ses spectateurs de visions et d’images à la beauté sinistre.

Sans qu’aucun dialogue ne soit prononcé, et malgré des ellipses inhérentes à sa courte durée, la narration est claire et compréhensible. La réalisation est fluide et les cadres parfois somptueux. Tout le court baigne entre mystère et brutalité, habillé pertinemment par la musique de Mica Levi.
Cette compositrice, déjà responsable de la bande originale de Under The Skin, signe donc une nouvelle collaboration avec Glazer. Excellent choix tant elle parvient a composer des morceaux en totale adéquation avec l’univers du réalisateur. Ses compositions ajoutent encore à l’effrayante étrangeté des scènes dont nous sommes le témoin.

Tour à tour déconcertante, engagée et forte, The Fall est l’oeuvre d’un réalisateur porteur d’une vraie réflexion du média cinématographique, et de son utilisation pour transmettre des émotions et des messages. Beau, intense et intelligent, The Fall nous rappelle, s’il en était encore besoin, que Jonathan Glazer est un artiste à suivre de près. Un artiste qui se fait malheureusement bien trop rare.

– Anthony Rct –

The Fall
2019 – Royaume-Uni – 7mn
Réalisation: Jonathan Glazer
Genre(s): Horreur, Court & Moyen Métrage
Acteur(s): Susanne Brown, Lee Byford, Christopher Jupp

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