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Walid, un jeune vidéo-blogger, retourne en Égypte rendre visite à sa famille qu’il n’a pas vue depuis de nombreuses années. Mais les retrouvailles prendront très vite un tour inquiétant, et le comportement de sa petite soeur, Warda, va lui devenir de plus en plus étrange. Elle ne semble plus elle-même…
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Que l’on aime ou pas le film Paranormal Activity il faut reconnaitre que son réalisateur, Oren Peli, a réussi un magnifique coup de poker : pour un budget estimé à environ $15 000 (hors marketing), le film a rapporté plus de 193 millions de dollars de recette. Il était évident qu’après une telle réussite nombreux seraient les prétendants à vouloir reproduire ce véritable carton.
Mais dans cette course au jackpot il y a les prétendants, rares, qui tentent d’innover, et ceux, majoritaires, qui copient. Ce n’est pas pour rien que depuis plus de 10 ans nous nous “tapons” des found footage qui ne sont grosso modo que des ersatz du film de Peli. Les méthodes sont donc toujours plus ou moins les mêmes, pour un résultat, lui aussi, souvent identique : des films calibrés, finissant par tous se ressembler, tentant juste de renouveler le succès de leurs prédécesseurs.

Warda, réalisé en 2014 par Hadi El Bagoury, est donc un autre représentant de la galaxie found footage qui nous arrive d’Égypte. Le film reprend consciencieusement tous les codes du genre et s’inspire tellement (lui aussi) de Paranormal Activity qu’il finit, hélas, par en être sa copie carbone.
Un décalque aussi bien dans sa narration, ses enjeux, son histoire, et ses effets, Hadi El Bagoury poussant même le bouchon jusqu’à terminer son métrage en faisant un copier/coller de l’une des fins de Paranormal Activity (qui en possède 4 différentes). Autant dire que le spectateur s’étant frotté au film de Peli risque d’avoir comme un sentiment de déjà-vu devant celui d’El Bagoury.

Même l’Égypte, cadre du film qui laissait espérer une petite touche d’exotisme ou de dépaysement, n’est jamais utilisée : 98% de l’action se déroule dans un seul et unique lieu, la maison de la famille de Walid. Mis à part quelques plans dans les ruelles d’une quelconque bourgade locale, Warda aurait pu tout aussi bien être tournée ailleurs que ça ne changerait rien.

Nous voila donc repartis pour une énième histoire de possession, dans une énième maison truffée de caméras, où un énième protagoniste-crétin semble plus soucieux de tout filmer que de sauver sa propre vie et celles de ses proches. Warda multiplie les ellipses, lance quelques pistes qui ne seront jamais exploitées ou expliquées, et donne trop souvent l’impression de n’être qu’un remake qui ne s’assume pas, n’apportant rien de neuf au passage.

Certes le métrage a le mérite d’être court (73 minutes générique inclus), mais il ne s’y passe pas grand chose et surtout, il ne parvient pas à nous faire peur. La plupart de ses effets de flippe sont tirés du film dont il s’inspire : nous avons droit au personnage possédé qui, somnambule, marche à travers la maison, reste immobile de longues minutes et qui regarde de façon mauvaise en direction d’une caméra. Vu, vu et revu…
Pour le reste ? Un coran qui disparait, un verre d’eau qui vibre, une gamine qui saigne du nez… pas vraiment de quoi terroriser ne serait-ce que les spectateurs les plus sensibles.

Dommage que le scénariste et le réalisateur n’aient pas su se départir de leur source d’inspiration, nous sommes là face à une oeuvre manquant cruellement d’originalité et surtout de caractère. Pourtant, on aimerait être indulgent avec Warda, après tout, ce n’est pas tous les jours que l’Égypte nous offre ce type de métrage, mais la supercherie est un peu trop visible.
C’est d’autant plus rageant que les membres du casting, eux, ont l’air d’y croire. Les interprétations sont bonnes et les personnages, malgré un manque évident de développement, arrivent à être touchants (mention spéciale à Abeer Mansour, qui joue la mère de Walid, et qui est très attachante dans son rôle).

Ni raté ni réussi, Warda se contente de n’être qu’un found footage de plus à ajouter sur la liste d’un genre où décidément, l’imitation est un véritable sacerdoce, et l’audace une gageure. Peut être que les fans de Paranormal Activity, vu le niveau de redite, y trouveront leur bonheur, mais pour les autres…

– Anthony Rct –

Warda
2014 – Égypte – 73mn
Réalisation:
Hadi El Bagoury
Genre(s): Horreur, Found Footage
Acteur(s): Farouk Hashem, Nada Al Alfi, Samira Magroun

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