En 1944, durant la Seconde Guerre mondiale, Adolf Hitler demande au Dr Joseph Mengele de créer une nouvelle race de soldats à même d’offrir la victoire à l’Allemagne. Au camp de concentration qu’il dirige avec sa femme, Ilsa Koch, il mène des expériences avec une formule volée au Dr Hammerstein. Il décide, par vengeance, de l’injecter à un officier SS qui a une liaison avec sa compagne, et le transforme en loup-garou. C’était sans compter sur un groupe de soldats américains rebelles, mené par le tueur de nazis “Mad Dog” Murphy, bien décidé à contrecarrer les plans du Troisième Reich.

___
Quand Rob Zombie réalisa en 2007 la fausse bande-annonce de Werewolf Women of the SS pour l’entracte du diptyque Grindhouse de Robert Rodriguez & Quentin Tarantino, nombreux furent les amateurs de séries B horrifiques un peu déjantées à être déçus que ce projet ne voit jamais le jour. 
Pourrions-nous là retrouver un peu d’espoir, près d’une décennie plus tard, avec le projet de Andrew Jones ?

Il est certain qu’avec un titre comme Werewolves of the Third Reich et un tel scénario, il y avait de quoi avoir quelques attentes. Cela dit, les attentes restaient limitées, pour qui connait la carrière du bonhomme derriere ce film : Andrew Jones, qui comptabilise jusque là 28 films en 15 ans de carrière, est en effet un véritable forçat du DTV sans le sou, tourné à la chaine, qui pompe sans vergogne les idées d’autres productions.

D’ailleurs, niveau recyclage, Werewolves of the Third Reich se pose bien là : utilisation de personnages historiques (Mengele, Hitler, Ilsa Koch) ; “emprunts” à une multitude de films d’exploitation – particulièrement à Inglourious Basterds de Tarantino, ou à la saga de nazisploitation Ilsa- ; cliché du savant fou, etc. Le film papillonne à droite et à gauche, sans cependant jamais parvenir à transcender ses sources d’inspiration.

Tout cela ne serait rien si Jones parvenait à nous offrir un film fun et rempli de loups-garous nazis sanguinaires. Hélas, même là, Werewolves of the Third Reich se révèle être extrêmement décevant, pour ne pas dire une pure arnaque. Il faudra attendre la 65ème minute pour voir apparaître les créatures du titre -qui seront au nombre de 2-, avec un temps de présence à l’écran inférieur à 5 minutes puisqu’elles se feront buter le plus facilement du monde par de simples balles de revolver.

Les 94 minutes de Werewolves of the Third Reich, c’est donc quasiment pas de loup-garou, jamais de frisson, très peu d’action, et des longs tunnels de dialogues… Rien que la scene d’introduction donne le La de tout le reste du métrage : beaucoup de bla-bla qui voudrait se donner un air “second degré cool” qui tombe systématiquement à plat.

Pour le reste ? Scénario linéaire et sans saveur, rythme lénifiant, effets spéciaux et maquillages ratés ; même le casting d’acteurs se montre transparent, quand ils ne cabotinent pas comme de gros cochons (mention spéciale à Gareth Lawrence dans son rôle de méchant officier SS). Seul Lee Bane a l’air de prendre son travail un peu plus au sérieux que le reste de la troupe, semblant même prendre un plaisir non dissimulé avec son personnage de dur à cuire fort en gueule.

La réalisation de Andrew Jones est à l’avenant du reste de son métrage : fonctionnelle et sans relief, Jones se contente de mettre en boite son film sans la moindre prétention artistique, achevant ainsi de lui donner une patine de production fauchée.

Il faut avoir une bonne dose de courage pour venir à bout de Werewolves of the Third Reich, un film qui semblait pourtant plein de promesses, mais qui peine à seulement divertir son public. Même en tenant compte du faible budget dont Jones disposait, cela n’excuse en rien le total manque d’ambition dont il a fait preuve.

– Anthony Rct –

Werewolves of the Third Reich
2017 – Royaume-Uni – 94mn
Réalisation: Andrew Jones
Genre(s): Horreur, Action, Loup-garou
Acteur(s): Lee Bane, Neville Cann, Suzie Frances Garton

Translate »