Alisson, complexée par la taille imposante de sa poitrine, décide de se rendre avec son petit ami Michael dans une clinique de chirurgie esthétique low cost au fin fond de l’Europe de l’Est pour y subir une opération de réduction mammaire. Une fois sur place, rien ne va se passer comme prévu, surtout après la contamination des personnes présentes dans la clinique par un virus les transformant en créatures avides de chair humaine.

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Venu tout droit de Belgique, Yummy est le premier long-métrage de Lars Damoiseaux. Déjà auteur de plusieurs courts, ce jeune réalisateur nous offre, pour son premier gros projet, un métrage zombiesque prenant la forme d’un huis clos nous narrant les mésaventures d’un groupe d’individus face à la propagation d’un virus dans une clinique. Un scénario prétexte qui cède hélas à la mode actuelle du contaminé plutôt que de nous offrir des Zombies dans la plus pure tradition.

Pour autant Yummy se montre respectueux du genre, et trop respectueux même : les aficionados seront en terrain connu tant il coche toutes les cases du cahier des charges du genre. Entre hommages plus ou moins appuyés à de précédentes oeuvres, et clichés qu’il prend plaisir à empiler, Yummy trace son chemin dans un paysage inévitablement familier.

Malgré ce sentiment de déjà-vu, cette ballade de 88 minutes n’en demeure pas moins plaisante à plus d’un titre. Yummy est l’archétype du petit film qui, malgré un budget limité, sait se montrer attachant et fun.

Passées les 25 premières minutes, servant à poser les bases de son histoire et de ses personnages, Damoiseaux nous plonge ensuite dans un carnage bien peu pudique et sans temps mort. Un spectacle délicieusement sanglant et gore, profitant d’excellents maquillages et d’effets spéciaux que seuls  quelques effets numériques viendront légèrement ternir.

Entre survie du groupe, trahisons, et étalage de viscères, Damoiseaux compose ici un spectacle on ne peut plus énergique, où il incorpore ça et là plusieurs passages de franches rigolades, aidé par sa galerie de personnages volontairement stéréotypés : le médecin qui a fait des expériences qui ont échappé à son contrôle, la directrice qui essaye de couvrir les magouilles, le héros maladroit et pleutre, le junkie qui ne pense qu’à sa gueule…

Malheureusement, si ces scènes sont souvent “drolatiquement” réussies -mention spéciale au pénis en feu- elles provoquent aussi un point de déséquilibre : sérieux et humour, ne parvenant pas à pleinement se lier, prennent chacun leur tour le dessus sur l’autre. Un problème qu’avait su éviter par exemple Edgar Wright avec Shaun of the Dead, ne perdant jamais de vue qu’il réalisait avant tout une comédie horrifique. Son projet était clair, et son but précis : du sang, des scènes parfois violentes, de l’horreur, le tout au service du comique.

Avec Yummy, Damoiseaux semble tenter de jouer sur les 2 tableaux mais sans parvenir à donner suffisamment d’homogénéité à l’ensemble.
Finalement il obtient un film trop souvent premier degré pour être une comédie, mais qui avec ses scènes loufoques désamorcent la peur que son réalisateur semble pourtant vouloir également susciter.

S’il échoue quelque peu dans son numéro de funambule, il parvient malgré tout à nous offrir un métrage divertissant, pourvu d’énormément de qualités, qui ne se prend jamais au sérieux et se permet même une petite touche de noirceur à la fin.

Le casting, composé essentiellement d’acteurs et actrices belges s’en donne à coeur joie, interprétant leurs personnages avec une bonne humeur communicative.

Il faut également noté la maitrise technique dont fait preuve Damoiseaux, sa réalisation n’est pas toujours d’une grande subtilité mais elle se montre très efficace. Yummy, se déroulant presque exclusivement dans une clinique, pouvait laisser craindre un manque de variété des décors, mais là encore, Damoiseaux travaille ses cadres et parvient même à tirer parti de ses environnements, qui sont extrêmement bien mis en valeur par un éclairage travaillé.

D’accord, ceux ayant déjà soupé du genre risquent d’être irrités par le manque d’audace et d’originalité qui émane de Yummy. Pour autant, Damoiseaux accouche d’une oeuvre extrêmement sympathique, sincère, et bien rythmée. Rien de neuf sous le soleil zombie mais un film qui s’avère tout de même plus que recommandable pour se détendre et passer un agréable moment, une bière fraîche à la main.

– Anthony Rct –

Yummy
2019 – Belgique – 88mn
Réalisation: Lars Damoiseaux
Genre(s): Horreur, Zombie/Contaminé, Comédie
Acteur(s): Maaike Neuville, Bart Hollanders, Benjamin Ramon

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