À quelques jours de la grande ouverture du zoo d’Eden, plusieurs animaux sont contaminés par un étrange virus qui les transforme en créatures agressives et sanguinaires. Les employés et stagiaires présents vont tout faire pour tenter de s’en sortir indemnes, mais aussi empêcher cette maladie de se répandre au-delà des murs du parc.
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Regarder une production The Asylum c’est toujours un peu une aventure. Fondée en 1997 par David Michael Latt, David Rimawi et Sherri Strain, la société s’est spécialisé dans la production et la distribution de métrages fauchés, jouant souvent la carte du mauvais film sympathique. The Asylum c’est un “tout à 10 balles” du cinéma où se côtoient des mockbusters (films plagiant des blockbusters sans le budget qui va avec) et des métrages osant tout et surtout n’importe quoi aux niveau des scénarios. Des oeuvres pour la plupart très approximatives, parfois totalement ratées, que le studio assume pleinement persuadé dans le même temps de leur coté cool, sympathique et pourquoi pas culte.

Snakes on a Train, The Da Vinci Treasure, Transmorphers, I Am Omega, Mega Shark vs. Giant Octopus, Paranormal Entity, L’Attaque du requin à deux têtes, Nazis at the Center of the Earth, autant de films produit en masse -jusqu’à 1 par mois pendant les années fastes- qui font le bonheur des solderies, des sites de VOD ou des chaines comme Syfy. C’est véritablement avec Sharknado et ses 5 suites que Asylum se tailla un relatif succès auprès des amateurs des films “so bad it’s good”.

Une boîte jamais à court de “bonnes idées”, la plupart du temps ridicules ou pompées sur d’autres métrages, et toujours présente pour exploiter un filon. Pour Zoombies, sortie en 2016, il n’est guère besoin de se creuser longuement les méninges pour comprendre où Scotty Mullen, le scénariste, est allé chercher l’inspiration tant les références à Jurassic Park et ses suites sont évidentes.

Dans Zoombies, nous découvrons un immense parc d’attractions animalier tenu par une propriétaire idéaliste qui a “dépensés sans compter” pour le créer. À quelques jours de son ouverture officielle, tout va partir méchamment en vrille pour les personnes présentes qui devront tout faire pour sauver leur peau. Des similitudes comme s’il en pleuvait avec la saga initiée par Spielberg que l’on retrouve jusque dans la police du logo du zoo, appuyées par l’affiche du film qui nous assène un “It’s Jurassic World of the dead”, histoire de bien nous mettre les points sur les i. Chez Asylum on ne fait pas vraiment dans le discret quand on emprunte aux autres, on assume même totalement et on le revendique. L’une des rares originalités de Zoombies est finalement d’avoir remplacé les dinosaures par des animaux moins exotiques en les “zombifiant” comme le promet le titre (même si en définitive nous avons affaire à une contamination par un virus).

Il ne faut, évidement, pas s’attendre à voir un chef d’oeuvre en regardant Zoombies. Les habitués des productions Asylum savent à quoi s’en tenir, les autres devront composer avec un scénario qui prend l’eau de toute part, une utilisation massive de stock-shot (budget oblige), une galerie de personnages caricaturaux servant de chair à canon, des acteurs jouant pour la plupart comme des patates, des dialogues insipides et des effets spéciaux foireux amenant leur lot de scènes surréalistes.

Pour autant le réalisateur Glenn Miller parvient à insuffler une réelle énergie à son métrage. Il nous offre même quelques scènes d’une rare efficacité, ou tout bonnement hilarantes pour peu que l’on fasse preuve d’un peu de second degré (celle des girafes contaminées écartelant un pauvre stagiaire en est un parfait exemple).

Évidemment ce n’est pas suffisant pour classer le film de Glenn Miller dans les réussites, mais force est de reconnaître que ce n’est clairement pas non plus le plus mauvais titre du catalogue The Asylum. Zoombies s’avère plutôt bien rythmé, sans réel temps mort, finalement plus classique et plus sérieux que les délires habituels du studio. On sent que l’équipe a tenté de faire un effort. Apprécier une telle “proposition de cinéma” dépend surtout des attentes de chacun : si le but est de voir une pelloche un peu fun, stupide, et pas prise de tête, il y a matière à s’amuser en passant outre ses nombreux problèmes. Les spectateurs non adeptes du rituel bières/pizzas devant un plaisir coupable peuvent, quant à eux, clairement passer leur chemin.

– Anthony Rct –

Zoombies
2016 – USA – 87mn
Réalisation: Glenn Miller
Genre(s):
Horreur, Action, Animaux & Insectes
Acteur(s): Ione Butler, Andrew Asper, Kim Nielsen

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