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Fujiwara a tout de l’élève modèle, doué en classe, respecté de ses professeurs, il sait se battre et a du succès avec les filles. Un jour, alors qu’il rentre chez lui, il est attaqué par un groupe d’élèves qu’il ne connaît pas. Il parvient à s’échapper et découvre qu’un jeu implique toutes les écoles de Tokyo. Les règles sont simples : traquer les étudiants en utilisant une application GPS et voler leur téléphone, en usant de violence si nécessaire, afin de gagner des points. Les perdants voient leurs pires secrets dévoilés publiquement.
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Tokyo Gore School
, voilà un nom qui pourrait laisser espérer à un ersatz du film de Yoshihiro Nishimura, Tokyo Gore Police mais il n’en est rien. De commun, les deux films n’ont qu’un patronyme relativement proche, Tokyo Gore School lorgne plus du coté d’un Battle Royale soft à la sauce 2.0.

Sorti en 2000, Battle Royale, nous raconte comment une société nippone, inapte à gérer et à comprendre sa jeunesse, en arrive à kidnapper des élèves pour les forcer à participer à un jeu où ils doivent s’entretuer.
Sorti en 2009, Tokyo Gore School, nous présente un monde de l’école gangrené par des problèmes de harcèlement et de violence. La création d’un site internet underground où les secrets les plus sensibles sont stockés, va obliger les élèves à s’affronter dans un jeu pour gagner suffisamment de points pour que leurs données soient effacées.

Si la forme des deux films semble proche, le fond est totalement different.
Battle Royale était un moyen pour son réalisateur Kinji Fukasaku de faire une critique de la société, de ses dérives, de l’absentéisme parental, et de dresser un portrait d’une génération en manque d’idéal.
Pour Tokyo Gore School, le réalisateur et scénariste Yohei Fukuda n’a pas tant de revendications, ou il  les a laissées au stade de velléité. Il livre ici un film calibré pour un public dans la même tranche d’âge que son casting. Il laisse en filigrane une critique du monde de l’école, de son laxisme et des dérives de la jeunesse. Le but de Fukuda n’était donc pas de faire un pamphlet, mais un divertissement avec un (petit) supplément d’âme.

L’histoire se laisse suivre sans déplaisir, nous réservant même quelques jolis retournements de situation. Fujiwara, le personnage principal, est faux, immoral, manipulateur, et ne sait qu’utiliser les autres pour ses propres intérêts. Sous ses airs charmeurs, il est profondément pitoyable, et surtout prêt à tout pour que son secret ne soit pas révélé. En faire le héros est un choix osé mais finalement intéressant. Et une fois le film terminé, ce choix semble même logique.

Si le personnage de Fujiwara est suffisamment étoffé et bien écrit, il n’en est pas de même pour les autres protagonistes dont on ne connaitra, tout au plus, que les motivations.
Yusuke Yamada, qui incarne Fujiwara, nous livre une prestation convaincante mais le reste du casting est fade, transparent et parfois à la limite de l’amateurisme.

Le film souffre  d’un vrai problème de rythme, tournant parfois à vide lors de ses scènes de dialogues. Il aurait gagné en efficacité à être amputé d’une bonne vingtaine de minutes.
Fukuda, peut-être conscient de ce problème, a eu la bonne idée de truffer son film de scènes de combats et de courses-poursuites. Malheureusement elles finissent toutes par se ressembler et en deviennent répétitives, et leurs cotés yamakasi les rend même caricaturales. Elles ne sont surtout jamais mises en valeur par la réalisation.

Et c’est bien là le gros point négatif du film.
En effet, la réalisation sur un plan purement technique est un ratage. La photo est terne, le rendu fait beaucoup trop vidéo et donne à l’ensemble une esthétique plus proche d’un drama que d’un film. La plupart des scènes sont shootées en caméra à l’épaule, usant et abusant du zoom, et rendant certaines scènes illisibles.

Au final Tokyo Gore School est un film bien inoffensif, jamais viscéral, souvent plat, parfois brutal mais pas violent. Mais surtout, et contrairement à l’illustre ainé dont il s’inspire, jamais subversif.

– Anthony Rct –

Tokyo gore school
Titre original: Gakkô ura saito
2009 – Japon – 104mn 

Réalisation: Yohei Fukuda 
Genre(s): Horreur, Action
Acteur(s): Yusuke Yamada, Spion Machida, Kôhei Kuroda

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