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Un tueur en série masqué est lâché dans les rues de Berlin et commet des meurtres particulièrement violents sur des femmes. Obsédé par l’affaire, un homme arpente toutes les nuits la capitale allemande pour lui donner la chasse.
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Ah le giallo, un genre cinématographique qui a connu son heure de gloire dans les années 60 et 70  avant de tomber en désuétude dans les années 80 et dont les italiens étaient les maîtres, mais surtout les plus prolixes. Caractérisé par un mélange d’érotisme, de meurtres à l’arme blanche à la mise en scène esthétique, et de scénarios à la frontière du policier, ce genre a marqué des générations de cinéphiles et de réalisateurs.

De meme que le slasher, descendant direct du giallo, a connu un revival vers le milieu des années 90 (après le succès de Scream de Wes Craven), le giallo revient lui aussi sur le devant de la scène. Le nombre de productions voulant rendre hommage à ce genre ne cesse de s’accroître : Amer de Hélène Cattet et Bruno Forzan, Blackaria de François Gaillard et Christophe Robin, Tulpa de Federico Zampaglione ou Masks de Andreas Marschall en sont quelques parfaits exemples. Tous se réclamant des grands maîtres transalpins du genre, tel Mario Bava ou Dario Argento, et reprenant, en bons élèves appliqués, l’esthétique des films de l’époque à travers leurs oeuvres que l’on pourrait qualifier de néo-giallo.

Sortie en 2012, Yellow est donc la déclaration d’amour au giallo de Ryan Haysom, un court métrage beau et sanglant remarquablement mis en scène. Faisant fi de tout développement de scénario et réduisant les dialogues au strict minimum,  Haysom va droit au but, et n’hésite pas à tailler dans le gras dans certaines séquences de meurtres pour le moins violentes et démonstratives.

Le réalisateur a d’ailleurs fait appel pour les effets spéciaux à Olaf Ittenbach, réalisateur et spécialiste des SFX bien connu des aficionados du cinéma underground allemand, et son travail est, comme souvent, très réussi.

Durant ses 26 minutes, Yellow nous entraine dans un univers presque irréel, alternant entre une violence sèche et des plans oniriques, sublimés par la magnifique photographie de Jon Britt, et magnifiés par la délicieuse musique d’Antoni Maiovvi. Yellow est un bonheur pour nos yeux et nos oreilles.
Adoptant un rythme assez lent et contemplatif, le travail de Haysom, compte tenu de son budget rachitique (5000 € si on en croît IMDB) est juste exceptionnel.

Malheureusement, malgré sa réussite sur un plan technique et visuel, Yellow ne peut cacher la vacuité de son scénario. A trop vouloir soigner sa plastique, à ne pas vouloir s’embarrasser de réelle caractérisation de ses personnages, le court en oublie de nous raconter une histoire. Heureusement Yellow est suffisamment court pour que ces problèmes ne soient pas réellement handicapant, au contraire sa durée est plutôt un atout pour nous faire accepter son manque de consistance sur son plan narratif.

Yellow est une oeuvre, certes imparfaite, mais sincère et respectueuse d’un véritable amoureux du genre qui mérite le coup d’oeil.

– Anthony Rct –

Yellow
2012 – Royaume-Uni, Allemagne – 26mn
Réalisation: Ryan Haysom
Genre(s): Horreur, Giallo, Court & Moyen Métrage
Acteur(s): Stephen M. Gilbert, Hester Arden, Rocco Menzel

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