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En 2030, le réchauffement climatique et une guerre civile ont ravagé les États-Unis. Pour tenter de stopper la récession économique, une agence gouvernementale a été créée : le bureau de l’humanité. Ses agents sont chargés de statuer sur le sort des citoyens. Ceux qui sont jugés insuffisamment productifs sont alors envoyés dans une colonie nommée le Nouvel Eden.
Un de ces agents, Noah Kross, se voit confier une affaire concernant une mère et son fils. Mais en découvrant le secret que cache le bureau, il décide de prendre tous les risques pour les sauver.
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Il y a bien longtemps que la carrière de Nicolas Cage ne fait plus rêver grand monde. Acteur oscarisé, son nom suffisait à une époque à faire monter un projet, et il avait la reconnaissance de beaucoup de membres de la profession et du public.
Mais dans la deuxième moitié des années 2000, les échecs ont commencé à s’accumuler, et l’image de l’acteur n’a eu de cesse de se ternir.
Le problème de Cage c’est “le syndrome John Hammond” : il a dépensé sans compter pour ses achats de maisons, de voitures, de crânes humains, couteaux, comics, tableaux…
Mais quand l’argent est plus vite dépensé que gagné, et que vous ne voulez/pouvez pas restreindre votre train de vie, que reste t’il comme solution ? Multiplier les films, donc être de moins en moins regardant sur les rôles. C’est pour cela que Nicolas Cage enchaine, depuis quelques années, les DTV avec la régularité d’un coucou suisse. Des films pour la plupart très moyens, voir abominables, avec quelques fulgurances (Joe de David Gordon Green, Mandy de Panos Cosmatos) qui nous rappelle que quand Cage est motivé il peut composer des personnages absolument géniaux : “borderline”, cabotin, tragique, taré. Et si, à l’instar d’un Jean-Claude Van Damme ou d’un Seagal, les internautes ne ratent jamais une occasion de se moquer de lui, votre serviteur admet volontiers être un grand fan de cet acteur qui gâche trop souvent son talent.

Malheureusement ce n’est pas le film qui nous intéresse aujourd’hui qui va relancer sa carrière.
Énième DTV mélangeant action et science-fiction, ce The Humanity Bureau est un film pour le moins navrant.
Réalisé par Rob W. King, ce métrage voudrait se la jouer road movie post-apocalyptique mais il échoue systématiquement. La faute à un manque évident de savoir faire et d’ambition.

The Humanity Bureau n’arrive à aucun moment à rendre vraisemblable son univers : la guerre civile ayant ravagé le pays ? Aucune trace. Le réchauffement climatique et les catastrophes naturelles ? On nous en parle mais on en voit quasi jamais les conséquences. Nous devons donc croire à cette histoire en voyant Cage visiter des fermes et des hôtels cradingues ou déambuler mollement au volant de sa Chevrolet sur des routes arides et désertiques, des routes comme il en existe plein en Amérique.

Nous suivons donc Noah Kross (Nicolas Cage), dans ses tournées d’agent du bureau de l’humanité (un air de conseiller Pôle Emploi avec des méthodes plus expéditives), et comme on pouvait s’y attendre, la rencontre avec une femme et son fils (Sarah Lind et Jakob Davies) vont le faire douter de son job, surtout quand il découvre que la colonie du Nouvel Eden n’est pas le Club Med vantée par la brochure. Devenu un renégat, le bureau enverra un de ses anciens amis (Hugh Dillon) lui faire la chasse.
The Humanity Bureau c’est un soupçon de Soleil Vert, une pincée de Blade Runner dans une histoire utilisant des préoccupations et des sujets actuels de notre société. Ajoutez quelques rebondissements invraisemblables, des flashbacks de l’enfance du héros, un méchant très très méchant avec un bandeau de pirate, et c’est dans la boîte.
Il est clair que Dave Schultz, le scénariste, ne s’est pas trop creusé la tête, et même sur les aspects les plus intéressants il n’est resté qu’en surface.

Il en va de même pour l’écriture de ses personnages. Le casting traverse le film de manière totalement transparente, la plupart des seconds rôles n’étant pas caractérisés, leurs seules raisons d’être n’est que leur utilité dans l’histoire. Le plus douloureux reste la performance de Nicolas Cage, fatigué, l’air absent, oscillant entre apathie et résignation. Son regard semble nous crier par moment “au secours, sortez-moi de ce film !”. On aimerait Nic, crois-moi, mais t’as signé !
Finalement le seul qui tire un tant soit peu son épingle du jeu est Hugh Dillon qui, malgré un rôle manquant cruellement de finesse, a l’air d’être le seul à s’amuser un minimum dans cette production.

Effectivement la plupart des acteurs a l’air de s’ennuyer ferme, mais il en sera de même pour les spectateurs qui tenteront l’expérience. Avec son univers peu crédible, ses effets spéciaux parfois très limites, son histoire peu intéressante, The Humanity Bureau manque également trop souvent de vie et d’énergie.

D’accord Rob King ne disposait que de 6 millions de dollars pour son projet, c’est peu, mais cela n’excuse pas tout : avec beaucoup moins d’argent George Miller avait réussi en 1979 à rendre crédible et passionnant son Mad Max.
La différence ? Le talent sans doute, la motivation aussi et l’envie de raconter quelque chose certainement.
A l’inverse, The Humanity Bureau a tout du petit projet bâclé à la va-vite dont le seul but est la rentabilité rapide en capitalisant sur le restant de gloire de son acteur principal.
But d’ailleurs atteint, The Humanity Bureau ayant rapporté un peu plus de 56 millions de dollars.
Reste que ce film est tout juste suffisant pour occuper un dimanche après-midi pluvieux.

– Anthony Rct –

The Humanity Bureau
2017 – Canada, USA – 90mn
Réalisation: Rob W. King
Genre(s): Science-fiction, Action
Acteur(s): Nicolas Cage, Sarah Lind, Hugh Dillon

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